De la démocratie en Afrique et une partie de l'Asie

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Alors que les différents pays de la méditerranée et au delà sont secoués par des mouvements de libération et que cela bouleverse une grande partie de la géo-politique actuel il paraît important que s'interroger sur la question.

 

Mais votre serviteur malheureusement n'a pas les connaissances en relations internationales et de la culture du Maghreb ou du moyen-orient pour traiter le sujet de façon appropriée. En clair j'aurais trop peur de me planter joyeusement.

 

Par contre je pense que l'on peut aussi s'interroger sur la question en utilisant les choses que je maîtrise soit la philosophie politique et la théorie politique.

 

Car si l'on ne peut que se réjouir avec notre esprit révolutionnaire par ailleurs français de la libération de peuples nous pouvons tout de même nous demander s'il s'agit là de mouvements démocratiques. Les observateurs sont quasi unanimes c'est le cas. Bon ben voilà c'est fini en revoir. Plus sérieusement il convient de se demander ce que l'on appelle démocratie. Est-ce le modèle démocratique occidentale ? Libéral et rationnel, issu principalement du rationalisme continental ou écossais ? En somme soyons la question sous-jacente serait l'islam serait-il compatible avec notre sécularisme et libéralisme.

 

Nous nous sommes aperçu que la volonté universaliste de développer, voir d'importer le modèle démocratique occidental a conduit soit à des intentions de principe : ONU ; ou pire à un des échecs, voir des désastres : Irak, colonialisme,... Cet échec conduit à se demander si la démocratie ne serait pas faite que pour les occidentaux. Sauf que nous pouvons objecter que ce n'est pas parce qu'un cuistot est mauvais que les aliments qu'il utilise le sont aussi. Ainsi la difficulté principale de ces échecs provient principalement de la volonté d'imposer ou d'importer le modèle. Il apparaît aux yeux de tous que les évènements actuels sont issus des peuples eux-mêmes et non d'une importation étrangère. Quoi que... comment ne pas nier que la mondialisation médiatique a pût jouer aussi. Il m'est souvent apparu gênant de voir certains occidentaux s'ébahir sur le fait que beaucoup d'étrangers voyaient les mêmes chaînes de télévision qu'eux, lisaient les mêmes livres qu'eux, écoutaient la même musique qu'eux. On peut s'en réjouir, où s'en désoler mais il est certain et plus particulièrement pour les pays d'Afrique du Nord que l'impact de l'image médiatique de l'occident en bien ou en mal joue.

 

Pour en revenir à l'idée d'importation que l'on sait avoir été défendu par les néo-conservateurs américains mais déjà élaborée dans l'idée par la doctrine Truman du containement si elle apparaît vouer à l'échec conduit à une autre conclusion. Il y aurait une culture de la démocratie et ainsi tout les pays ne peuvent être démocrates et certainement pas de suite.

 

Si cette idée apparaît pour les pays qui se révoltent aujourd'hui nier pas mal de leur histoire, notamment des penseurs comme Ibn Khaldoun, Averroès et même Confucius et leurs différents successeurs. J'ai toujours été fasciné par l'idée qu'avait pas mal d'observateurs occidentaux en disant qu'il manquait à l'islam son Voltaire. Déjà l'idée même apparaît porter un décalque de notre propre vie sur une autre et au passage nie des courants philosophiques profonds dans des pays musulmans ou non. Même chez des personnes que je trouve plutôt respectables comme Joseph Macé-Scaron la tentation arrive parfois de reprendre des schèmes de pensée purement occidentaux et ainsi de comparer la Lybie de Khadafi à la Roumanie de Ceaucescu. Et le pire c'est que cela s'avère pas totalement faux mais nie aussi au passage les particularités de ces pays.

