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L'Echo du Village - Accueil n°350 - Jeudi 9 mars 2006
Rubrique L'actu animée par Aggie


Le CPE déplait, de Villepin régresse
La France, elle m'a laissé tomber

Le ministre au parlé fleuri comme le signalait un internaute, perd 11% dans les sondages. Le CPE déplait… peut-on s’en étonner ? NON ! Ce qu’il faut savoir c’est que dans les manifestations de rue du 7 mars, si les jeunes étaient majoritaires, d’autres personnes étaient présentent. La France se veut concurrente des pays voisins au-delà même de l’Europe. Qui en font les frais ? Le patronnât ou les personnes qui peuvent vendre leurs forces et compétences aux entreprises ? A vous de juger, le futur CPE sur les résultats de son grand frère le CNE.

Ainsi tous les plus de 26 ans, chômeurs et précaires, eux aussi souhaiteraient voir aboutir des dispositifs législatifs un peu plus populaires. Avec la demande de retrait du CPE, c’est également le retrait du CNE qui est demandé. Quand on sait aujourd’hui que se sont majoritairement les TPE (très petites entreprises) qui embauchent, les chercheurs d’emplois se sentent floués, méprisés pour ne pas dire plus !

G. nous donne sont point de vue : « à vouloir embaucher des débutants sans souci de les faire évoluer, il faut pas être surpris du manque de compétences voire du manque total de motivation, d'où cette mentalité "petit joueur du dimanche" de certains employeurs. Je veux le meilleur mais au rabais »

J. stagiaire nous refile ses astuces : « Tant que les jeunes accepteront de se faire marcher sur les pieds de la sorte il y aura des abus. Voici un exemple prometteur, le mien. Je suis à ma place depuis plus d’une heure et je n’ai pas encore commencé à travailler. Je suis payé 0,5 SMIC, j’adapte ma productivité en conséquence.

P parle au nom du patronnât : « alors que ce sont les entreprises, donc le privé qui sont seuls véritablement capables de les créer. Aussi il leur faut de la souplesse, pouvoir licencier si besoin, pour retrouver le goût du risque d'embauche. C'est une question d'équilibre. »

Le C-83 chômeur : « j ai commencer a travailler à l’âge de 16 ans depuis j ai effectué multiples emplois : de la livraison en électroménager en passant par l’ameublement et voir même dans la messagerie et la vente en pme, comme tu peux le lire et le voir depuis que je travaille je n ai pas chômé. pour moi le cne comme le cpe c’est de la mdr et n’apportera pas plus d emplois, mais plus de précarité, paupérisation, misère, galère je souhaiterai savoir quelle est ton expérience à toi ! un salarié privé d emploi (chômeur) »

La-Blu : « La différence entre un CDD et ce "truc", c'est qu'un CDD tu sais QUAND il s'arrête et tu peux prendre tes dispositions pour continuer à chercher un emploi pour "après". Le "truc" tu crois qu'il va être un CDI et pendant 2 ans on peut te faire croire que tu feras l'affaire et AURA ton CDI. Seulement, du jour au lendemain on peut te foutre dehors : un CDD : NON !!!! »

IFOP institut de sondages : « Pour 62% des français le CPE va accroître la précarité des jeunes. 35% pensent qu’au contraire cela va aider et 3% sont sans opinions.»

Afin de se faire une idée de ce que va être l’avenir pour les jeunes qui seront obligés de signer un CPE, nous sommes allés consulter un sondage sur le CNE. Le contrat nouvelle embauche est le grand frère du CPE, entré en vigueur en plein mois d’août et sans légifération, sur simple amendement.


La France compte 2,4 millions de très petites entreprises, autant dire que ce sondage ne reste qu’une approximation, mais révèle tout de même la faiblesse de ce type de contrat.

Souvent soumis à l’économie de marché, offrant tout un tas de facilités de débauches, moins cher que l’emploi d’un intérimaire ou moins coûteux qu’une fin de CDD, les petits patrons applaudissent à deux mains, à défaut de ne pas en avoir plus.

On l’a souvent vu, la hantise des petits patrons ce sont les syndicalistes, les revendicateurs, etc. Aujourd’hui avec le CNE ils se sentent rassurés et protégés. A tord car les syndiqués sont rarement dans les TPE ! De plus le petit patronnât est ignorant du paysage syndical de l’hexagone, il méconnaît le chiffre de 8% que ne représente plus que le nombre de syndiqués français.

De même que dans l’esprit du petit patronnât, les chômeurs sont fatalement des gens qui refusent de travailler. Omettant volontiers la crise de la consommation qui parcourt le pays, les délocalisations des grosses entreprises, les privatisations, les licenciements boursiers, qui jettent régulièrement sur le pavé et au chômage un grand nombre de personnes en âge de travailler.

Le chômage est créé de toute pièce par « l’entreprise », c’est un fait qui est voulu à un très haut niveau économique et politique. C’est bien connu, pour générer le besoin, il faut créer le manque.

Mais le petit chef d’entreprise se penche rarement avec un esprit impartial sur ce genre de détails plutôt embarrassant pour lui ! D’ailleurs le patron d’une TPE n’est pas très éloigné dans ses contingences et modes de réflexions quotidiennes du salarié moyen. Télévision, les derniers potins du quartier, restaurant, vacances restent ses préoccupations premières, après avoir payé l’URSAFF et autres taxes.


Voyons à la loupe et en chiffres les résultats sur le CNE


Ce sondage a été réalisé en décembre de l’année dernière, alors que le CNE avait à peu près 4 mois d’existence. Ce sont 354 entreprises, de 0 à 19 salariés, qui ont accepté de répondre.

