Quand on a comme créateur Bruno Solo et Yvan le Bolloc’h c’est généralement pas pour faire quelque chose de moribond et d'ennuyeux. Caméra Café en est la preuve.

Les deux hommes aidés par Alain Kappauf parviennent à convaincre M6 qui commence la diffusion à partir de septembre 2001. L’idée principale est étonnante. Un seul point de vue. Celle d’une caméra glissée dans la machine à café. Quasi clinique elle filme tous les faits et gestes dans cet espace détente des employés.

Certaines rumeurs racontent même que c’est le président qui l’a installée pour espionner ses employés.

Cette idée de vue originale et unique est là clé de cette série. Ainsi les bêtes fauves que sont les employés sont lâchées.

Le terme bêtes fauves est bien le bon. Chaque personnage de la série est volontairement caricatural à outrance. Ils reflètent ainsi les bassesses, les défauts de l’âme humaine. On retrouve une certaine similarité avec la commedia d’el Arte.

Même quand ils semblent trouver un certain équilibre, certaines qualités, ils retombent toujours dans leur travers. C’est l’humour de guignol, des caricaturistes. Le monde de l’entreprise est dépeint avec de gros pinceaux mais de façon tellement vraie aussi.

Car jamais il n’y a de méchanceté dans ces gens. Ils sont toujours humains. Mauvais, sales et adeptes de coups tordus, mais humains.

La série a peu évolué et son cadre est resté pendant 700 épisodes sur un cadre quasi identique, développant des histoires fermées peu liées. Peut-être était-ce cette peur de rester enfermer dans des personnages qui devenaient peu à peu emblématiques du fait du succès de la série qui a poussé les créateurs à s’en évader ?

Tandis qu’ils développaient des projets solos de films, pièces de théâtres et mêmes disques ils élaboraient des versions différentes de la série. Bandes dessinées, minies séries et même film. Reste que le changement de version fait souvent baisser la qualité. Le film espace détente par exemple à moins trouver son public car il s’échappait plus que cette vision unique.

Et l’on peut avoir peur que la nouvelle version de la série. La suite annoncée se passerait donc à l’étage du dessus dans l’entreprise concurrente Digix. D’autres personnages donc et des personnalités différentes aussi.

Est-ce que la saveur sera retrouvée ? Ou alors subirons-nous le terrible désarroi du copier-coller ? Au vu des informations du tournage et des quelques images, on peut en avoir peur. Les personnages tournent toujours autour des mêmes archétypes après tout.

Mais bon il ne faut pas avoir trop peur, car dans le génie humoristique de Bruno Solo on trouvera toujours de quoi rire. Enfin pas si sûr, l’homme a aussi parfois raté le coche. Certains se souviendront en effet du fiasco de Domisiladoré sur France2.

A la prochaine fois pour Kaamelott