Vous pensez que votre avis ou que votre consommation n'ont que peu de poids ?
Pourtant, rares sont les entreprises qui pensent pouvoir ignorer les préoccupations éthiques de leurs clients...
Par Thierry Oulières le 16 novembre 2011
Vous pensez que votre avis ou que votre consommation n'ont que peu de poids ?
Pourtant, rares sont les entreprises qui pensent pouvoir ignorer les préoccupations éthiques de leurs clients...
Par GGBreton le 4 novembre 2011
UN milliard d'individus supplémentaires depuis moins de 20 ans. Alors il faut de l'énergie électrique ! ATOME détruiras-tu l’humanité?
Par Cristi Barbulescu le 2 août 2011
Surfant sur la vague de l’acquisition de la presse par quelques groupes industriels, une nouvelle tribu émerge : les adeptes du 100% ridicule
Par Hio-Tin-Vho le 2 juillet 2010
J'ignore si Eric Woerth a eu une quelconque influence dans l'affaire Liliane Béttencourt, surtout que son évasion fiscale. Et à vrai dire je m'en fiches. Mais le plus impressionnant dans toute cette histoire c'est l'impression de naviguer dans un autre monde, une autre sphère, que d'ailleurs les journalistes semblent redécouvrir avec nous.
Par Ben le 6 mai 2010
Au cours des dernières semaines, Martine Aubry a dévoilé les grandes lignes du nouveau projet de société du Parti Socialiste : la société du « care », emprunté au modèle anglo-saxon, ou société du « soin ».
Se voulant résolument progressiste, la première secrétaire du Parti Socialiste estime qu’à un individualisme forcené, il faut opposer le « soucis des autres » et propose une politique du « mieux vivre ». Dans une tribune publiée dans le Monde le 15 avril dernier, elle définît cette politique comme « une société du soin, une aide de qualité aux personnes fragilisées, le traitement des grandes dépendances, et les soins corporels et vitaux quotidiens. (…) C'est aussi mieux reconnaître, mieux former et mieux rémunérer ceux qui apportent ces soins et en exercent la lourde responsabilité ». Et la maire de Lille de conclure par ce slogan : Soyons à la hauteur du futur. En complément de cet article, elle affirmait, dans un entretien accordé au site Médiapart le 2 avril, vouloir promouvoir une société du « bien-être » sur la base d’une « évolution des rapports des individus entre eux ». « Il faut passer d'une société individualiste à une société du 'care' […] : la société prend soin de vous, mais vous devez aussi prendre soin des autres et de la société ».
Un article du Nouvel Observateur explique que ce projet est directement inspiré de la philosophie de la professeure de sciences politiques de l'université de New York Joan Tronto :
Cette intellectuelle féministe a, dans un ouvrage intitulé "Moral Boundaries : A Political Argument for an Ethic of Care" (traduit en 2009 sous le titre "Un monde vulnérable, pour une politique du care"), développé une théorie politique proche du concept de "justice", au sens d'"éthique", intégrant à la vie de la cité les valeurs féminines de prévenance, de compassion, d'attention aux besoins des autres, rarement pris en compte par les idéologies masculines et traditionnellement exclues de toute considération politique.
Le but est alors de "repenser la coopération démocratique d’êtres qui sont tous fondamentalement vulnérables, comme l’est aussi leur monde".
Cette conception s'oppose au modèle éthique dominant "masculin", qui privilégie des qualités différentes (courage, individualisme, rationalisme...), en privilégiant les liens humains. Mais pour autant il se détache de la "moralité des femmes", comme l'explique Joan Tronto.
Il est étonnant de constater que le nouveau projet du Parti Socialiste a été relativement peu commenté et dans la presse, et sur les blogs si ce n’est pas tourner en dérision ce que certains ont qualifié de « nunucherie » de Madame Aubry. Ce silence ne va cependant pas de soi. A la lumière de l'ouvrage de Philippe Muray, L'Empire du Bien, je me propose d’analyser ce projet pour ce qu'il a d'inquiétant et éventuellement de totalitaire. Force est de constater qu'une grande partie de ce que dénonçait déjà l'auteur de Festivus Festivus dans les années 80 est en germe dans la société du care.
UNE ETHIQUE DE LA NEVROSE
En premier lieu, le recours à un anglicisme est révélateur d’une incapacité du Parti Socialiste à penser, à théoriser, à conceptualiser un réel dépourvu de l’utopie communiste. Comme le dit la célèbre maxime : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément ». En l’occurrence, l’utilisation du mot « care » reste particulièrement équivoque et absconse. Si l’une des définitions du mot est : A burdened state of mind, as that arising from heavy responsibilities ou encore Caution in avoiding harm or danger, le mot peut être chargé d’un sens négatif puisqu’il peut signifier Mental suffering; grief, an object or source of worry,c’est à dire ce qui cause le souci et qui fait souffrir. Si l’on s’attarde sur ce sens négatif, le projet du care devient alors non pas une éthique de l’altruisme, mais une éthique du souci, du grief et donc de la névrose.
Une névrose qui prend autrui pour objet et qui trouve sa source dans ce qui dérange, de ce qui va à l’encontre du consensus et qu’il convient de faire rentrer dans le rang. Bien entendu, ce projet se drape dans les habits de la vertu et de de la bienveillance. Il ne s’agit que d’aider ceux qui sont dans la nécessité. Seulement voilà, pour la dictature du Bien, tout ce qui s’exonère de la norme du bonheur s’expose au danger, au risque et donc à la nécessité. Quid des personnes qui mangent trop gras ? Celles qui écoutent leur lecteur MP3 trop fort ? Celles qui ne se comportent pas en citoyen écolo ? Celles qui « dérapent » et flirtent dangereusement avec le racisme et « les heures les plus sombres de notre histoire » ? Ne faut-il pas également venir en aide à ces personnes, victimes d’elles-mêmes ? Autant de comportements déviants que l’altruiste doit aider à corriger, pour le seul bien de ces personnes. Souvenons-nous la définition qu’en donne Martine Aubry : « la société prend soin de vous, mais vous devez aussi prendre soin des autres et de la société ». Un projet qui préfigure l’Empire du Bien si effroyablement conceptualisé par Philippe Muray et analogue à la société que décrivait Georges Orwell dans son monumental 1984.