En ce qui concerne le CNE, l’IFOP nous apprend qu’en France : « *On dénombre en France 2 400 000 TPE, soit 96% des entreprises françaises. Elles emploient 4 000 000 de salariés, ce qui représente 37% des emplois du secteur concurrentiel. »

Sur 354 entreprises interrogées :
- 40% auraient signé une CDI avec le partenaire salarié
- 28% un CDD
- les autres des contrats d’apprentissage et divers formes d’embauche

300 petits patrons ont accepté de répondre à la question :

Pourquoi avez-vous choisi le contrat nouvelle embauche ?
- 55 pour embaucher sans prendre de risques si l’activité ralentie
- 51 pour tester les compétences de la personne pendant plus longtemps
- 46 pour éviter les contraintes du CDI en matière de licenciement
- 21 pour éviter les contraintes du CDD
- 3 pour d’autres raisons
Les autres n’ayant pas voulu répondre.

Il faut noter que ces embauches concernent à 97% des personnes non cadres. Que les embauchés ont en moyenne 28 ans, dont 53% pour la tranche d’âge entre 21 et 30 ans. 18% ont moins de 21 ans et seulement 6% 46 ans et plus.

78% possède un niveau d’étude inférieur au BAC, 19% ont le BAC et 10% ont BAC+

35% des patrons de TPE ont transformé un contrat existant :
44% étaient en CDD dans l’entreprise, 35% en contrat d’apprentissage, 8% en stage et autres non précisés.

Les autres patrons (65%) ont choisi l’embauche pur et simple :
- 47% de chômeurs
- 9% de RMI
- 23% en CDD ailleurs
- 17% en stage dans une autre entreprise
- 4% ne sont pas prononcés

300 petits patrons pensent que lors de la présentation du CNE 90% des nouveaux recrutés n’étaient plutôt pas réticents à ce contrat !

Sur les 12% de CNE rompus depuis août 2005 jusqu’à décembre 2005, 52% seraient à l’initiative du salarié, et 44% à celle de l’employeur. 4% ne se prononcent pas !

En décembre quelles étaient les intentions de conserver les CNE pour les 3 mois à venir ?
- 87% étaient favorables
- 9% ne savaient pas
- 4% ont répondu franchement « NON »

Sur les 87%, 48% ne savent pas encore s’ils donneront du travail encore dans 2 ans, 43% affirment qu’ils conserveront leurs salariés, et 9% disent NON !

7 mars 2005 la rue et des ministres se sont exprimés


De 400.000 à un million de manifestants pour dire non au CPE. 200 000 manifestants rien que pour Paris.

En chute de 11 points, de Villepin est à 41% d'opinions favorables, selon le sondage mensuel IFOP/Paris Match. Néanmoins il persiste et signe en réaffirmant à l'Assemblée nationale qu'il n'entendait pas revenir en arrière :"refuse l'immobilisme" mais précise qu’il respecte les peurs qui s'expriment !

Alors que les enseignants étaient environ 18,80% à faire grève pour la revalorisation de leurs salaires et leur pouvoir d’achat, en février dernier. Hier, ils n’étaient que 9,60% à défendre leurs élèves futurs appelés à la vie civile… Sans commentaires !


Gilles de Robien, ministre de l’éducation, lui s’insurge contre les facs en grèves, 20 sur les 85. Profitant du fait que les média donne la paroles aux gens du gouvernement, il s’est exprimé sur les antennes d’Europe1 : "Je dis que ce sont des actes qui ne sont pas admissibles". Il craindrait des affrontements entres étudiants… Se souviendrait-il des jours qui ont précédé « Mai 68 » époque où certains de ses petits copains et collègues ministres et ex-ministres usaient leurs fonds de culottes sur les chaises des facs ?


En conclusion
Nous sommes face un deux ministres d’un gouvernement qui se sentent légitimisés par le vote massif en faveur de Jacques Chirac aux dernières présidentielles. Avec plus de 300 députés à l’Assemblée, ils peuvent faire la pluie et le beau temps. Malgré tout, une bonne chose pour l’avenir, si demain c’était un vrai parti de gauche qui venait à être élu, les entreprises ne pourront plus délocaliser au nom d’un gouvernement gauchiste. Le quinquennat UMP nous aura apporté son lot de fusions, délocalisations, OPA, rendant le concept « travail » obsolète ! A tel point que monsieur de Villepin est obligé d'adapter la précarisation sous forme de contrat. Nous avons tous en mémoire les fabuleurs propos de Laurence Parisot : "La santé est précaire, l'amour est précaire, il n'y a pas de raison que le travail ne le soit pas!"


Aujourd’hui alors que tout ce que la France compte de partis politiques de droite, patrons et petits patrons, s’insurgent et se scandalisent contre «le tout gratuit», il est curieux de constater que pour ces mêmes gens le travail sous payés, sous estimé, et parfois pas payé ne les choque pas.
Mais avec les salaires et la précarité de l’emploi, est-il si anormal de donner la préférence aux articles (services, objets, etc.) gratuits ?

Il faut arrêter la prolifération de propos insensés et surtout expliquer aux dirigeants d’entreprises qui n’ont pas les moyens de partir œuvrer à l’étranger, que nous sommes embarqués sur le même bateau ! Tôt ou tard ça va péter ! On ne pousse pas les gens à la misère sans un retour de manivelle. Combien de commerces vont fermer leurs portes cette année ? Combien de TPE vont se casser la figure ? Combien de licenciements boursiers vont intervenir ? Et surtout pourquoi ?

Moins l’on a de moyens financiers, moins l’on consomme. Tous ces contrats et licenciements conduisent leurs donneurs d’ordre à scier la branche sur laquelle ils sont assis. Le même bateau ou même panier de crabes, c’est selon…




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L'auteur
Mireille
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