 

Il apparaît donc clairement que si effectivement la démocratie peut émerger partout elle doit être le fait des peuples eux mêmes et l'occident si il doit avoir une mission en la matière ne peut être que celle d'accompagner et non de diriger pareils changements. Car le racisme ce n'est pas que considérer l'autre, l'étranger comme dangereux mais cela peut-être de le considérer comme inférieur, comme un petit enfant que l'on doit guider. Sauf qu'avant de faire tout cela il faut peut-être aussi au passage s'intéresser vraiment aux pays dont on s'occupe et ne plus les considérer comme un espèce d'ensemble. Ainsi pourquoi continue-t-on à parler de l'Afrique comme quelque chose d'unique, d'uniforme ? Les similarités entre l'Algérie et le Cameroun sont aussi grandes qu'entre la France et la Russie et pourtant personne ne les confond. Ainsi si l'on parle d'Europe on continue à penser diversité, pareil en Amérique malgré l'hégémonie états-unienne. Même si l'on commencer à différencier le Maghreb des autres pays d'Afrique cela reste encore trop peu. Non les tunisiens ne sont pas les lybiens ni les égyptiens. Pourtant dès le début des évènements en Tunisie le spectre de l'Iran fut rapidement agiter comme un chiffon rouge. « Attention nous allons avoir des régimes islamiques partout ! » Évidemment le désordre a parfois entraîné des régimes bien plus dangereux que l'ordre (voir à ce sujet l'excellent papier de Romain Pigenel), mais avec cette logique on en vient à cautionner le fait de maintenir des dictatures pour éviter le spectre hypothétique de l'islamisme. En somme il vaut mieux une grippe éternelle plutôt qu'un choléra possible. S'il faut discuter l'importance de la grippe ce raisonnement est celui de la facilité et du contentement d'avoir le soutien à moindres frais de dirigeants pas vraiment regardants sur les droits de l'homme. De la Realpolitik que l'on appelle ça.

 

J'ai envie de faire mon cuistre alors à l'instant et citer du Rousseau : « Ceux qui voudront traiter séparément la morale et la politique n’entendront jamais rien à aucune des deux. » Jean-Jacques Rousseau L’Émile. Certes nous avons compris depuis Machiavel et encore selon l’interprétation que l'on en fait que par nécessité il pouvait arriver que l'on pouvait dépasser la morale pour des raisons politiques mais cela ne signifie pas pour autant que les deux ne soient pas lier et l’accommodement qui a été fait avec nos joyeux amis dictateurs ne l'a été que sur l'autel et la Real Economic. En somme guider par des intérêts économiques nous avons préférer l'ordre sans respect des droits de l'homme plutôt que le désordre avec. À y regarder de plus près cette logique n'est que le fruit d'un abandon progressif de la force et de qualité du politique. En somme l'aveu d'un échec. Le pire c'est qu'on a le sentiment de voir dans ces évènements au contraire un réveil de la dimension politique avec bien évidemment ces excès et les démocraties occidentales particulièrement la notre qui court après. En somme on aurait droit à une leçon de démocratie par des pays qui ne la souhaitent pas forcément et qui peut être ne l'atteindront pas non plus.

Venez nombreux !

Lybie

Quand les Religieux se ridiculisent…

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La Lybie dit NON au Américains

La Lybie dit non aux Américains.

A grands renforts de banderoles et de discours des insurgés, le message passe dans la presse nationale, attentive au moindre chuchotement de cette page d’histoire qui se tourne.

NON A TOUTE INGERENCE dans notre révolution, nous ne serons pas un deuxième Irak !

Pourtant comme ils en ont la triste habitude, afin de rester les shérifs de la planète et les seuls garants de la paix dans le monde, l’armée américaine s’est déployée par mer et troupes aéroportées aux portes de la Lybie. – Simple dissuasion semble nous annoncer la diplomatie US.

Même si l’on peut être un tantinet agacé par ces déplacements médiatique des troupes américaines au moindre conflit planétaire, il n’empêche qu’ils bougent et ne restent pas devant le miroir à regarder leurs égos. Par contre la diplomatie et la politique française en générale, fait des effets de manche comme une grosse partie de l’Europe, et les petites phrases alarmistes ou bienveillantes, fleurissent dans les chaînes de T.V. comme les pâquerettes au printemps. Ne parlons même plus de notre ancienne ministre des affaires étrangères, notre MAM nationale, qui avait accepté ce ministère afin je le suppose de s’assurer un salaire mensuel, pensant que son costume de mec et son air de cadre sup volontaire et avenant suffirait à tenir ce poste. La suite nous la connaissons, vacances avec papa maman en pleine crise de la Tunisie, et petite phrase assassine ventant le « savoir-faire » de nos forces de police qui pourrait éventuellement donner des cours à ces pauvres régimes dictatoriaux.