LA SOCIETE DU BIEN-ÊTRE
La première secrétaire du Parti Socialiste l’a répété plusieurs fois depuis les résultas des dernières élections régionales : l’époque est à la douceur et aux câlins tous azimuts. Les free hugs sont tendance. Il faut se câliner à tout bout de champ. Conscient du potentiel de ce gigantesque fond de commerce, le politique se préoccupe désormais avec ferveur de notre bien-être. Ce qui n’allait pas de soi est désormais un dogme, la panacée, l’idéal démocratique par excellence : la société à un droit, un devoir même, légitime à régir notre existence et à corriger nos mauvais comportements. Pour notre bien ! Pauvres petits inconscients du danger que nous sommes. C’en est désormais fini de la souffrance, du malheur, des grosses larmes. Un grand mouvement de civilisation est en marche vers un futur mollement amidonné, doucereux et ouaté dont tout chagrin aura été banni. Et toutes les forces vives doivent participer à l’effort. Sus à la méchanceté, à bas les méchants ! L’ennemi doit être débusqué et anéanti partout où il se terre : le marché, les banques, Goldman Sachs, les hedge funds, le racisme, l’homophobie, l’islamophobie, les dérapages, Eric Zemmour, Georges W. Bush, la guerre, le passé, la Nation, la tradition, la religion et le Pape, l'élitisme, l'excellence, la Culture, l'autorité, les réac', la pollution, le carbone, tout ça, tout ça. L’affrontement ultime des forces du mal liguées contre la marche moderne et joyeusement progressiste de l’humanité.
Tenez, on a à peine le temps d'écrire un article que déjà de nouvelles mesures bienfaisantes pointent leur nez, à l'image de cette proposition de loi visant à sanctionner les partis politiques qui ne feraient pas élire assez de femmes : à lire ici. C'est un scandale, une tragédie ! Rendez-vous compte : "En matière de féminisation, ces élections qui ne sont pas soumises au principe paritaire sont catastrophiques: les conseils généraux, par exemple, ne comptent que 12,3% de femmes". Ca-ta-stro-phi-que, qu'on vous dit. le paroxysme de l'anxiogène, le bord de l'abime, l'heure est grave ! Toujours le même schéma : armé de l'incontestable et incriticable désir de rendre gorge à l'injustice, on se lance en croisade au nom de l'égalité entre hommes et femmes, on fait valoir les valeurs de douceur et de fraternité. Oui, mais dans les faits ? On légifère, on oblige, on impose, on contraint, et si ça ne suffit pas, on durcit la sanction à grand renfort de coups de boule fiscaux pour les récalcitrant. S'ils ne viennent pas au Bien de leur plein gré, le Bien viendra à eux et là, ça va faire Mal.
Aussi insipide que totalisante, la société du Bien-être ouvre la voix à un contrôle sans précédent de nos vies. Insidieuse, elle avance masquée sous l’apparat de la moralité et érige en idéal les valeurs de prévenance et de compassion. Malgré nous et notre détestable penchant pour l’exagération, le care veut nous protéger des vicissitudes de l’existence. Ce projet est « porteur de valeurs positives et créateurs de liens », affirme Martine Aurby. Créateur de lien, sans conteste. Chacun espionnera tout le monde, à l’affut du moindre manquement, de la moindre déviance, du moindre écart à la sérénité et à l’égalité lénifiante qui doit régner parmi les individus. Comme le rappelle Joan Tronto : les individus sont tous fondamentalement vulnérables, comme l’est aussi leur monde. Cette vulnérabilité justifie toutes les ingérences, toutes les intrusions dans l’intime, tous les viols du privé. D'ailleurs, la liberté deviendra bientôt superflue. Dans la société du bien-être, la liberté est la porte ouverte aux errements du « trop », des passions et donc de l’excès. Et si le care a quelque chose en horreur, c’est bien l’excès.
Un grand maternage qui tient désormais lieu de religion au plus haut niveau de l’Etat. Sans précédent dans l’Histoire, il entame une gigantesque œuvre de déresponsabilisation des individus. Mais tout cela se justifie au nom de la Paix, l’Amour, la Vérité, l’Abondance à l’image des quatre ministères de l’Océania dans 1984. Peu importe que les outrages les plus insupportables soit commis contre la liberté et la propriété individuelle tant que les coups sont portés au nom du Bien. Et c’est à la société que revient cette glorieuse mission. Petit à petit, silencieusement, elle ne cesse d’étendre le champ de ses compétences et de ses obligations envers les citoyens. L’existence est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux individus. Il n’est d'ailleurs pas étonnants de constater que déjà le discours a changé : les comportements déviants sont désormais le fait d’un manquement de la société vis-à-vis des droits légitimes de chaque membre. Une bande de jeunes voyous brûle un bus ? « Ce ne sont que de pauvres gens qui n’ont pas d’autre moyen que de détruire un bus pour exprimer leur souffrance face à une société qui les discrimine, qui les oppresse, qui ne les écoute pas ».
Toujours soucieux de notre vie, de notre bien-être, l’Etat consacre tout son temps à prévenir tout ce qui pourrait constituer un risque. La grippe A, les OGM, les nanotechnologies, les aéroports fermés pour cause de volcanisme, le risque n’est plus tolérable. L’idée même que la vie puisse être faite de surprise devient un gros mot. Et pour conjurer le mauvais sort : des lois, des lois, et toujours des lois. Rien ne doit être laissé au hasard. Le moindre fait divers devient désormais matière à légiférer. Et la société d’applaudir à chaque fois que le législateur se met en guerre contre le petit caillou qui a eu l’audace de pénétrer le chausson douillet du concitoyen. Les modalités de ces effets d’annonces spectaculaires varient peu : « une action volontariste », « des mesures radicales », « une extrême fermeté ». De grands discours et toujours plus de restrictions. Cette dictature de la volupté et du contentement repu réduit chaque jour un peu plus la liberté de l’individu dans la l'allégresse générale. Comme l’écrivait Philippe Muray : « L’utopie d’un univers où ne règnerait plus que la gentillesse, la tendresse, les bonnes intentions devrait naturellement faire froid dans le dos : c’est le plus effrayant de tous les rêves parce qu’il est réalisable. Mais non. Personne ne semble le redouter. A coups de lois dans chaque pays, à coups d’opérations de police à la surface de la terre, on voit le programme s’imposer avec une grande rapidité ».
