Les mots font nos mondes : l'identité nationale affaiblit l'identité républicaine.
La définition d'une identité nationale est à la nation ce que l'inquisition est à la foi.
La définition d'une identité nationale est à la nation ce que l'inquisition est à la foi.
Par simplicité d'esprit, malhonnêteté intellectuelle ou volonté
manipulatrice, l'ultra droite cherchent à transformer notre sentiment
d'appartenance à une même nation en une artificielle construction
"exclusionniste".
Ce sont nos parcours individuels, nos actes, nos histoires, nos
imaginaires, qui, au fils des ans, nous donnent ce sentiment
d'appartenance à une même nation. Définir une identité nationale, c'est
diminuer l'importance des règles nous permettant de vivre ensemble, de
la loi, de notre république, par rapport à une norme sur nos pensées,
sur nos êtres.
Qu'un nouvel homme mette en évidence une nouvelle posture philosophique
ou remette en cause une ancienne croyance que l'on croyait immortelle
et "l'identité nationale" change, "l'identité nationale" ne repose pas
sur des idées éternelles.
Elle repose sur les mythes de classification des individus qui avaient
bonne presse au début du XXème siècle et qui inspirent beaucoup
d'extrémistes. En souhaitant faire la promotion de l'identité
nationale, l'ultra droite veut doucement nous conduire vers ce qui,
sans ce détour hypocrite, serait inacceptable, la poursuite de la
transformation de nos démocratie en des barbaries xénophobes.
S'il n'y avait pas cette volonté, nous n'entendrions pas parler
d'identité nationale mais d'identité républicaine. Nous n'entendrions
pas parler d'un besoin de définir une norme sur ce que nous sommes mais
d'une volonté de promouvoir notre manière de vivre ensemble, notre
démocratie, les fondements de notre république.
François NICOLAS
http://www.facebook.com/pa

Commentaires
Oouch...encore un article qui me fait bondir...
Il est un peu tard, je vais tacher de te faire une réponse en bonne et due forme demain ;)
J'ai un article qui est dans les soutes et qui ne devrait pas tarder à paraître sur l'écho du village...ca devrait te faire réagir tout autant
Je me permets de le faire avant toi Ben.
Bon alors mettons d'abord les choses au clair. J'ai deux premières réticences à cette question d'identité nationale. Un le sujet a été mis sur la table par Eric Besson et celui qui ne sent pas l'entourloupe et l'utilisation politicienne est soit aveugle soit très mauvais juge donc déjà vu le contexte je freine des quatre fers. Et deux je suis tout à fait d'accord que cette identité ne se décrète pas.
Néanmoins je considère personnellement qu'il existe une identité française. Je préfère ce qualificatif non pas que l'autre me dérange mais disons qu'il est plus neutre et éviter donc les polémiques inutiles. Une identité française signifie simplement une culture et une histoire mais aussi des valeurs et des idées communes.
Attention cela ne signifie en rien que tout cela soit immuable. Je sais que je vais à contre-courant en disant cela mais pour moi une tradition est en rien immuable. Elle est lente et progressive et n'évolue que par petite touche mais comme la coutume évolue. Il est de même de l'identité française. Ce qui était vrai la veille peut devenir faux le après-lendemain.
En cela je me suis énormément intéressé aux travaux de Claude Lefort (sans en comprendre la moitié et en ne lisant au final que des résumés je le reconnais) qui s'est efforcé de s'interroger sur l'énigme de l'institution du social : qu'est-ce qui fait que les hommes d'une société se perçoivent comme faisant partie d'un tout ? Puisqu'il existe différents modes de vivre ensemble, qu'est-ce qui les distingue ? Les principes générateurs des diverses formes de société, l'ordre symbolique du social.
Se considérer comme français ne veut en rien dire nier la possible appartenance à ce groupe à des gens de quelconques horizons. Je l'avais dit il y a quelques temps de cela ici même (http://echo.levillage.org/333/6341....) se revendiquer citoyen français et considérer que être citoyen d'un État c'est aussi partager une façon de vivre et des valeurs sans pour autant pratiquer le racisme.
Le problème dans ce que je ressens de ton idée Myfanch (tu me diras si je me goure et avec plaisir tu me remettras à ma place) c'est qu'elle exclut énormément le tout au profit du chacun. Une société n'est pas qu'un ensemble de parcours personnels, elle est aussi une entité propre, issue sans doute des parcours de chacun mais qui n'en est ni l'addition ni l'adjonction. Pour faire une comparaison un corps n'est en rien l'adjonction d'un rein, d'un foie et d'un cerveau mais sans eux il n'est rien.