Ce qui me trouble le plus dans toutes ces révolutions en chaîne, c’est le silence que nos gouvernements antérieurs ont hypocritement entretenu. Tous les gouvernants connaissaient la dictature des régimes qui tombent aujourd’hui. Ils savaient la misère du peuple mis en adéquation avec la vomitive richesse des quelques familles qui se partageaient les ressources nationales ! Et pourtant ils n’ont rien dit ! Que ce soit la droite comme la gauche, ce fut pendant toutes ces décennies un silence radio méprisable. Afin de privilégier nos économies passant par la manne pétrolière des pays du Maghreb, ils ont fermé les yeux sur la misère des peuples et sur leurs souffrances, voir leurs tortures dans le pire des cas. Comment faire confiance à ces idéologies capitalistes qui ne conçoivent l’humain que dans une logique de rapports financiers ? Quand retrouverons-nous des hommes de terrain, des humains, des partenaires du peuple, des amoureux du drapeau qui flotte sur nos mairies ? Est-ce une utopie de penser que nos hommes politiques ouvriront un jour les yeux sur leurs incompétences ?

Et maintenant que va-t-il se passer avec ces pays quand ils vont enfin réagir à notre incurie, à notre protectionnisme aveugle et méprisable envers les dictateurs qui étaient à nos portes ? La Tunisie et l’Egypte feront leurs révolutions en douceur, c’est presque certain, mais la Lybie et l’Algérie feront-elles de même ? Comment réagiront tous ces pays en pleine révolutions justifiées envers les aveugles et laxistes que nous avons été, ça c’est l’inconnu le plus absolu! Nos Diplomates vont avoir du pain sur la planche, à condition de choisir les bons et de se donner les moyens de réussir à rattraper le retard de ce domaine pourtant primordial dans un grand pays, mais sommes-nous encore un grand pays, j’en doute tous les jours un peu plus!

Gardons espoir, mais restons vigilant ! Nos démocraties sont sur le fil du rasoir, tous le monde le sait, sauf ceux qui ferment les yeux pour protéger leurs acquis et leurs pouvoirs !

                                                                                                            Gazo

Coup de balais !

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Convicted Criminal

Bigeard quel salopard !

Le Général Bigeard est mort un 18 juin. Au delà du symbole se dessine aussi la figure d'un personnage controversé. Mais c'est aussi une certaine image de la France qui s'éteint.

La sensibilité du transport aérien peut-il aider une prise de conscience?

L'anecdotique paralysie de nos transports aériens suite à l'éruption du volcan islandais mets en lumière la sensibilité de ce mode de transport. Il montre sa sensibilité vis-à-vis des phénomènes naturels...

Dmitri Medvedev, quel pouvoir ?

On a souvent dit de lui qu’il n’était que l’homme lige de Vladimir Poutine. Président fantoche ? Pion au service des ambitions de son premier ministre ? Les spéculations vont bon train sur le pouvoir réel du Président Medvedev et de son avenir politique.

Et si Bush avait raison ?

Et si la stratégie de George W. Bush avait été la bonne lors de l'invasion de l'Irak ? C'est la thèse, ô combien malpensante, que dessinent Ivan Rioufol et Alexandre Adler

l'Europe de van Rompuy ou la stratégie du gagne-petit

Au terme d’une longue et chaotique marche vers l’adoption du traité de Lisbonne, le Belge Herman van Rompuy a finalement été nommé vendredi 19 novembre au poste de premier Président stable de l’Union Européenne par les vingt-sept représentants des pays membres.

Cette nomination vient clore un statu quo initié le 29 mai 2005 lorsque la France créait la stupeur en disant non au traité constitutionnel européen. Un non qui fut suivi quelques jours plus tard par celui des électeurs hollandais. Assorti à cette nomination, l’Europe se dote d’un Haut représentant à la diplomatie dont l’exercice a été confié à la Britannique Catherine Ashton et qui devrait permettre à l’Union de parler d’une même voix au reste du monde, pour la première fois de son histoire. D’une durée de deux ans et demi renouvelable une fois, le mandat du futur ex-Premier ministre belge prendra effet le 1e janvier 2010 et devrait permettre de renforcer le poids de l’Europe sur la scène internationale.