Tout en prévenance et en sollicitude, on se met à l'écoute d’autrui, on déborde d’empathie, on est compréhensif jusqu’à la nausée, on se répand en patience et en bons sentiments. Dernier exemple en date, cette initiative de l’Etat pour se mettre à portée de la jeunesse, cible de choix pour les promoteurs de la grande emphase collectiviste : j’invite le lecteur à consulter ce morceau de bravoure et de sollicitude : La grande consult’. Tout y est. C’est touchant de pédagogie, c’est délicieusement tendance, l’air du temps éternellement printanier, la marche historiquement bienfaisante de l'écoute. Pour ne pas brusquer l’adolescent, pour l’amener doucement à boire le calice de la grande confession compatissante, on se met à sa portée, on utilise ses mots. Ce serait dommage de traumatiser une jeunesse de moins en moins encline à utiliser la langue classique française. Voilà donc l’avènement du langage djeun’s : « Grave », « A fond », « Trop d’accord », « bahut », « kiffe », et bien d’autres savoureuses expressions supposées amadouer le rebelle en devenir. Les commentaires sont à la hauteur de l’enjeu comme l’illustre celui de itedebo444, 17 ans, répondant à un sondage sur le racket : "ui un mec est venu ver moi ma di donne moi tn frike amis il cest resu une grosse tarte et il est parti". Un million d’euros de réalisation pour poser des questions telles que « T’es comment avec ton mec/ta nana » ou encore « T’as déjà taffé quand t’avais moins de 18 ans ? ». Des questions existentielles que l’Etat-nounou, l’Etat-meilleur-pote n’a pas le droit d’ignorer. "On assume complètement", assure Claire Bevierre, en charge de ce si noble projet, dans un article du Monde. Ce n'est d'ailleurs que le début puisqu'elle ajoute que le futur portail "jeunes" du gouvernement continuera d'être "éditorialisé" de la même manière. Certains esprits chagrins tenteront bien d'interroger la pertinence d’un tel site et l’emploi contestable de ce millions d’euros sur le dos du contribuable. Mais ces voix dissonantes sont déjà broyées dans la liesse gaillarde qui monte de la société, réduites au silence par ce patchwork bigarré, chatoyant et profondément citoyen de bonnes intentions. Et avec humour, s’il vous plait ! Rien ne serait possible s’il n’y avait le rire, la joie et pour enrober tout cela : la fête.
LA FÊTE, LA FÊTE, ENCORE LA FÊTE
Le projet du PS met à nu un processus hélas déjà bien engagé depuis les vingt dernières années. Avez-vous remarqué ces petites annonces sympathiques et attentionnées qui balafrent désormais toute publicité alimentaire ? « Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière ». On utilise l’impératif parce qu’il faut pratiquer une activité physique régulière, c’est pour notre bien. Et tous ceux qui, comme moi, regardent le sport comme une affreuse corvée fatigante et laborieuse sont coupables de déviance. Ils se condamnent à un embonpoint insupportable dans une société qui glorifie le corps-Dieu. Rien ne doit dépasser et le moindre bourrelet apparent est une insulte à la sollicitude du « vivre mieux ».
Avez-vous remarqué également le sourire étincelant que les égéries publicitaires arborent à tout bout d’affiche ? La ville n’est plus qu’un long et épouvantable sourire. A tous les coins de rue, à tous les feux rouges, dans les cinémas, dans les magazines, à la télévision, on sourit. Il faut sourire, il faut être heureux, il faut se réjouir. Et pour ce faire, rien de tel que la fête. Tout est matière à sauterie désormais. Il est instructif d’aller flâner parfois sur le site de l’office de tourisme de la ville de Paris. On peut y lire cette petite notice : Toute l’année, fêtes et festivals se multiplient dans toute la ville. Les arts se mélangent, échangent et investissent les lieux les plus insolites aux beaux jours : quais de Seine, cours d’hôtels particuliers, prairies, bois, parcs et jardins, salles de musées transformées le temps d’un concert ou d’une performance… Fête de la Musique, Paris Plage, Marche des fiertés, Paris Quartier d’été, Cinéma au clair de lune, Techno Parade et autres Printemps des rues rythment la vie trépidante de la scène parisienne. Avec l’arrivée de l’automne, le rythme ne ralentit pas mais s’adapte aux lumières dorées du ciel : Nuit Blanche, Journées du Patrimoine, Fête des Jardins de Paris, Festival d’Automne, Festival d’Art Sacré… Et puis Paris est aussi une ville multiculturelle qui célèbre le Nouvel An chinois, la fête indienne de Ganesh et les Belles Nuits du Ramadan ! ».
Il faut que ça déborde d’émotion, de passion et que la masse tout entière communie dans une même fièvre amoureuse. Téléthon, Love parade, Gay pride, Sidaction et autres Resto du Cœur sont autant de grand-messes cathodiques qui permettent d’extirper aux téléspectateurs attendries les mêmes sanglots bouleversés. Toutes les occasions sont bonnes pour déverser des torrents compassionnels de tendresse aliénante. Le tout-sentimental a ses idoles, ses icones d’autant plus émouvantes qu’elles sont médiatiquement omniprésentes : Zizou, l’abbé Pierre, Michel Drucker, Nicolas Hulot et tant d’autres. Et ceux qui n’ont pas l’heur d’apprécier ces grands moments d’empathie généralisée sont immanquablement relégués au ban de la société, ostracisés, livré à toutes les avanies.
Le Bien a même ses petits soldats dévoués, prêts à offrir leur poitrine aux feux de l’ennemi raciste, fasciste tels la Marianne de Delacroix offrant son sein blanc aux tumultes de la barricade. Des bataillons bienfaisant qui montent à l’assaut comme un seul homme dès que l’infâme se manifeste : LICRA, CRAN, SOS-Racisme, LGBT, Ecolo-totaliterre. Tous soudés contre le mal. Récemment encore, dans l’excellente émission Réplique, animée par Alain Finkielkraut (à écouter ici), Sami Naïr, professeur en sciences politiques à paris 8, ancien député européen et délégué interministériel sous le gouvernement Jospin, s’exclamait avec une conviction admirable : « Moi, je suis antiraciste et j’espère mourir antiraciste. Je n’aime pas le raciste et je n’aime pas voir dans l’autre la couleur, la confession, l’origine, je n’aime pas ça ». Quelle délivrance, quel soulagement de constater qu’il est encore des hommes capables de risquer leur vie pour une cause juste, si adorablement altruiste, si équitablement humaniste ? Y’a-t-il jamais eu plus bel exemple de bravoure et de transgression ? Philippe Muray à nouveau : « Don Juan, soudain, changeant de masque, s’empare du discours vertueux et cesse de faire le mal à ses propres frais pour le commettre au nom du ciel. « Le personnage d’homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu’on puisse jouer », annonce-t-il. (…) Don Juan découvre donc, lui aussi, en grand artiste qu’il est, l’arme absolue de cette logique renversante mais efficace selon laquelle, il faut que ceux-ci soient légalisés par l’étalage de leur contraire vertueux ». La fête, c’est donc l’industrialisation du spectacle, de l’hypocrisie pompeuse et imbue d’elle-même. Muray encore citant Sade : « La bienfaisance est bien plutôt un vice de l’orgueil qu’une véritable vertu de l’âme »… « C’est par l’ostentation qu’on soulage ses semblables, jamais dans la seule vue de faire une bonne action ». CQFD
Tous les outrages sont bons, pourvu qu’ils soient faits au service du Bien, de l’Amour et de la Prévention. On peut donc interdire la liberté d’expression au nom de la Tolérance, taxer toujours plus dûrement au nom de la liberté et achever les derniers lambeaux de liberté individuelle au nom du principe de précaution. On n’assassine plus en silence, on assassine désormais en musique, et l’on chante, et l’on danse. On se vautre dans l’allégresse la plus perverse. Une fête perpétuelle, la fin de l’Histoire comme disait Francis Fukuyama. Et pour faire une bonne fête, il faut des cadeaux. On distribue donc des droits à tout-va, à tout le monde, pour tout et pour tous, tout le temps. Droit à la gratuité des soins, droit au logement opposable, droit à la scolarisation, droit à la non-discrimination, droit aux subventions, droit au respect, droit à la différence, droit à l'équité, droit à la justice, etc. Même la Terre y a droit. De gentils et doux humanistes ont appelé la semaine dernière à rédiger une déclaration universelle des droits de la mère Terre ainsi qu’à la création d’un Tribunal de justice climatique et environnementale. L’Altruisme mondialisé ne laissera personne sur le carreau, pas même la planète. Le droit devient l’opium du peuple. On l’use jusqu’à la moelle et on en exige de nouveaux quand la bouteille est vide. Pas question en revanche de parler de devoirs, coercitifs et indignes de faire partie de la société du care. Le droit est démocratique, le devoir est fasciste. Point final. Circulez, il n’y a plus rien à voir.
