Par où commencer...

Ah oui

Je crois qu'il faut débuter par donner un petit conseil : avant d'entreprendre les démarches d'inscription faites une rétrospective sur les 3 derniers mois de votre carrière universitaire ou professionnelle... "Suis-je au courant de l'actualité juridique et sociale ?", "suis-je impliqué dans l'évolution de ma matière ?" mais également, "est-ce que je peux facilement obtenir des cours à jour des 1ère à 3ème année de Licence ?" et surtout posez-vous 2 grosses questions principales et primordiales:

1. Est-ce que je possède une bonne approche méthodologique des différents types d'épreuve ?

2. Suis-je capable de réfléchir et de structurer ma pensée afin de raisonner de manière logique sans rien connaître (ou quasiment) sur un sujet ?

Ce qui vous sauvera comme ce qui m'a surpris (j'y viens), c'est qu'une bonne copie n'est pas un amas de connaissances diverses et variées posées dans un plan en 2 parties mais une lecture, une extraction, une analyse, une capacité à comparer, à formuler des hypothèses puis à les exposer de manière claire. Cela implique cependant de bien connaître ses bases et de savoir ce que la jurisprudence donne comme interprétation des textes.

Attention, avaler toutes les notes sur les arrêts des 3 dernières années n'est pas une garantie de réussite mais par contre, prendre contact avec cette actualité juridique permet de mener une réflexion actualisée et surtout apporte des perspectives envisagées par des professionnels ou des enseignants sur des arrêts auxquelles vous n'auriez peut être pas songé par vous même.

Donc, NON à l'apprentissage par cœur, OUI aux fiches thématiques sur chaque domaine de la matière avec : le fondement, les conditions, le régime, l'évolution jurisprudentielle et le raisonnement suivi, l'état de la jurisprudence actuelle et le raisonnement suivi et peut être aussi (ca reste un avis personnel), l'opinion d'un ou deux noms illustres de la matière (souvent des avis contradictoires sont un bon moyen d'aborder l'arrêt et de trouver dans quel mouvement s'inscrit la décision).

 Donc voilà le préalable à mon propos. Je reprends au jour de l'inscription.

Une fois que vous avez tenu compte de tous les éléments précités, inscrivez vous. Pendant la période qui précède l'été, tenez vous à jour et préparez vos fiches et apprenez à raisonner à partir de celles-ci.

Je ferai une parenthèse pour les libertés fondamentales et le Grand Oral. L'actualité juridique est primordiale. Si je ne suis pas admis ce soir, c'est que je n'ai pas su répondre à une question de base de l'actualité récente. Dans cette matière, il n'est cependant pas nécessaire d'apprendre une dose abusive d'informations, vous n'aurez pas le temps de tout régurgiter et le jury n'aime pas les bachoteurs. La préparation est d'une heure mais l'exposé dure 15 min + 15 min de questions. Par conséquent, faites des fiches thématiques pour chaque liberté fondamentale avec un plan construit et n'hésitez pas à croiser les libertés entre elles, actualisez ces fiches tout au long de vous révisions avec la jurisprudence du Conseil Constitutionnel, de la CEDH et surtout avec l'actualité, lisez la presse !!!! Prenez y vous en avance : dès que vous envisagez de passer le concours.

Je conseille ensuite la prépa pendant l'été. Bon, c'est cher, vous me direz... Oui mais ca permet de mettre en œuvre toute la réflexion dans des épreuves pratiques et surtout comme l'actualisation jurisprudentielle, ça balaye tous les évènements de l'année et ça peut combler des trous, soit des jurisprudences oubliées ou que vous avez survolé en raison de leur banalité apparente, soit des décisions incomprises ou encore mal comprises.

Pour ceux qui n'ont jamais fait de note de synthèse, c'est l'idéal pour apprendre. Bon je ne veux pas faire de publicité mais dans la prépa que j'ai suivi, l'enseignant de note de synthèse était tout bonnement génial et d'excellent conseil et je lui dois certainement mon admissibilité.

Après toute cette préparation, le jour des écrits, je n'ai pas de conseil particulier... Vous allez me dire qu'il doit tout de même y avoir des choses à savoir ... oui, sûrement mais encore une fois, il ne s'agit que d'une approche personnelle, d'une expérience et je n'ai rien appris de particulier. Il s'agit d'un examen comme les autres. Bon, il y a bien deux petites choses :

1 - Finissez vos copies !!!! Mieux vaut faire court et incomplet que long et pas terminé. Il s'agit d'une épreuve de méthode, d'actualité, de réflexion et de rapidité encore une fois.

2 - N'oubliez pas que tous les candidats présents dans la salle en savent autant si ce n'est plus que vous sur le sujet, qu'ils ont sûrement tous lus les notes de jurisprudence et appris le droit. Soyez original mais attention, restez dans les clous. Si on vous parle d'obligation de sécurité, posez un historique, replacez la décision dans son contexte, apportez et commentez le sujet, essayez de faire des comparaisons (obligation de moyen, de résultat, responsabilité contractuelle, délictuelle), expliquez la décision des juges (pas de paraphrase, une argumentation propre même si moins esthétique) et donnez la portée, pour les victimes, pour les responsables, pour les 1/3 pour d'autres obligations qui pourraient être affectées. Ne partez pas sur une dissertation sur les obligations résultant de l'exécution d'un contrat en faisant un listing sans forme.

Enfin, dans l'attente des résultats, ne perdez pas pied et continuez à travailler vos oraux. C'est ma principale erreur. Je n'y ai pas cru et j'ai perdu 15 jours. Tout est possible. Ne pensez pas que vous êtes plus bête qu'un autre.

 Pour les oraux, ne sachant pas encore si je suis admis, je vous réserve mon expérience dans un prochain  article.

En tout cas, bon courage

Ah oui, dernière chose, n'hésitez pas à choisir de manière tactique vos matières si vous pensez être capable de composer dessus.