Ce choix n’a hélas satisfait ni les eurosceptiques pour qui le traité de Lisbonne est par essence une hérésie, ni les europhiles qui ne voient dans le couple van Rompuy/Ashton que l’expression d’une ambition trop modeste au regard des possibilités offertes par cette nouvelle architecture. L’eternel défaut de la solution de compromis qui s’expose à la vindicte du  « trop/pas assez ». Herman van Rompuy a déjà fait savoir qu’il entendait ne jouer au sein de l’Union qu’un rôle discret, tandis que sa représentante à la diplomatie, peu au fait de la politique étrangère, aborde son poste dépourvue hélas d’une vraie compétence et donc d’une vraie crédibilité.

Les Européens ont privilégie la solution du moindre risque, ou à tout le moins, du moindre dérangement. Car si le nouveau Président de l’Union européenne s’est fait une spécialité de trouver le compromis entre différents interlocuteurs, il est aussi le candidat qui assure une relative tranquillité aux partenaires européens, soucieux de préserver leur indépendance diplomatique. Une fois de plus, les États membres ont fait le choix du gagne-petit. Plus exactement, ils ont fait un non-choix. Plutôt que de choisir une personnalité forte qui aurait pu imprimer sur la construction européenne une vraie vision et donc une direction, les représentants européens ont choisi un homme qui pourrait bien faire tapisserie, tant ses ambitions pour l’Union sont maigres. Et loin sans faut pour qu’une vision forte soit superflue.

DIVISER L’EUROPE POUR MIEUX REGNER

La fièvre de Obamania n’a pas épargné l’Europe, et un certain nombre d’Européens idolâtres ont largement plébiscité son élection, convaincus qu’étant issu de ce grand multiculturalisme qu’adule la pensée unique, « Il serait de notre côté ». Hélas, c’était sans compter le fait que le président Obama est Américain et il défend à ce titre les intérêts de l’Amérique. Cela semble logique, hélas, les consciences sont parfois rétives à accepter la réalité. Comment donc ? Un jeune président, démocrate, issu de la diversité (donc par nature bon et bienveillant), ne ferait pas passer l’Europe au premier rang de ses priorités ? Et bien non. Obama n’a pas fait de l’Union européenne la précellence de sa diplomatie et l’actualité s’est chargée de le rappeler durement à ses thuriféraires. Snobant coup sur coup les dirigeants européens lors des différents sommets qui ont eu lieu depuis son élection, esquivant la cérémonie de commémoration de la chute du mur de Berlin, puis entamant un tournée en Asie comme un client va chez son banquier, le président a montré clairement que l’Europe n’est pas un partenaire prioritaire dans la gestion des affaires du monde.

Il aurait d’ailleurs bien tort d’agir autrement. L’économiste Jean-Claude Casanova expliquait dans une longue chronique publiée dans Le Monde la semaine dernière que  les Européens n’ont toujours pas pris la mesure de l’ère « post-américaine » qui est la nôtre.  S’appuyant sur les travaux parus dans un rapport en 2009, « Towards a Post-American Europe : A Power Audit of EU-US Relations, ECFR », de Jeremy Shapiro et Nick Witney, il montre que l’Europe voit encore dans l’Amérique son protecteur, alors que celle-ci est passée de la domination au partenariat.  Lors de son premier voyage diplomatique sur le vieux continent, le président américain déclarait : «  Nous voulons des alliés forts. Nous ne nous considérons pas comme les patrons de l’Europe. Nous nous considérons comme les partenaires de l’Europe. » Et lorsque les partenaires sont faibles, le partenariat l’est également.  Ainsi les Européens doivent renoncer à placer la sécurité de leur continent entre les mains américaines et en finir avec l’illusion qu’il faut préserver cette relation spéciale que chaque pays entretiendrait personnellement avec les États-Unis. L’Europe est devenue complaisante vis-à-vis des relations transatlantiques. Il est donc impératif qu’elle fasse valloir ses intérêts propres et qu’elle défende ses positions qui ne sont pas nécessairement celles de l’Amérique.

