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n°357 - 15 Juin 2007
Rubrique Edition technique animée par amiel

Richard Stallman et les systèmes Gnu/Linux


Linux d'accord, mais Gnu pourquoi?

Il n'est plus vraiment nécessaire de présenter Linux. Ce système d'exploitation réputé stable et performant, longtemps réservé aux informaticiens éclairés, a acquis sa renommée en se permettant de défier le standard mondial Windows de Microsoft. Cependant, Linux à dû être associé à un autre projet avant d'arriver sur nos ordinateurs, le projet GNU.

Le projet Gnu a pour père Richard Stallman et pour mère une imprimante laser capricieuse. La rencontre à lieu à l'institut de Technologie du Massachusset ou Richard est programmeur dans les année 70. Les laboratoires du MIT sont un peu un jardin d'Eden où il suffit de demander les sources d'un programme pour les obtenir. L'arrivée d'une imprimante Laser d'un grand constructeur censé apporter plus de confort aux chercheurs va chasser Richard du paradis.

Bien qu'à la pointe de l'innovation, un problème de conception dans le programme de l'imprimante freine la productivité du laboratoire. Richard Stallman était alors chargé d'améliorer et corriger les programmes défaillants, ce qu'il avait déjà fait avec les imprimantes précédentes en modifiant le code source.

Pourtant, tout ne se passe pas comme prévu. Le constructeur refuse de communiquer ce code source sous licence propriétaire. Frustré, Stallman renonce et le personnel s'adapte aux défauts de la machine qui dicte sa loi aux programmeurs du MIT! Alors que l'histoire aurait du s'arrêter là, Richard Stallman apprend qu'un homologue d'une autre université possède ce précieux code. Habitué à échanger ses travaux avec les autres chercheurs, il reste bouche bée quand il essuie un refus. Un accord de non diffusion avec le constructeur de l'imprimante interdit le partage des travaux entre les deux instituts. Pour Richard Stallman, la recherche scientifique n'a de sens que si les découvertes et les moyens d'y parvenir sont à la disposition de tous et l'idée de garder pour lui une solution qui pourrait servir aux autres n'est pas admissible pour un chercheur respectable.

Dans le même temps, le matériel du laboratoire du MIT est renouvelé et le système d'exploitation qu'il utilise à été écrit spécifiquement pour l'ancien matériel. Le nouveau système impose à Richard de signer un contrat de non diffusion.

C'est là que germe dans son esprit l'idée d'un système d'exploitation libre dont le développement et la diffusion serait basé sur la collaboration. En plus de bien fonctionner ce système doit fonctionner sur un large éventails d'ordinateurs, car la compatibilité permettrait l'émergence d'une communauté de développeurs sans quoi rien ne serait possible. Les diverses considérations techniques font que le nouveau système aurait les fonctionnalités du système propriétaire Unix, le plus apte à fonctionner sur plusieurs plate formes.

Le nom du nouveau né à venir sera Gnu. En plus d'être difficilement prononçable dans la majorité des langues Gnu est un acronyme récursif. Un nom barbare pour une idée tordue d'informaticien qui consiste à désigner le logiciel par ce qu'il n'est pas. Explication: quand un produit est lancé, son nom doit éclairer l'acheteur potentiel sur sa fonction. Par exemple les donnée mise en mémoire sur un disque compact se dénomme CD-ROM (Compact Disc - Read Only Memory). Cependant une habitude propre aux informaticien qui se préoccupent peu de savoir si l'appellation est pertinente ou non commercialement consiste à nommer leur création en signifiant: ce programme n'est pas le programme dont il assume la fonction. Le projet de Stallman a les fonctionnalités de Unix mais n'est pas Unix (is Not Unix), il a donc rajouté un G devant pour obtenir un consonance amusante et donne: Gnu is Not Unix.

Emacs le premier programme écrit pour Gnu connaît une certaine notoriété au-delà du MIT mais les programmeurs intéressés n'ont pas tous accès au réseau. d'autre part Richard à dû démissionner car les travaux des chercheurs appartiennent à l'institut et Richard veut justement créer un système dont personne ne puisse revendiquer la propriété.

Même s'il est autorisé à utiliser les laboratoires du MIT pour mener son projet il n'a plus de financement. Sans réseaux et sans moyens financiers, Richard se voit contraint de fournir ses travaux sur support magnétique assez coûteux, l'obligeant à vendre les copies.

Au début des année 90, Gnu est devenu un système complet possédant la plus grande partie des fonctions pour lesquelles il est destiné et le noyau Hurd (acronyme récursif de Hird of Unix-Replacing Daemons) qui contient notamment l'interface entre l'utilisateur et la machine est en développement. Mais les choix techniques établis avant la programmation de ce noyau n'ont pas été pertinents et celui-ci peine à aboutir.

C'est alors qu'apparaît un noyau moins ambitieux techniquement mais totalement fonctionnel développé par Linus Torvalds étudiant à l'université d'Helsinki. Ce noyau open-source à d'ailleurs été développé dans l'esprit du logiciel libre et de nombreux programmeurs y ont apporté leurs améliorations pour aboutir à Linux. Au point que certains d'entre eux ont réussit à combiner le noyau Linux et le système Gnu pour créer un système complet aboutissant au mariage de raison Gnu/Linux. Aujourd'hui de nombreuses distributions Gnu/Linux ont vu le jour et Richard Stallman à plus que tenu son pari.

Pour conclure il reste un point à éclaircir, celui de la vente des copies d'Emac pour financer le projet Gnu. Vendre ne serait-ce qu'une seule copie d'un logiciel libre que n'importe qui pouvait se procurer, recopier et revendre à un prix inférieur semblait tenir de l'absurde, d'autant que le prix de la copie fixé à 150$ était bien inférieur à son coût de développement. Stallman semblait avoir tué son projet économiquement.

Pourtant, l'idée de logiciel libre avait fait son chemin et rallié de nombreux partisans, et finalement la vente de dix copies a permis non seulement la poursuite du projet, mais montré que les logiciels libres pouvaient désobéir aux les règles du marché, en s'appuyant sur le soutient de leur communauté.


dagtorq@yahoo.fr



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