Le transfuge (Richard WRIGHT : 1908-1960)
La littérature américaine : 39/39
Isaac ASIMOV, Edgar R. BURROUGHS, William S. BURROUGHS, James M. CAIN, Truman CAPOTE, CHANDLER, Philip K. DICK, DOS PASSOS, FANTE, FAULKNER, FITZGERALD, HAMMETT, HEMINGWAY, HIGGINGS CLARK, William HJORSTBERG, Henry JAMES, Jack KEROUAC, Stephen KING, Norman MAILER, MATHESON, Horace McCOY, Henry MILLER, Philip ROTH, Gertrude STEIN, STEINBECK, Tom WOLFE, Richard WRIGHT, etc. Ils sont tous les dignes successeurs d’Edgar POE et contribuent au rayonnement et à la diversité de la culture américaine.
Richard WRIGHT est un auteur noir. Toute son oeuvre est un témoignage que l’on pourrait étendre aux minorités... Etre juif, être noir, être gitan, etc., c’est tout cela que nous décrit WRIGHT... Romans ou nouvelles, il y a toujours un vécu à l’origine. « Black boy », le plus connu de ses romans a un titre assez significatif de cet état d’être.
« Le transfuge » est encore une de ces oeuvres majestueuses dont Wright a le secret. On y trouve des thèmes qui lui sont chers : la neige, le froid, les postes, etc., mais chez cet auteur qui a constamment quelque chose à dire, on ne s’en lasse pas.
Cross Damon, marié, père de trois enfants, vient de séduire une fille de seize ans. Celle-ci attend un enfant de lui. Il lui proposera d’avorter, mais celle-ci ne veut rien savoir. Elle sait que la loi considère son amant, comme un violeur sur une personne mineure.
Mais si Cross Damon, se conduit si mal avec les femmes, le destin lui offre une deuxième chance. Un accident de métro le fait passer pour mort, et c’est à lui de revivre sous une nouvelle identité.
Pour garder le secret, il devra éliminer un de ses anciens collègues qui l’avait reconnu, et se débarrasser d’une fille qui pourrait devenir un dangereux témoin. Il la laissera prendre le car en direction de Denver.
C’est alors qu’après bien des péripéties, il entre en relation avec le parti communiste. De sang froid, il tue simultanément celui qui l’hébergeait et son propriétaire, un fasciste qui ne supporte pas les noirs. L’enquête piétine mais un nouveau rebondissement interviendra. La mort d’un des membres du Comité Central ranimera les soupçons. Seul, l’Attorney du District (procureur), Houston, parviendra à cerner la personnalité de Cross Damon. Mais ceci ne lui suffira pas pour le faire condamner, car il sait que le monde n’est pas prêt pour croire que des personnages comme ce quadruple assassin existe.
Le face à face entre ce District Attorney et Cross Damon est sans doute, un des plus beaux extraits de la littérature mondiale.
On peut déplorer une mauvaise entrée en matière dans ce roman. Dans la postface de « Un enfant du pays », Wright avoue d’ailleurs que c’est un de ses points faibles. Ici, elle est encore plus médiocre. Mais Wright sait donner une véritable impulsion à ses romans. Entre le roman noir, et le roman psychologique, son style dépasse largement Truman Capote, Higgins Clark, Henry James.
Les personnages de Wright sont humains. Leur caractère apparaît au fil des pages, mais ce ne sont que les circonstances qui les feront passer à l’acte. Dans un autre roman, Wright dit qu’il a étudié Proust, mais ici comme dans « Un enfant du pays », l’élève a dépassé le maître.
Une intrigue captivante, des personnages fascinants, c’est le cocktail réussite de Wright.
René MORIN
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