Il faut donner tort notamment au président Obama lorsque celui-ci déclarait que « la relation entre la Chine et les États-Unis donnera sa forme au XXIe siècle. » Et pour donner tort à Barack Obama, les Européens n’ont d’autre choix que de créer non pas DES partenariats, mais UN partenariat États-Unis/Europe. Les traités qu’ils ont contractés ont permis aux pays membres de l’UE de faire émerger une puissance économique considérable sur le continent. L’Euro et l’espace Schengen sont autant de réussites qui nous permettent de peser massivement sur le cours des échanges mondiaux et d’amortir le poids des crises qui nous viennent de notre voisin outre-Atlantique. Il faut pousser cet avantage et le transposer au format politique. Il est évident que chaque pays membre de l’Union n’a de puissance qu’en tant qu’il est parti prenant de ce grand ensemble. Seuls, nous ne pesons plus rien dans la balance de la puissance mondiale.

Le rapport de Shapiro et Witney décrit comment l’administration américaine se nourrit des divisions européennes et les exploite à son avantage. On en voit les effets quand la Maison Blanche installe et retire des missiles sur le vieux contient au gré de ses intérêts sans que l’Union n’ait à donner son avis ou lorsque Chine et Etats-Unis harmonisent leur discours au sujet de l’environnement sans consultations des Européens. Jean-Claude Casanova cite dans son article Brant Scowcroft, ancien conseiller des administrations Ford et Bush père : « les Européens sont stratégiquement épuisés ». Ils sont surtout divisés là où il conviendrait de faire entendre une même voix. Les dossiers Afghans, iraniens, israélo-palestiniens sont autant de débats dans lesquels l’Union aurait plus de poids que les membres désunis. En outre, il devient urgent de repenser le rôle de l’OTAN, organisation anachronique car indexée sur les réalités de la guerre froide. Car la solution qui s’impose pour peser dans les décisions du futur est celle d’une défense commune et d’une vraie diplomatie européenne. Ces dossiers requièrent une volonté sans faille pour être menés jusqu’à leur terme. Une volonté, que Herman van Rompuy et Catherine Ashton ne seront probablement pas capables de porter.  Une nouvelle fois, les Européens renoncent à transformer l’essai acquis de haute lutte après l’adoption du traité de Lisbonne. Bien mal leur en a pris, car le monde, lui, n’attend pas et continuera à se jouer sans nous.

Retour sur l'ouvrage de Gilles Kepel : Fitna, Guerre au coeur de l'Islam


Le pari Nobel sur Barack Obama

1-u-s-president-elect-obama-makes-a-speech-on-the-economy-at-george-mason-university-in-fairfax-virginia_375Nombreuses furent les réactions de surprises (dont la mienne) et d’indignation parfois, face à l’attribution du prix Nobel 2009 de la Paix à Barack Obama, président des Etats-Unis d’Amérique. Les commentateurs américains proches du parti républicain n’ont pas manqué de dénoncer ce prix en arguant que Monsieur Obama n’a « rien accompli ». Ce prix donne également du grain à moudre à ceux qui accusent le président américain de « socialisme » et de connivence avec la gauche internationale. Un certain nombre de commentateurs européens ont relayé ce scepticisme en mettant en avant les résultats très maigres obtenus sur les dossiers israélo-palestiniens et iraniens par le président des Etats-Unis.  Quant aux opinions publiques, elles ont parfois été choquées par cette décision. Elle est  échaudées par l’idée qu’une fois de plus les puissants sont récompensés au détriment des petites mains anonymes qui agissent pour la paix à l’ombre des camps de réfugiés en Afrique et ailleurs, ou emprisonnées pour s’être élevées contre certains régimes dictatoriaux. Que penser de tout cela ? Barack Obama a-t-il hérité d’un prix non mérité ? Qu’a-t-il réellement fait ?