Lefort de ce que j'ai compris avait aussi mis l'accent sur l'aspect du symbolique hautement important. Ainsi il n'existe pas de société qui ne soit pas structuré par un espace symbolique. La mise en forme du social est indissociable de la mise en sens et de la mise en scène. Cela explique pourquoi les autres sociétés peuvent nous sembler étrangères. Une société est un univers de signification partagée. Par la mise en scène les sociétés se donnent une représentation d'elle même, les principes générateurs du social se donne alors une certaine visibilité.
Mais bien sûr je reste totalement d'accord avec toi sur un point et cela je l'ai dit dès le début. Ce positionnement et cette attitude en ce domaine de Eric Besson et du gouvernement va totalement dévier le débat et surtout utiliser de manière politicienne une question essentielle pour notre société, qu'on la conteste ou non d'ailleurs.
Tu écris "Le problème dans ce que je ressens de ton idée Myfanch (tu me diras si je me goure et avec plaisir tu me remettras à ma place) c'est qu'elle exclut énormément le tout au profit du chacun. Une société n'est pas qu'un ensemble de parcours personnels, elle est aussi une entité propre, issue sans doute des parcours de chacun mais qui n'en est ni l'addition ni l'adjonction. Pour faire une comparaison un corps n'est en rien l'adjonction d'un rein, d'un foie et d'un cerveau mais sans eux il n'est rien."
Tu me sembles interpréter ce que j'écris dans un sens opposé à se que je pensais exprimer.
Comme toi ou comme toute personne reconnaissant l'existence des sciences sociales, je crois qu'un groupe social répond à des règles qui dépassent la simple addition des individualités. C'est bien là ce que j'affirme et ce que contredit le débat sur l'identité nationale.
En effet, je n'aurais aucun problème à discuter d'une identité nationale collective, c'est effectivement un objet d'étude tout à fait sensé mais, ce dont il est question, quand on nous propose de discuter autour de l'identité nationale c'est de discuter d'une identité nationale qui serait attaché aux individus.
Pour rester dans ton propos, j'aurai pu éclaircir mon texte en précisant en introduction que la notion de nation est de nature sociale et, de ce fait, qu'on pourrait étudier les interactions entre une identité nationale et des individus, mais pas chercher à définir au niveau de l'individu ce qui ne se conçoit qu'au niveau d'un ensemble d'individu.
Bonjour, je réponds enfin à ce billet.
Ne faisons pas s'il vous plait cet amalgame par trop caricatural : Sarko = Le Pen. C'est grotesque. Eric Besson a proposé un débat, il ne s'agit en aucun cas d'imposer des mesures d'exclusions.
Néanmoins, je suis d'accord qu'il y a un risque. la grande erreur qui sous-tend cette controverse serait de définir, non pas un socle de valeurs qui nous rassemblent, mais un catalogue de critères propres à exclure autrui. Il est donc capital, dans le traitement de cette question, de veiller à ce qu’elle ne soit pas un vecteur de rejet. Ce serait contraire à tout ce qui a forgé la France au fil des siècles. De par l’universalité de ses valeurs, elle a toujours eu vocation à réunir les Hommes. C’est la raison pour laquelle elle a une longue tradition de terre d’accueil. L’interrogation de l’identité française ne peut donc aboutir à définir ce qu’est un “Français type”. Cette réflexion, tous les totalitarismes l’ont mené, avec la faillite, les massacres de masse et la bestialité que l’on sait.
En revanche, cette réflexion doit aboutir à redéfinir, réactualiser, dépoussiérer les valeurs sur lesquelles nous souhaitons fonder notre “vivre-ensemble”. Il est manifeste que la France avance dans l’obscurité. Chacun peut constater que l’Ecole ne remplit plus son rôle d’intégrateur social et de promotion au mérite. L’Université n’est plus ce sanctuaire de la connaissance et de l’excellence qu’elle fut autrefois. Le matérialisme s’est érigé en religion du monde moderne, fermant un certain nombre d’horizons intellectuels à nos concitoyens. L’idée même de la République s’est perdue à l’image du délabrement de sa devise : “Etatisme, inégalité, individualité”.