Nul doute qu’il serait exagéré de prétendre que le projet de la société du care est un projet totalitaire. Ce serait par trop surestimer les capacités de réflexion des archontes du Parti Socialiste. En revanche, il est certain qu’il constitue l'une des manifestations d'un grand travail de sape contre l’esprit critique, la singularité et la liberté des individus. Il ouvre un champ infini de nouveaux prétextes pour permettre à nos gouvernants de se mêler de nos vies et pour nous déposséder de notre libre-arbitre. Comme je l’avais déjà abordé sur ce blog, il me semble que c’est la somme des renoncements quotidiens de chacun qui permet à un projet totalisant de se faire sa place au sein de la société, de façon aussi sournoise que rampante. Ce n’est jamais le fait d’un seul homme, mais la réunion des petits compromis qui offre notre vie au contrôle toujours plus intrusif de la société. Cet article semblera probablement bien alarmiste pour un insipide slogan politique telle que "soyons à la hauteur du futur" ou celui de la "société du care". Mais une question perdure : et si 1984 était déjà à l’œuvre, sous nos yeux ? Devrons nous expliquer un jour à un jeune Winston comment, pourquoi nous avons laissé faire cela ? Autant de questions qui restent sans réponse…Le citoyen que je suis souhaiterait donc pouvoir adresser une doléance à Martine Aubry : ne vous mêlez pas de nos vie, Madame Aubry, rengainez votre sollicitude, oubliez jusqu’à notre existence, ne vous occupez en aucun cas de notre bien-être, ni aujourd’hui, ni demain, ni pour la jeunesse, ni pour les anciens, ne nous épargnez aucun risque, aucune souffrance, aucun tort, aucun hasard de la vie, nous ne voulons ni de votre amour, ni de votre compassion. Oui, oubliez nous, nous n'avons définitivement que faire de votre altruisme mortifère. "Pour vivre heureux, vivons cachés" résumait Jean-Pierre Claris de Florian.
En guise de conclusion, ces mots échangés par Winston et Julia:
- Ecoute. Plus tu as eu d’hommes, plus je t’aime. Comprends-tu cela ?
- Oui, parfaitement.
- Je hais la pureté. Je hais la bonté. Je ne voudrais aucune vertu nulle part. Je voudrais que tous soient corrompus jusqu’à la moelle.
***
D'autres articles du même auteur sur Librement vôtre
Par Ben le 30 mars 2010
C’est avec une frénésie difficilement contenue et une jubilation impatiente que je déplie Le Monde d’aujourd’hui, avide de découvrir la petite merveille que viennent de voter à l’unanimité, s’il vous plait, nos pétulants députés : la proposition de loi présentée conjointement par Danielle Bousquet (PS) et Guy Geoffroy (UMP) destinée à lutter contre les violences conjugales. Vingt et un articles gorgés de bonheur en boite, dont le plus astucieux introduit un bracelet électronique (ça c’est une idée du gouvernement) qui, comme en Espagne, pourra être imposé au mari violent. C’est bien connu, rien de tel qu’un petit bracelet qui fait bip-bip pour vous faire passer l’envie de cogner votre chère et tendre. Le summum est atteint quand le texte propose que le harcèlement psychologique dans le couple devienne un délit :
« Prenant exemple sur le délit de harcèlement moral, qui ne concerne que les relations professionnelles, ce nouveau délit vise à mieux prendre en compte ces situations au sein du couple, qui ne se traduit pas forcément par des violences physiques mais qui peuvent avoir des conséquences graves pour les personnes qui en sont victimes. (…) Les peines prévues pour ce nouveau délit sont sévères : trois ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amendes ».
On l'aura compris, la relation amoureuse, est de plus en plus apparentée à la relation de travail...
Par principe, un machin législatif qui fait l’unanimité chez nos frétillants députés, il n’en fallait pas plus pour m’inspirer de la méfiance. Il n’y a qu’à voir l’émoi et l’embrasement oratoire que suscitent en France les vrais sujets d’importance parmi nos élus espiègles pour se convaincre qu’une loi remportant l’unanimité se place en pôle position pour intégrer le Guinness de la connerie et du vide sidéral. Attendris devant tant de justice pralinée et de bons sentiments montés en chantilly, les beaux esprits du Monde ne pouvaient résister au plaisir de flatuler quelques articles au prix d’une performance journalistique qu’il convient de saluer. Une fois encore, les défenseurs de la guimauve rose bonbon se sont dressés, prêts à mener la lutte contre l’infâââââââme mâââââââle, enfin, les hommes quoi.