Les partisans républicains, remotivés et mobilisés contre le président Obama depuis le début de la bataille pour la réforme du système de santé, tirent à boulets rouges sur l'annonce de cette récompense. Il n’a rien accompli ? Pas si sûr si l’on tire un bilan rapide des dix premiers mois de sa présidence.  Il y a les actes concrets, matérialisés par des accords ou des traités et il y a les actes sur le terrain des idées. Barack Obama a accompli des gestes conséquents sur ces deux terrains et il semble que les opinions publiques, fébriles et impatientes, n’aient pas toujours bien mesuré l’importance de ces actes. Sur le plan des idées, le grand mérite du président Obama aura été de mettre fin à huit années d’unilatéralisme incarné par George W. Bush. Il était certes nécessaire de redéfinir la politique étrangère américaine après l’errance morale que constituèrent les deux mandats de Georges W. Bush. Guantanamo et Abu Ghraib sont autant d’erreurs qu’il fallait effacer. Cela n’allait cependant pas de soi et le président Obama a eu le courage de le faire.

Le grand moment diplomatique du début de présidence fut le discours du Caire lors duquel Barack Obama a renoué avec le monde arabe une relation qui était passée de l’incompréhension à l’hostilité ouverte après l’invasion de l’Irak par les troupes américaines. Ce discours a marqué une rupture fondamentale avec l’ère Georges Bush sur le plan diplomatique mais également idéologique. Le temps des néoconservateurs est terminé et il est apparu clairement que l’interventionnisme unilatéral des faucons de la Maison Blanche dont la grille de lecture n’a pas évolué depuis la guerre froide a mené les Etats-Unis bien loin de ses principes fondateurs. La démocratie s’intègre culturellement mal au Moyen-Orient et la tenue d’élections libres n’a pas empêché les violences, la corruption et la fraude électorale portant au pouvoir des hommes contestés et contestables. Le mérite du président américain est d’avoir su trouver les mots pour que le monde arabe et l’Amérique se regardent à nouveau. Il a parlé en chef d’Etat au sujet des relations internationales et il a parlé en homme d’ouverture et de tolérance quant à la compréhension de la culture du monde arabe.

Le deuxième temps fort diplomatique de Barack Obama fut de réintégrer la Russie dans la  lecture géostratégique de l’Amérique. Evincée et méprisée par l’administration Bush, la Russie s’est radicalisée dans une position autoritaire, repli sur elle-même attisé par l’installation du bouclier antimissile en Europe de l’Est. En renouant le dialogue avec la Russie et en mettant fin au plan de défense antimissile sur l’Europe de l’Est, le président américain a fait un geste fort en faveur du gouvernement russe. Du point de vue géopolitique, ce bouclier entrainait un grave déséquilibre dans une région encore fragile. En donnant un avantage décisif aux pays protégés par le  bouclier, la Maison Blanche remettait en question l’équilibre des forces nucléaires qui jusqu’à maintenant avait évité les conflits ouverts dans la région. Le bouclier mettait également en place une inutile mesure vexatoire dans la zone d’influence russe, source de nouvelles tensions. Il était impératif de ramener la Russie vers ses partenaires occidentaux. Qui plus est lorsqu’on sait l’influence de la Russie sur la question autrement plus préoccupante du nucléaire iranien. Barack Obama a eu cette intuition et tout semble indiquer qu’il a bien fait.

Dernier temps fort de la présidence américaine et critère décisif ayant mené à attribuer le Nobel au président américain : la question de la dénucléarisation.  "Le comité a attaché beaucoup d'importance à la vision et aux efforts d'Obama en vue d'un monde sans armes nucléaires", a déclaré le président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland. En effet,  Barack Obama a proposé en avril dernier lors du discours de Prague la vision d’un monde dénucléarisé, tout en admettant qu’il ne verrait probablement pas ce monde de son vivant :

"Les Etats-Unis, en tant que seule puissance nucléaire à avoir jamais utilisé une arme nucléaire, ont la responsabilité morale d'agir. (...) En conséquence, aujourd'hui je souligne clairement avec conviction l'engagement des Etats-Unis et son désir d'œuvrer en faveur de la paix et de la sécurité d'un monde sans armes nucléaires".

"Je ne suis pas naïf, cet objectif ne sera pas atteint rapidement, peut-être pas durant mon existence". Mais le "fatalisme" à ce sujet "est tout à fait contre-productif", ajoutait-il alors devant 30 000 personnes.