Relisons Levi-Strauss lorsqu'il parlait des invariants de la nation. Au delà de nos différences, des comportements individules et des clivages qui cisaillent notre société, il y a quelque chose qui reste, qui traverse le temps et qui structure les choix que fait la France. Cet invariant, c'est pour moi l'identité nationale. Identité nationale qui ne se confond pas avec l'identité républicaine. Il y a continuité entre l'Ancien Régime et l'instauration de la République. Aussi, il faut prendre cet identité dans son sens le plus large, justement pour en pas exclure.
Ce débat, j’en reste convaincu, est nécessaire pour redire, à l’aube du XXIè siècle, ce qui nous rassemble, en tant que Français. Il doit mener à une réflexion pour déterminer les principes que nous souhaitons transmettre à nos enfants. Il doit nous permettre de mieux accueillir les personnes souhaitant intégrer la nation française. Il doit aboutir à modifier notre société pour redonner un sens à la promotion au mérite et à l’excellence. Tant de questions en dépendent :
- Face à l’avancé des communautarismes religieux, où souhaitons nous placer le curseur de la laïcité ?
- Entre auto-flagellation et nombrilisme extasié, quel position équilibrée pouvons-nous adopter pour enseigner notre Histoire ?
- Entre immigration zéro et porte grande ouverte,comment intégrer avec décence nos nouveaux compatriotes tout en gardant la maîtrise des flux migratoires ?
-Entre oubli de nos traditions et nostalgie du passé, comment mener la France dans la modernité mondialisée ? C’est à toutes ces interrogations que ce débat, bien mené, devrait permettre de répondre.
La France, c'est plus qu'une collection d'individus réunis sur un même territoire. Relisons également Péguy, qui parlait de la Mystique française. Il y a quelque chose de presque religieux, de sacré dans l'évocation de la France. Quelque chose qui mérite qu'on s'y attarde je pense.
Deux citations que j'aime beaucoup :
- La France, c'est une "communauté de destins", selon les mots d'Edgar Morin
- "De Clovis. au Comité de salut public, j'assume tout." Napoléon
bonne chance pour définir une identité française. déjà le plus grand chanteur français est né en Belgique, chante l'Amérique, adopte des enfant Chinois, paie ses impôt en Suisse et ne reviens en France que pour soigner son colon.
admettons plutôt que cette discussion n'a aucun intérêt. même si une identité nationale (pourquoi pas française? peut-être pour pouvoir vendre le concept à d'autres pays) était définie, ça va rejoindre la limite à 130km/h sur autoroute et l'heure d'hiver: un machin dont tout le monde aura oublié l'intérêt dans 30 ans mais qui va nous pourrir la vie pendant tout ce temps.
alors on va définir les critères de sélection pour intégrer la france d'en bas, alors qu'elle est dirigée par des fils à papa et personnifié par des alcoliques. mais là pas de crise d'identité!
Bah Ben j'ai l'impression en lisant l'explication de Mingata et la tienne que l'on parle un peu tous de la même chose. Seulement c'est le terme identité nationale qui plus ait utilisé dans ce contexte pour une affaire politicienne qui le dérange et il n'a pas tort en ce domaine.
J'ai été le premier choquer par la création du ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Non pas que ces deux questions ne doivent pas être traiter, elles sont importantes dans notre société. Seulement que les deux termes associés signifient que l'immigration met à mal notre identité nationale. Déjà on part sur de bonnes bases.
C'est pourquoi je crois aussi que ce débat tel qui va être fait est biaisé.
Un personne ne lira les commentaires de tout à chacun. C'est du mensonge de croire que tout sera lu. Comme Ségolène Royal mentait avec sa démocratie participative, c'est juste de la com pour faire croire que l'on écoute les français.
Deux ce débat n'est lancé que pour aller piocher encore une fois dans l'électorat du FN et pas pour s'interroger réellement sur l'identité nationale.
Et enfin trois est-ce que réellement sous la forme qui nous est présenté les réponses qui nous seront données vont révolutionner le monde ?
Je pense pas Dag que cette question ne soit pas essentielle. Je reproche à Zemmour par exemple d'avoir dit que ce débat intéressait les français car c'est faux. Mais néanmoins définir ce qu'est une société ce n'est pas négligeable.
Néanmoins je pense que tout cela va encore fait pshitt dans une logique purement française. On lance un soit-disant grand projet à grand renfort de com, on interroge soit-disant les français à ce sujet et après on fait comme on avait décidé au début, point. Et l'identité nationale en prend encore un coup même dans son acceptation comme notion. Allez encore parler de cela après une telle utilisation.