Et c’est l’Edito qui ouvre le bal en titrant pudiquement, tout en nuance : « Une bonne loi ». Au moins, on ne tourne pas autour du pot aujourd’hui. D’un trait de plume religieux et solennel, le journaliste note que « Majorité et opposition s’honorent à travailler de concert sur cette proposition de loi. (…) Cette approche bipartisane témoigne de la gravité de la situation ». L’heure est à l’urgence camaradeu ! La colère pointe aux seins des masses féminines, la bouteille de Contrex 0% est pleine ! C’est véritablement un scandale (et probablement une contrepèterie), aurait dit Desproges. Et notre défenseur du Bien et de l’Amour universel de dresser ce bilan é-di-fiant pour justifier une si impérative loi : 157 femmes sont mortes en 2008 sous les coups de leur mari violent. Une étude datant de 2000 affirmait même que 10% des femmes seraient victimes de violence. 10%, qu’on vous dit ! Et le pire (préparez vous à tenir le coup…) dans cette histoire est à venir : « Les chiffres ne disent pas tout !», s’emporte l'éditorialiste dans un élan indigné et plein d’emphase : « Il y a les viols ! ». C’est bien connu, dans un couple, l’homme passe son temps à violer sa femme. Une réalité que ne doivent pas masquer ces quelques femmes insensées qui aiment faire l’amour avec leur conjoint et qui en redemandent. Relisez 1984 de Orwell ! Le sexe, c’est la pire expression de la domination masculine, condamnant outrageusement les femmes au rang de pondeuse… Cela va plus loin : « Le domicile conjugal est pour les femmes le lieu le plus dangereux. Elles y subissent plus d’agressions physiques qu’au travail ou dans la rue ». Bigre, je comprends mieux pourquoi les femmes que je connais sont tenaillées par l’angoisse, la peur au ventre à l’idée de retrouver, mari et enfants en rentrant chez elles. Le domicile est le lieu de tous les dangers, de toutes les violences, de tous les martyrs. On se demande presque pourquoi certaines femmes acceptent encore de s’installer avec leur mari ! C’est d’une logique à toute épreuve. En outre, cette statistique utile est livrée au lecteur : les femmes battues font en moyenne onze fois plus de tentatives de suicide que les autres. Et notre brillant rédacteur de conclure : « il est vrai qu’une forme de harcèlement moral précède en général les coups ». Voilà la clé. En plus d’être violents physiquement, les hommes sont également violents psychologiquement, une violence que certains ont astucieusement qualifiée de « harcèlement conjugal ».
Quelques pages plus loin, une autre journaliste, brillante cela va sans dire, affirme que les députés sont d’accords sur le principe : « il ne suffit pas, disent-ils, de pénaliser les coups, il faut s’en prendre aux comportements de domination qui les accompagnent ». Mais bien sur, les hommes sont dominateurs, c’est ce qui fait d’eux des êtres vils, fourbes, hooooorribles !!! Et surtout violents. Alors que les femmes, c’est bien connu : douces, gentilles, honnêtes, pas un mot plus haut que l’autre, sont TOUTES, sans exception, victimes de la barbarie et de la domination masculine susnommée plus haut. Quid des 27 hommes tués par leur conjointe en 2008 ? La sémillante Nadine Morano, connue et reconnue pour la pertinence jamais démentie de ses propos, relevait à ce sujet que cette « nouvelle incrimination est nécessaire. (…) J’ai rencontré des femmes dont les conjoints ne cessaient de les rabaisser, de les humilier. Elles sont psychologiquement détruites ». Oui, parce que là où la proposition de loi devient croustillante, c’est qu’à aucun moment, elle n’envisage la possibilité que la psychologie puisse être l’arme des femmes contre la violence physique des hommes. C’est une évidence. Il n’y a qu’à voir les femmes dans la rues : elles paraissent toute abattues, souillées, brimée, alors que les hommes, tout le contraire. Fringant, serein, alegres après avoir naturellement violenté physiquement et moralement leur compagne. Ca détend. La vie de couple en France n’a jamais été aussi insoutenable pour les femmes qu’aujourd’hui. Comme le disait notre éditorialiste : La situation est grave. Rien de tel donc qu’une bonne petite loi de derrière les fagots pour amener la justice, la paix et la fraternité parmi les hommes. Sic et Amen.
Bref, il me semble qu’une fois de plus, nous avons là un cas d’école de ce que la connerie et une idéologie –le féminisme- peut engendrer de plus néfaste dans la société. Tout d’abord parce qu’une loi n’a jamais empêché les individus d’être violents. D'autre part, l’amour est une forme de violence : un ensemble complexe de rapports de forces qui s’expriment parfois de façon passionnée, tant d’un côté que de l’autre. Comme si l’arsenal législatif actuel n’était pas suffisamment lourd contre les violences conjugales ? Cet arsenal a-t-il seulement retenu une fois la main d’un mari violent ? Pas plus qu’une loi contre le harcèlement moral n’empêchera un couple de se déchirer et de se faire du mal. Il viendra alourdir la législation déjà bien armée d’une loi inefficace et pompeuse. C’est folie de penser que l’Etat pourra un jour régenter les relations entre hommes et femmes, notamment dans ce que les individus ont de plus intime : leur vie de couple. La conclusion de tout cela mènera à ce qu’hommes et femmes, se regardent de loin n’osent plus se parler, se regardant de loin, de peur de sombrer dans la violence que génère toute passion.
D’autre part, les hommes ne sont en rien les détenteurs du monopole de la violence. Il y a une violence masculine comme il y a une violence féminine qui se manifeste simplement sous des formes différentes et cette nouvelle loi montre la méconnaissance crasse de la loi concernant le rapport ambigüe qui unit un homme et une femme. Fait d’amour tout autant que de haines mutuelles. C’est ce qui fait toute la fragilité du couple, comme sa valeur. Aussi aurai-je la faiblesse de me réjouir et de me moquer lorsque les idéologues du féminisme totalisant découvriront qu’elles ont vendu aux hommes la corde pour les pendre. Car si la force physique a été l’avatar de la masculinité pendant des siècles et des siècles, les femmes ont développé d’autres moyens pour lutter dans cette opposition qui nait de la relation amoureuse. Et ces moyens sont majoritairement d’ordre psychologique. Ainsi, ne peut-on pas qualifié de harcèlement moral la femme qui fait subir chaque jour à son mari une crise de jalousie, lui imaginant mille maîtresses ? Ne peut-on pas qualifié de harcèlement moral la femme qui fait pression sur son mari pour que celui-ci lui l’entretienne ? Ne peut-on pas qualifié de harcèlement moral la femme qui refuse de façon répétée de se donner à son mari lorsque vient le moment de l’obscurité ? L’homme a la force, la femme a l’ascendant du psychisme. Le Général de Gaulle n’aurait sans doute pas démenti, quand on sait qu’à la maison c’est Tante Yvonne qui portait la culotte. Derrière chaque grand homme, il y a une femme, disait le penseur. L’histoire de France en est d’ailleurs façonnée par les femmes, de Jeanne d’Arc à Madame de Maintenon, en passant par Yvonne de Gaulle ou Simone de Beauvoir. L’idée que les femmes seraient les éternelles victimes soumises aux hommes est tout simplement une ineptie.
