Avant de commencer un petit point. Je me permets fréquemment dans cette rubrique certaines choses que je n'oserais ailleurs. Pour qui pour quoi ? Peut-être parce que le cadre est moins strict plus libre, alors ne poussez pas des hauts cris car vous allez voir les parallèles sont audacieux.

Bon ceci passer...

Je regardais l'autre jour mollement une vidéo sur internet. Vous me direz je n'ai pas que ça à faire, j'aurais envie de vous répondre que ce n'est pas vos oignons mais peu importe.

Celle-ci m'interpella toutefois. Que pouvait bien passer dans la tête des américains pour dire que c'était meilleur quand c'était français ? Ainsi donc la brouille pré et post guerre en Irak était terminée ? On pouvait enfin reparler à nouveau de french fries ? Vous allez me dire c'est anecdotique et vous aurez raison.

J'ai toujours été fasciné par l'adoration de notre système de santé par les États-Unis.

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Alors même que l'on y voit nous, les queues interminables, les vieux morts durant la canicule, le manque de personnel. Un Michael Moore va ainsi dans Sicko le placer au rang de modèle. Sic. Mais il faut dire aussi que le système de santé américain est dans un sale état et sa réforme aussi difficile que de couper le nœud gordien. Même Obama risque de s'y casser les dents.

Mais intéressons-nous plutôt à cette image de marque française. Certes c'est un cliché souvent touristique et il est bien loin le pépère avec sa baguette et son litron de rouge ou la jeune française toute pimpante. Mais les clichés s'ils ont la dent dure ne sont que l'exacerbation des traits existants chez certains, une caricature en somme.

Au moment où certains s'interrogent sur notre identité nationale faudrait-il alors demander aux étrangers qu'est-ce que c'est être français ? La proposition semble saugrenue. Mais pourquoi pas après tout. Loin d'être porté sur le réalisme et l'objectivité notre vision de nous même serait biaisé, qui nous dit qu'un américain, un zambien, un cambodgien ou un colombien n'arriverait pas à mieux cerner ce qu'est être français à l'heure actuelle ?

Étrange aussi le fait que l'on soit de moins en moins patriote mais de plus chauvin.

Qui aurait prêter une quelconque attention aux morts du Tsunami si cela n'avait pas été des touristes ? En porte-t-on autant lorsqu'il y a une famine en Afrique ou des inondations au Bangladesh ?

IAM dans le brûlant La fin de leur monde résumait plutôt bien cet état de fait. Je ne laisse pas la vidéo ici car assez violente mais vous la trouverez facilement sur le net.

« Ils disent qu'une vie de plus à New York Paris Londres ou Madrid
Alors c'est comme ça une échelle dans la peine
On aime ces catastrophes quand des gens manquent à l'appel. »

Mais après tout si le constat est vrai et cruel comment pourrait-il en être autrement ? En effet on a forcément plus d'empathie sur ce que l'on peut saisir comprendre et donc apprécié aussi. L'étranger comme son nom l'indique nous semble lointain, irréel, presque inexistant. À l'heure du tout numérique et de la communication instantané cela n'a pas pour autant changer.

Certes cette réaction peut choquer mais elle en reste pas moins humaine.

L'expression populaire dit qui se ressemble, s'assemble mais l'expression populaire n'est pas que idiotes. Relisons les Lettres persanes de Montesquieu, Les voyages de Gulliver, ou même récemment Stupeurs et tremblements d'Amélie Nothomb pour se rappeler que comprendre l'autre, le différent est bien plus difficile que de comprendre celui qui nous ressemble. C'est parfois se faire violence que d'aller vers l'autre.

Peut-être est-ce pour cela que l'on encense des champions ou pseudo-champions dès qu'ils sont français et l'on en oublie d'autres. Ainsi mis à part les connaisseurs de rallye ou de jeu de course qui se souvient de Colin Mac Rae. 25 victoires en championnat du monde des rallye, trois fois champion du monde, disparu dans un accident d'hélicoptère en 2007. Et pourtant pas une seule fois cité lors de la victoire de Sébastien Loeb. Peut-être parce qu'il courait sur Ford et Subaru ? Non je débloque sûrement.

Pourtant en sport le chauvinisme est à son paroxysme. Les défaites des champions français, une fatigue dûe à des matchs harassants (pas autant pour les étrangers d'ailleurs), un mental qui manquait (c'est fou ils doivent avoir un mental en béton armé les Carl Lewis, Roger Federer et Tiger Woods), des tas d'excuses qui a force commencent à agacer. Et quand à la victoire, mon dieu, on dirait que l'on vient d'arriver sur la lune. Vous me direz les journalistes sportifs en font trop.



Je vous dirais que si effectivement Nelson Monfort doit un peu calmer certains de ces élans il ne fait que retranscrire un sentiment bien franchouillard, mais parfois similaire dans d'autres pays. Sinon comment expliquer la folie de 1998 après la coupe du monde et certains comportements vis à vis de joueurs qui ne sont pas tout à fait blancs et donc pour certains pas tout à fait français.

Si on s'arrêtait à cet instant le drapeau de l'identité française ferait forcément très très mauvaise impression. Des villes à touristes, des bonnes libertines et des hommes chauvins et un brin racisme au moins par ignorance.

Mais bien sûr la France ce n'est pas que cela, enfin je l'espère. C'est aussi tout de même un élan intellectuel et culturel formidable. Tellement parfois qu'il accompagne le meilleur du pire. C'est aussi une terre d'asile, qui crée des jungles et prévient ses occupants qu'il va falloir déménager avant de venir sur place. Alors donc l'image française a bien du plomb dans l'aile, encore heureux c'est pas passé loin, ça aurait pût être dans la tête. Saint Nicolas nous en garde !