La vision du président Obama a été reprise en septembre dernier par la résolution 1887 du Conseil de Sécurité des Nation Unies, invitant tous les pays signataires du Traité de Non Prolifération à respecter leurs engagements et les pays non-membres et n’ayant pas la technologie nucléaire à rejoindre le TNP.

Beaucoup ont raillé la décision d’attribuer le prix Nobel au chef d’un Etat occupant militairement deux pays, dont le retrait programmé n’est toujours pas d’actualité. Que peut-on donc penser de ce prix Nobel ? Mérité ? Non mérité ?  Le débat semble insoluble. Ce qu’on peut dire en revanche, c’est que la commission d’attribution a fait un pari sur Obama. En attribuant ce prix à Obama, elle a voulu lui signifier tout le poids moral qui pèse sur ses épaules désormais.Le président américain a fait des gestes forts mais n’a pas encore obtenu de victoire diplomatique incontestée. Le travail sur les dossiers israélo-palestinien reste immense, tout comme sur le dossier iranien. Quant à la situation en Afghanistan, elle est complexe. Henry Kissinger appelait d'ailleurs à respecter la réflexion du président en lui laissant le temps de mesurer les conséquences de telle ou telle décision. De fait, le prix Nobel est plus une obligation morale qu’une récompense sur ses résultats. D’autres auraient sans doute mérité d'avantage ce prix. Mais ceux-ci n’ont pas la position d’Obama et ils n’ont pas à prendre les décisions qui devront être celles du président américain. Nous ne répondrons donc pas à la question : l’a-t-il vraiment mérité. La seule certitude,  c’est que ce prix est un encouragement à l’action et représente une véritable épée de Damoclès sur la tête du président qui ne manquera pas de tomber s’il échoue dans ses décisions futures.

Reste une double ambiguïté qui n’est pas levée. D’une part, le Nobel pratique une forme d’ingérence dans la politique étrangère américaine, peut-être au nomd’un embryon de gouvernance mondialisée qui influerait sur la diplomatie des Etats. En effet, l’attribution du prix à Barack Obama pose la question : est-ce l’homme ou le président qui a obtenu cette récompense ?  Si le prix est attribué au président, l’Amérique pourrait se voir obligée de rendre des comptes si la politique du président Obama ne suivait pas une ligne résolument pacifique. Rendre des comptes à qui et surtout au nom de quoi ? D’autre part, on peut se poser la question de la crédibilité du prix Nobel. C’est tout le problème de cette nomination qui ne récompense pas l’action d’un homme mais qui exerce une pression sur les décisions futures d’un chef d’Etat. Quelle valeur symbolique gardera cette récompense si celle-ci est attribué à des personnalités dont l’action est contestée ? Toutes ces questions restent en suspend. Quoi qu’il en soit, le président Obama s’est prévalu d’une trop grande dette envers la commission Nobel en affirmant qu’il restait envers et contre tout : “le commandant en chef d’un pays qui a une guerre à terminer”.

 

Cet article est également disponible à la lecture sur le blog Librement vôtre

Sommet du G20

La Sperm machine

Un labo britannique a réussi à fabriquer du sperme

Beurk à ....



Dans certains pays, la femme n'est vraiment pas grand chose !... La religion est un alibi bien pratique pour certains extrémistes des Cultes...

La Turquie peut-elle être européenne ? Pourquoi se battre pour que la Turquie rejoigne l'union européenne ?

Pourquoi se battre pour que la Turquie rejoigne l'union européenne?

Parce que l'union européenne ne doit pas être une prison géographique, un prison de privilégiés exploitant le reste du monde, une déclinaison supra étatique de la xénophobie et de l'obscurantisme.

Parce que l'union européenne est un rêve d'un monde sans guerre, d'un monde aux valeurs universelles que doivent être en possibilité de rejoindre toutes les démocraties aspirant à partager les mêmes valeurs humanistes.

Parce que l'union européenne, en fermant ses portes, condamne le monde. Parce que l'union européenne, en ouvrant ses portes peut changer le monde.

Nos civilisations seront ouvertes où nous favoriserons les retours aux pires barbaries.

François Mingata NICOLAS www.myspace.com/mingata