Une gesticulation inutile de plus de la part de nos élus qui ne sont bons qu’à produire du slogan publicitaire, complaisant face à l’air du temps et à l’étalage de bons sentiments. Non seulement cette loi n’amènera aucun progrès dans la société, mais elle permettra à l’Etat de s’immiscer toujours plus dans nos vies et dans l’intimité la plus secrète et complexe de l'existence humaine : la relation amoureuse. Sans compter qu’il déresponsabilise un peu plus les individus qui, faut-il le rappeler, sont librement liés l’un à l’autre. La solution la plus rapide, la plus simple n’est-elle pas simplement de dire : « je te quitte ? ». Qu’est ce qui empêche l'un des amants de s’en aller ? Naturellement un tel choix est difficile. C’est une évidence, quel que soit les âges, quel que soit les pays. Se séparer de celui que l’on a aimé est une déchirure et un traumatisme. Mais il fait parti de la vie, tout simplement. L’Etat ne peut pas prendre en main la vie des personnes et faire des choix à leur place. La vie est faite d’initiative, de risques et d’échecs. Vouloir supprimer le risque, c’est rendre l’existence vide et sans âme. L’unanimité recueillie me semble bel et bien la preuve que cette loi est une aberration totale et qu’elle est vide de sens. C’est là l’avènement du terrorisme intellectuel du féminisme qui prétend faire des femmes des éternelles victimes et qui range tous les hommes au grade de bourreau. Était-il si difficile de dire que, pour scandaleux, triste et malheureux que soit le sort des femmes battues, les rapports hommes/femmes se passent bien dans l’immense majorité de cas en France et qu’une telle loi n’aura pour effet que de jeter la suspicion sur le couple ? Qu’elle s’apprête à engendrer des réflexes procéduriers entre les conjoints ? « Arrête de me faire des reproches, sinon, je t’attaque en justice !». Une telle phrase vous fait frissonner ? Moi de même.
Aussi, je me prépare d’ors et déjà à un rire sonore et vengeur en songeant au jour où toutes ces petites castratrices totalitaires seront trainées devant les juges par des maris qui n’ont pourront plus de subir la connerie quotidienne de leur compagne et qui demanderont réparation pour un très légitime « harcèlement conjugal ».
A lire également le génial billet de H16 sur le sujet : La violence faite aux hommes
***
D'autres articles du même auteur à lire sur Librement vôtre
Article rédigé le le 26 février 2010
Par Mingata le 25 décembre 2009
Le lundi 14 décembre 2009, j'ai entendu sur France inter que le conseiller spécial du président, à propos du débat sur l'identité nationale , aurait déclaré qu'il serait absurde de ne pas aborder la question religieuse dans ce débat.
Par DaG le 16 décembre 2009
Ces deux véhicules roulant à 50km/h ont percuté tout deux un cyclomoteur (l'un lors d'une démonstration de prévention routière au circuit Carolle, l'autre sur la voie publique à Villiers-le-Bel).

Sauras tu retrouver les 7 erreurs entre les deux photos?
Par Ben le 8 novembre 2009

C’était un tabou français. Mieux, un souvenir, tombé dans les limbes de la conscience nationale. Cela faisait quatre décennies que l’on en parlait plus, de peur de prononcer un gros mot. Trop gros sans doute pour faire face aux enjeux et aux questions qu’il soulevait. Quarante ans d’anesthésie pendant lesquelles, la France a drapé son passé d’un voile pudique, doutant d’elle-même et de ses fondements. La Culture disait Hannah Arendt, c’est une brèche entre la tradition du passé et un futur à réinventer sans cesse. En oubliant ses traditions, la France s’est rendue tout simplement incapable de se penser un futur : incapable de dire qui elle est, où elle va et avec qui. Les méfaits de mai 1968 furent longs être perçus mais l’on constate aujourd’hui l’ampleur des blocages auxquels le pays a été confronté après une telle remise en question de la société. Au nom de la liberté sexuelle et "il est interdit d'interdir", les deux piliers qu'étaient la famille et l'autorité furent brisés. Une contestation trop brutale, trop profonde. Comme une personne ayant subi une violence trop grande, la France était incapable de sortir de cet état de traumatisme. Et nous en revenons ! Ceux qui élaboraient les théories les plus farfelues sur le pédagogisme, la suppression de l’autorité et l’anéantissement des valeurs traditionnelles déchantent, le pays tout entier avec eux. La France s’est perdue dans une errance aveugle et désorientée. C’était donc un tabou français. Ce tabou là, on n'osait plus le briser au nom des démons vichyssois qui sommeillaient, parait-il, en France. C’est cette boite de pandore qu’Eric Besson a décidé de rouvrir en parlant ce lundi sur la radio RTL et en osant la question : qu’est ce que l’identité française ?
Invité à s’exprimer dans l’émission du grand jury, le Ministre de l’immigration a annoncé dimanche son intention de lancer un grand débat sur le thème de « l’identité française » avec pour objectif de réaffirmer la fierté d’être français. Les parlementaires seront invités à s’exprimer sur le sujet à l’issu de quoi, un colloque de synthèse viendra conclure les débats. Le Ministre a notamment proposé que tous les jeunes Français aient l’occasion au moins une fois dans l’année de chanter la Marseillaise. Enfin, au sujet sur la burqa, Eric Besson a livré un message sans ambiguïté : elle est inacceptable et contraire aux valeurs de l'identité nationale.
Ce débat, trop longtemps délaissé et dont l’extrême droite s’est emparée pour cultiver ses denrées électorales, est plus que nécessaire, il est vital. Le pays n’en a pris conscience que récemment, hélas l’action des jeunes chevelus lors des évènements de soixante-huit n’a pas eu pour effet de moderniser la société à son insu comme on l’a longtemps prétendu. Tout indique que cette modernisation était déjà en cours. En douceur, mais en cours. En sus de brusquer les transformations du pays, Mai 68 a sapé de façon durable et inconsidérée tout ce qui faisait le socle des valeurs française : le mérite, l’excellence, l’égalité. Et l’on a pu en constater les dégâts : une Université française en état de délabrement avancé, la faillite de l’Education nationale et du pédagogisme, vingt années de politique migratoire sans contrôle, l’apparition de l’égalitarisme avec les crispations discriminatoires contre les nouveaux arrivant qui en sont la conséquence naturelle, etc. Ce chamboulement du traditionnel a déraciné la population et a provoqué un profond malaise en son sein.
EN FINIR AVEC L'AUTO-FLAGELLATION
En parallèle à cette mise à bas prix des valeurs française, son Histoire fut la cible d'attaques brutales et iniques, relayées au sein de l'opinion dans une posture d’auto-flagellation. Cédant au discours culpabilisant des anciens colonisés, avides de revanche, les Français en sont venus à douter de leur Histoire, attachant plus d’importance à des parenthèses peu glorieuses qu’à leurs victoires singulières. Ainsi, en quelques années, le pays des droits de l’Homme est devenu le pays de l’esclavage, de la dictature de Vichy, de la colonisation et des guerres qui ont précédé l’émancipation des anciennes colonies. Napoléon est devenu un dangereux dictateur, tout comme les rois de France et la société monarchique sont devenus les pages misérables d'un passé obscurantiste. Il y a peu de temps encore, le président algérien accusait la France de s’être rendue coupable d’un génocide de la culture algérienne. Ce qui ne l’a pas empêché peu après de venir se faire soigner dans une clinique française, gracieusement accueilli par ce même pays "génocideur". Il eu été de bon ton de signifier au président algérien que l’on insulte pas impunément la République française et qu’il pourrait se faire soigner à son aise dans un autre pays. Ce ne fut pas fait, au nom sans doute du devoir d’abjurer pour les crimes coloniaux.
