Une faim d’égalité (Richard WRIGHT : 1908-1960)
La littérature américaine : 39/39
Isaac ASIMOV, Edgar R. BURROUGHS, William S. BURROUGHS, James M. CAIN, Truman CAPOTE, CHANDLER, Philip K. DICK, DOS PASSOS, FANTE, FAULKNER, FITZGERALD, HAMMETT, HEMINGWAY, HIGGINGS CLARK, William HJORSTBERG, Henry JAMES, Jack KEROUAC, Stephen KING, Norman MAILER, MATHESON, Horace McCOY, Henry MILLER, Philip ROTH, Gertrude STEIN, STEINBECK, Tom WOLFE, Richard WRIGHT, etc. Ils sont tous les dignes successeurs d’Edgar POE et contribuent au rayonnement et à la diversité de la culture américaine.
Richard WRIGHT est un auteur noir. Toute son oeuvre est un témoignage que l’on pourrait étendre aux minorités... Etre juif, être noir, être gitan, etc., c’est tout cela que nous décrit WRIGHT... Romans ou nouvelles, il y a toujours un vécu à l’origine. « Black boy », le plus connu de ses romans a un titre assez significatif de cet état d’être.
« Une faim d’égalité » est la deuxième partie de l’autobiographie de Richard WRIGHT. On y retrouve des anecdotes relatées dans « Black boy », mais l’originalité du texte repose sur son arrivée à Chicago, ville où la ségrégation est plus discrète que dans le Sud, et surtout, sur ses amours malheureuses avec le parti communiste.
Le Chicago des années 20, c’est le Chicago de la grande crise. Richard Wright doit y apprendre à vivre avec les blancs, sans les craindre. Dans le parti communiste, ils iront encore plus loin puisqu’ils le considèreront comme un camarade à part entière. Il parviendra même à se faire élire malgré lui, président d’une cellule.
Mais Richard n’en est pas plus soumis pour autant. Ses sympathies pour le parti ne changeront pas. En revanche, c’est la conception de la politique de celui-ci qui le heurtera. Les raisonnements simplistes destinés à toucher le plus grand nombre, l’inhumanité d’un appareil politique face à des êtres humains le choqueront.
Mais le parti communiste est le seul à vouloir changer l’ordre des choses, et c’est pour cette raison qu’il restera l’unique espoir des idéaux de Wright.
Malheureusement, le parti réquisitionne. S’il demande quelque chose, on ne le lui refuse pas.
Déjà tendues parce que Wright privilégie les intellectuels, leurs relations iront en se détériorant. L’auteur acceptera à contrecœur d’abandonner la rédaction d’un de ses romans pour faire des statistiques sur le prix de la viande de porc.
Mais le parti n’est pas encore satisfait. Il lui impose d’assister au procès d’un de ses rivaux politiques. Cette cérémonie n’est qu’une mascarade, mais elle aboutit à la déchéance d’un homme sans qu’aucun moyen illégal ne soit employé...
Finalement, la tension sera telle que des manifestants repousseront violemment Richard Wright, lors d’un défilé du Premier Mai.
Un livre intéressant pour comprendre le communisme noir, puis le communisme en général.
Le regard qu’apporte l’auteur sur ce mouvement est impartial. La doctrine naît de l’espoir d’un monde plus juste, mais elle ne connaît pas l’opposition politique. Les intellectuels y sont bannis et le mot « Trotskyste » suffit à briser un homme.
Un livre intéressant.
René MORIN
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