Paris est une fête (Ernest HEMINGWAY : 1899-1961)
La littérature américaine : Nobel 2
Ils sont trois à avoir eu le Prix Nobel. FAULKNER, HEMINGWAY, STEINBECK. Nous leur avons déjà consacré à chacun, cinq articles dans le numéro qui leur était réservé. Pour le plaisir et pour avoir un meilleur aperçu de leur oeuvre, nous vous en proposons d’autres qui concluront notre cycle sur la littérature américaine.
Prix Nobel en 1961, Ernest HEMINGWAY est un auteur de renommée mondiale. « Le soleil se lève aussi » le place d’emblée comme la figure de proue de la « Génération perdue ». Vers 1936, il commente la Guerre d’Espagne et parcourt le monde. « Pour qui sonne le glas », « Les neiges du Kilimandjaro », « L’adieu aux armes », etc. sont plébiscités par le grand public.« Paris est une fête » est une oeuvre bibliographique qui nous décrit la vie de Hemingway pendant les années 20, c’est-à-dire à une époque où il n’est pas encore connu.
Il y rencontre des grandes personnalités qui ont marqué les lettres et les arts, mais deux d’entre elles échappent du lot.
Tout d’abord, il y a Gertrude Stein, dont le portrait assez caricatural qu’en fait l’auteur, prête à sourire. Aussi marginale dans sa tenue vestimentaire que dans ses écrits, celle-ci est présentée comme un véritable tyran.
Bien que se prétendant écrivain, Gertrude Stein n’aime pas se relire et on la comprend ! Elle préfèrera confier les jeux d’épreuves à Hemingway qui, plus tard, nous racontera l’anecdote qui attribue l’expression de « Génération perdue » à Madame Stein.
En fait, il n’en est rien. Un mécanicien aurait refusé de réparer la vieille Ford de l’auteur d’Ida en priorité, et l’expression, soulignée seulement par Gertrude Stein, appartient au patron de ce garage.
Le deuxième personnage qui marquera la vie d’Hemingway, est Francis Scott Fitzgerald. La scène mémorable du thermomètre, ses immondes beuveries en font un personnage peu recommandable.
Fitzgerald, c’est aussi un ami fidèle de notre auteur, du moins quand il est à jeun, comme le précise Hemingway. C’est aussi l’amoureux de Zelda, sa muse et son épouse.
Buveuse invétérée, ils chercheront à s’enivrer chorus. Malheureusement, lorsque Scott tentera d’écrire, elle le lui reprochera. Et pour conclure le drame qu’aura été la vie de Francis Scott Fitzgerald, elle disparaîtra avant lui.
On retrouve donc chez ce couple, ce qui a fait le succès des grandes oeuvres de cet auteur. Mais lorsqu’il le fréquente, Hemingway ne sait pas encore que l’alcool sera pour lui aussi, un élément qui marquera sa vie.
« Paris est une fête » est la genèse de la Génération perdue à laquelle appartiennent évidemment Hemingway, Gertrude Stein, Scott Fitzgerald. Mouvement littéraire ou artistique ?
On a du mal à trouver des points communs entre Gertrude Stein et un autre auteur. En revanche, on pourrait adjoindre à celle-ci des peintres tels que Picasso, Braque, Miro’.
La génération perdue n’est-elle pas simplement le tout Paris de l’époque. Ou encore plus simplement, ceux qui ont été sous les drapeaux en 1914/18 ?
Un livre pour les amateurs de littérature.
René MORIN
CHAMPS DE LECTURE :
Le lecteur soucieux d’approfondir le sujet pourra également consulter :
1. Le soleil se lève aussi. C’est le premier roman d’Hemingway. Il correspond à cette époque de la vie de l’auteur.
2. Les chapitres IV à IX de la première partie de « Iles à la dérive » qui correspondent également à cette période, mais qui insistent surtout sur les relations que l’auteur entretenait avec James Joyce.
3. N’importe quelle oeuvre de Gertrude STEIN pour avoir une idée de ce que Hemingway appelait pudiquement des « répétitions »
4. Les deux articles sur Gertrude STEIN de l’écho du village n°343.
5. Les cinq articles sur Francis SCOTT FITZGERALD de l’écho du village n°327
6. Lire « Le dernier Nabab » de Francis SCOTT FITZGERALD, c’est-à-dire le roman inachevé dont il est question, ici.
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