Il est donc urgent de reprendre le débat sur le sens de l’appartenance à la France et des valeurs qui sont les nôtres. Il est également urgent d’en finir avec la repentance pour les erreurs commises dans le passé. Oui, la France s’est parfois trompée. Elle s’est égarée sur des chemins qui n’étaient pas les siens tout en sachant toujours reconquérir son honneur, pour elle-même et par elle-même. La République Française n’est pas seulement la nation de la colonisation et de l’esclavage, qui ne sont que des parenthèses, au même titre que Vichy ou l’épisode sanglant de la Terreur. La France, c’est aussi et surtout Victor Schoelcher lorsqu’il proclama l’abolition de l’esclavage en 1848. C’est ces jeunes gens qui entrèrent en résistance contre l’occupant nazi. C’est le pays qui participa à la création de l’Europe. C’est le pays qui enfanta quelques uns des plus beaux artistes du siècle passé : Zola, Malraux, Gauguin, Baudelaire et tant d’autres. Il y a pléthore de raisons d’être fier d’être Français.
Si ce débat aboutit, la France pourra parler plus clairement et plus librement au reste du monde. Elle pourra renouer avec l’assimilation perdue des immigrés qu’elle accueille sur son territoire. Car à ne plus savoir qui elle est, la République Française ne peut plus assimiler les populations immigrées. En effet, si notre propre culture est incertaine et floue, comment la transmettre à nos nouveaux compatriotes ? Il faut en finir avec l’immigration de peuplement donc les flux sont non maîtrisables. Une personne qui souhaite intégrer notre pays doit pratiquer la langue française et connaître l’Histoire, les institutions, les fondements culturels de la patrie. Aucun sésame n’est plus incontournable que la connaissance de la culture du pays que l’on souhaite rejoindre pour s’y intégrer. Un examen, comme aux Etats-Unis, pourrait sanctionner l’aptitude des migrants à devenir Français. Les plus méritants réussiront, les autres pourront retenter leur chance l’année suivante. Pourquoi ne pas également revaloriser l’affichage du drapeau national chez les particuliers ? Aujourd’hui, quiconque ferait flotter un drapeau français sur sa maison serait immédiatement qualifié de « fasciste » ou de « lepéniste ». Bref, redonnons aux citoyens le goût et la fierté d’être Français. Le pays n’en ira que mieux. « Eric Besson lance ce débat pour des raisons purement politiques », diront certains. Qu’à cela ne tienne : saisissons nous de ce pragmatisme pour le transformer en grand débat de fond et ne pas le laisser aux mains de quelques extrémistes. Il serait impensable que dans le grand mouvement de mondialisation, la France ne repense pas sa place, sa mission et ses valeurs. Si tel n’était pas le cas, il y aurait fort à craindre qu’elle devienne ce que beaucoup de nos concurrents espèrent : une vieille, très vieille coquille vide.
Retrouvez ce billet et d'autres articles sur le blog Librement vôtre
Par Ben le 1 novembre 2009
Certains d’entre nous ont peut-être oublié ce merveilleux titre que MC Solar chantait, il y a dix ans déjà, en 1997 : Les temps changent. Le rappeur rappelait cette époque insouciante d’un vingtième siècle languide où tous les regards convergeaient vers l’horizon doré du vingt-et-unième siècle et les espoirs de modernité qu’il suggérait. La psychose des grandes pandémies n’existait pas, l’Histoire glissait vers sa fin et nous n’étions pas encore culpabilisés par l’idéologie du réchauffement climatique. C’était le temps où « les grands étaient des mythes », « du salut dans la rue, de la simplicité mais ça n’existe plus ». Nostalgie. Souvenons-nous également du cultisme Retour vers le futur épisode II qui représentait le monde de 2015, tel que les hommes l’imaginaient dans les années quatre-vingt. Dans ce monde, les voitures volaient sur des autoroutes suspendues dans le ciel et la technologie offrait tous les avantages en terme de confort, de divertissement et de connaissance. 2015, à peine dans six ans. Ce monde des années quatre-vingt filait, tout repu d’optimisme, vers la porte d’entrée de l’an 2000, impatient de se débarrasser de la crasse que deux guerres mondiales et quarante ans de guerre froide avaient déposé sur lui. Les temps changent donc et l’entrée dans le vingt-et-unième siècle fait l’effet aujourd’hui d’une vilaine gueule de bois. Les menaces ont surgi de toutes parts, alimentant les angoisses et les extrémismes. Le changement est tel, qu’il a balayé toutes les croyances, toutes les traditions, toutes les habitudes. L’incroyable accélération du monde grâce au phénomène Internet a permis l’explosion des échanges, des informations, mais également des conflits. De facto, par sa soudaineté et l’ampleur de son périmètre, ce changement fut brutal pour un certain nombre de pays, pris de cours par les bouleversements formidables d’un monde désormais interpénétré.
La « votation » citoyenne du 3 octobre dernier, à l’initiative des principales forces d’opposition, invitait les participants à se prononcer pour ou contre la privatisation de La Poste. L’évènement a réussi à mobiliser près de deux millions de personnes et la mobilisation contre le projet de réforme du statut de l’entreprise publique a connu un large soutien au sein de la population. Pour rappel, cette votation a fait suite au projet, présenté par le gouvernement, de transformer La Poste en Société Anonyme (SA), de façon à lui permettre d’anticiper l’ouverture du courrier à la concurrence prévue par une directive européenne. Outre que jusqu’à présent, il n’a jamais été question de privatisation, ce projet a immédiatement suscité la colère des syndicats et des partis de gauche, soupçonnant l’exécutif de vouloir remettre en question la mission de service public de La Poste pour la livrer au jeu de la concurrence et du marché. Les craintes et les angoisses que suscite cette privatisation, largement fantasmées et irrationnelles pour la plupart, illustrent l’incompréhension grandissante des Français face aux enjeux et aux nouveaux défis du vingt-et-unième siècle. Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, accusait le gouvernement de vouloir ouvrir le capital de La Poste à l’investissement privé, comme ce fut le cas pour Air France, France Télécom, EDF et GDF. Force est de constater que contrairement aux promesses faites par les hommes politiques à l’époque, ces entreprises, autrefois publiques, se sont doucement adaptées aux lois du marché comme n’importe quelle entreprise privée. Ainsi, le sort de La Poste serait de devenir une entreprise parmi d’autres sur le marché du courrier, avec les désengagements publiques que cela suppose. Et bien tant mieux ! Ces Cassandres qui professaient une apocalypse si l’Etat abandonnait ses missions historiques ont du réviser leurs divinations. Loin de se solder par une catastrophe, les télécommunications ou les transports aériens n’ont jamais été aussi bon marché, le niveau de service n’a jamais été aussi développé qu’aujourd’hui. A tel point qu’il devient plus intéressant de voyager en avion qu’en train ou en voiture.
