Difficile de dire que l'élection européenne ne déchaîne pas les passions après l'émission débat de France 2 de Jeudi dernier. L'Europe virtuellement sociale de Martine Aubry, le petit air de flûte de Xavier Bertrand, les parodies made in Libertas de Phillipe De Villiers (hillarantes en plus, ça vaut bien un winzeyes), l'échange d'injures entre Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou, l'indignation du président de TNS-SOFFRES, Arlète Chabot vexée par Marine Le Pen toute rouge (ça tombe bien, Mélenchon et Besancenot étaient un peu en retrait), tous se sont montrés dignes de participer au casting du théâtre de Strasbourg, preuve est faite que chacun à beaucoup à donner à l'Europe.
Si le spectacle est prometteur, l'arrière de la scène situé à Bruxelles est tout aussi prometteur, lorsque les parlementaires français franchissent la frontière magique. Là encore, la démonstration faite par France 2 est édifiante. Dans une ambiance feutrée et intime, loin des urnes, les lobbistes peuvent venir fourrer langoureusement leur langue dans la bouche des démocrates, les écologistes peuvent se frotter longuement sur la jambe des libéraux, la gauche peut jouer à touche-pipi avec la droite. "La frontière belge a sur eux une capacité extraordinaire de transfiguration. Ce qu'ils combattent de l'autre côté ils le défendent ici".
Le 7 juin, choisissez le vote utile... pour vous même, votez UMP. Offrez-vous l'ivresse d'avoir voté pour le vainqueur et savourez l'amertume des mauvaises langues qui vous reprocheraient d'avoir profité d'un scrutin européen pour sanctionner le gouvernement national.