L'immigration ne met pas à mal notre identité nationale lorsqu'elle est maîtrisée. Là dessus, je suis d'accord.
En revanche, lorsqu'un pays doit faire face à une immigration massive de peuplement, et non pas de travail, avec chez un certain nombre de migrants le refus de se plier aux lois et à la culture française, une volonté parfois avouée d'imposer la culture dont ils sont issus, ca n'est pas juste de dire que notre identité nationale n'est pas mise à mal par l'immigration. Il faut en finir avec ce discours du "tout-le-monde-il-est-beau-il-est-gentil".
Je pense pour ma part, que ce débat intéresse hautement les Français. Il n'y a qu'à voir la mobilisation des gens au sujet de l'Education nationale, de la place des services publics, l'afflux massif de commentateurs sur le site lancé par Eric Besson, les innombrables billets parus sur les blogs sur cette question. Moi ce que je constate,c 'est que au contraire de ce que vous dites, les gens s'emparent massivement de ce débat ! Cela fait 20 ans que les Français voient que le modèle qui fonde notre société est en état de délabrement, que la devise "liberté égalité fraternité" s'est transformée en "bureaucratie, inégalité, égoïsme".
Allons, allons, soyons sérieux : ce débat intéresse les Français et il ne tient qu'à nous qu'il ne fasse pas pshitt comme tu le dis Hio-Tin-Vho. Quant aux "critères de sélection" dont parle DaG, c'est rigoureusement l'inverse de ce dont je parlais. Ce débat ne doit pas viser à sélectionner (et donc à exclure), mais à rassembler, à redéfinir ce qui fonde notre "vivre-ensemble".
Moi je trouve que ce débat traduit la faculté unique au monde qu'à la France à se remettre en question. La France doute en effet, mais il me semble que c'est parce qu'elle a conscience de ne pas être n'importe quel pays, qu'elle a conscience de porter un message universaliste. Ce me semble assez remarquable. Aucun autre pays à ma connaissance n'a été capable de poser cette question de conscience collective. Je pense en outre que ca traduit le caractère sain de notre démocratie qui est capable de se poser cette question sans tabous.
« Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France ; ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la Fête de la Fédération. »
Marc Bloch, L'Étrange défaite (1940), éd. Gallimard, coll. Folio Histoire, 1990, p. 198.
Ben, tu dis "ce débat ne doit pas viser à sélectionner (et donc à exclure), mais à rassembler, à redéfinir ce qui fonde notre "vivre-ensemble"." oui dis comme ça c'est très bien. mais je vais te confier un secret d'état. l'IDENTITE NATIONALE QUI VA JAILLIR DE CE DEBAT SERVIRA A EXCLURE. de la même façon que:
- le fichier d'empreintes génétiques ne sert pas à traquer des pédophiles mais à espionner les regroupements familliaux d'étrangers,
- les radars ne servent pas à protéger les sorties des écoles mais à racketer les automobilistes sur les voies rapides,
- le grenelle de l'environnement ne sert pas à protéger notre planète mais à faire passer de nouvelles taxes,
- le lundi de pentecôte n'est pas remboursé au salarié en l'absence de canicule...
désolé du mépris que j'affiche pour ce sujet, mais j'ai un peu peur que mon identité nationale soit finalement trop prôche du gars du PS qui est passé à l'UMP pour séduire le FN.
Ah mais l'instrumentalisation est totalement évidente. Mais n'est-ce pas le propre d'une identification d'être instrumentalisé par le politique ? Il n'y a jamais de nation algérienne au moment de l'indépendance. Il y avait des berbères des kabyles mais des algériens... Et pourtant cela n'a pas empêché le FLN d'exister et à la première campagne officielle d'appeler à l'élévation de la nation algérienne.
Parfois des nationalités naissent d'États sans qu'il y est un peuple derrière. Et inversement des peuples éclatés sur plusieurs se voient incorporés dans des États. Si l'on peut déplorer ce genre de pratique on ne peut que s'en rendre compte.
Le plus étonnant là-dedans c'est que le nationalisme français avait été appelé auparavant pour aller contre les oppositions infra-étatiques notamment locales. Les bretons, corses, basques, moulés dans un même ensemble. Désormais au contraire se sont des oppositions supra-étatiques qui mettraient à mal la nation française. Europe, multinationales, Organisation internationales...