La Poste n’a d’autres choix que de se privatiser et de se plier aux règles de la concurrence. A l’ère du « tout numérique », il est évident que les échanges par courrier papier ne vont cesser de décroître. Saisis en ligne, inscriptions par Internet, courriels, scanner, le progrès technologique va signer peu à peu la fin du papier, ou du moins son confinement à une petite partie des échanges seulement. C’est une évidence que l’on ne peut nier. Alors se pose la question à la France : sera-t-elle capable d’anticiper ces nouvelles données ou restera-t-elle en retard pour n’avoir pas su ou pas voulu prendre à bras le corps le problème ? Les chiffres publiés dans le Monde au troisième trimestre 2009 par La Poste sont éloquents. Ils illustrent ce changement : alors que le courrier papier et les colis enregistrent des baisses significatives (respectivement -4% et -6,6%), les résultats de la Banque Postale décollent (+3,7%) là où tous les observateurs prévoyaient un échec retentissant. Quoi qu’il en soit, L’entreprise peine à tenir son budget et la la conclusion qui en découle est la suivante : La Poste ne survivra qu’en trouvant les moyens de se diversifier pour compenser l’activité déclinante que représentera le papier dans le futur.
On nous dit que les inconvénients qui résulteraient de la privatisation de la Poste sont légion. Les prix des timbres seront plus chers (de 50 à 70% si l’on se rapporte à l’exemple allemand) ? Quelle importance puisque les gens, toujours plus nombreux à utiliser l’outil informatique, enverront plus de courriels, scanneront des documents, échangeront plus via les sites de réseaux sociaux. Quant aux entreprises, elles trouveront des solutions pour réduire leurs coûts et améliorer les délais de livraison via des partenariats avec des sociétés privées qui auront émerger sur le marché. Certains villages reculés n’auront plus accès à des bureaux de Poste ? Soit, les mairies s’en chargeront, le courrier sera distribué via des relais comme la boulangerie ou l’épicerie. La démagogie est aisée, mais le courage politique serait de dire qu’un Etat à ce point en faillite n’a plus les moyens d’assurer un tel niveau de présence. Les Français ont vécu au dessus de leurs moyens pendant trente ans, faisant fi de la question des retraites, du déficit public et du trou de la sécurité sociale. Cet aveuglement se paye aujourd’hui. Les gens devront accepter de faire quelques kilomètres de plus pour poster leur courrier ou de recourir à une entreprise privée moyennant rémunération. Le niveau de service va être dégradé ? Qui s’est déjà risqué à entrer dans un bureau de poste a pu constater la « qualité » du service : files d’attente interminables, guichets restreints aux heures de pointes, pertes de colis, non distribution de lettres, etc. On ne peut guère défendre la qualité du service postal actuel. Des emplois seront détruits suite à l’ouverture au marché et à la concurrence ? Qu’à cela ne tienne ! Les nouveaux emplois créés par l’arrivée sur le marché d’entreprises nouvelles compenseront largement les réductions et créeront de la richesse, de la croissance et donc de l’emploi.
L’idéologie et la pensée unique n’ont eu de cesse de faire croire que la concurrence était forcément un malheur et qu’elle signifiait une régression plutôt qu’un progrès. Or, c’est justement l’absence de concurrence qui confine à stagner et à régresser. Quand on n’a pas le choix, on pense en effet que le service qui nous est fourni est le meilleur. Mais au nom de quoi l’Etat serait-il plus efficace qu’une entreprise privée ? Pourquoi d’ailleurs un service public se préoccuperait-il d’être efficace lorsqu’il est en situation de monopole ? C’est la concurrence, lorsqu’elle est saine et régulée, qui oblige à améliorer la qualité du service et à baisser ses prix. La privatisation de La Poste et l’ouverture du marché à des entreprises privées sont donc nécessaires, même souhaitables. Les temps changent, même pour le service postal qui devra s’adapter ou disparaître. Il ne tient qu’à nous d’anticiper ce changement ou d’être distancé par nos concurrents. Les bouleversements technologiques et culturels nécessitent la mise en œuvre de nouvelles pratiques. Churchill disait :
« Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge ».
Aussi, plutôt que de démissionner de façon complaisante face à la cabale qui se monte contre le libéralisme, le gouvernement serait bien inspiré d’utiliser son énergie à réduire ses dépenses publiques, se moderniser et abandonner des activités que des initiatives privées sauront exercer bien mieux que lui.
Ce billet et d'autres articles sont disponibles sur le blog Librement vôtre
Par Mylo le 26 octobre 2009
Par une après midi, le 22 Octobre 2009, je reçois un message de ma petite amie, qui faisait le cross du collège F-J Armorin à Crest, m'annonçant la mort d'une jeune fille nommée Alice.
Le lycée se trouvant à seulement quelques mètres de moi, je me précipite pour prendre des nouvelles.
La sonnerie de 17h n'avait pas encore retenti mais les participants du cross étaient déjà à l'intérieur de la cour de l'établissement, nombreux ont été ceux qui ont sautés le portail pour rejoindre leur proche en larme. Une fois entré, je découvre un collège ravagé par les larmes soit près de 700 élèves, jamais je n'ai vu autant de gens aussi triste. Je me précipite alors vers ma copine complètement effondré par les événements qui me raconta sa version des faits.
Le lendemain, après avoir entendu toute les versions possibles, la version officielle nous est annoncée :
La jeune fille de 14 ans venait de finir sa course, elle marchait et soudain elle est tombé, les enseignants ont tout de suite réagit et appeler les pompiers, mais malheureusement ils n’ont pas pu la sauver…
Cette annonce à été suivis d’une petite chanson composé par ses camarades et d’une marche qui à eu lieu à 14 heures.
La cause de la mort est visiblement un arrêt cardiaque.
En vous écrivant cet article, j’ai une pensé pour Alice à qui je souhaite de reposer en paix et à sa famille qui doit surmonter cette épreuve horrible.
Par Hio-Tin-Vho le 23 septembre 2009
Ceux qui me connaissent le savent quand j'en arrive à dire de telles énormités, c'est vraiment que la situation est catastrophique. Et bien pas loin.
Par Shai le 29 juillet 2009
Grand débat lundi 6 juillet autour des radars : quelle sera leur marge de tolérance future ?
Par Hio-Tin-Vho le 19 juillet 2009
Dans la vie de tout les jours, il n'y a rien de plus énervant (en tout cas c'est mon sentiment) qu'une personne qui ne comprend pas ou comprend de travers ce que vous venez de dire. Parfois cela vient du fait que vous vous exprimez mal, mais à force vous vous interrogez même sur sa capacité intellectuelle. Mais à bien y réfléchir il y a souvent une autre explication.
« billets précédents - page 1 de 2