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L'Echo du Village - Accueil n°342 - Jeudi 12 mai 2005
Rubrique société animée par Gerard Georges BRETON assistée par Hio-Tin-Vho


La Chine
Face cachée d'un pays ouvert sur l'international

Depuis maintenant plus d'un an, la Chine est à l'honneur en France comme ailleurs. On vante son ouverture béante sur le monde et son modernisme naissant. Il reste pourtant quelques tâches noires indélébiles qui sâlissent cette lueur d'espoir.

La Chine est en plein essor économique. Il suffit de se promener dans les rues pour en réaliser l'empleur. Les constructions fleurissent un peu partout, les anciens quartiers sont rasés et refaits à neuf intégralement, on multiplie les nouveaux logements dans les grandes villes, on développe les voies de communication. Pékin en est à son 6ème périphérique, Shanghai est parcellé par des voies rapides aériennes construites de façon anarchiques; le développement économique semble être plus rapide que la construction des structures nécessaires à l'accueil d'un tel développement.
Les investissements étrangers sont de plus en plus nombreux. La France occupe la 6ème place derrière l'Allemagne, la grande Bretagne, les Etats Unis... Le gouvernement encourage l'accueil de nouveaux capitaux étrangers et chaque jours les demandes fusent pour la création de nouvelles entreprises étrangères.

Malgré ce modernisme naissant et cette ouverture béante sur le reste du monde, la Chine traîne quelques vieilles reliques datant de l'époque communiste. les chinois n'ont pas encore nécessairement assimilé les notions de capitalisme et Mao reste un symbole fort de l'histoire chinoise. Les professeurs universitaires sont fiers de déballer les nombreuses réformes mises en place depuis l'ère communiste et vante la création de la constitution chinoise. Toute fois, ils ne trouvent pas choquant de définir le système politique chinois comme étant une dictature démocratique populaire. traduisez par là, selon leurs dires, un Etat socialiste controlé par les travailleurs et fondée sur leur alliance. Ca laisse perplexe.

Pour la plupart d'entre eux la censure n'existe plus en Chine. Les moyens de contrôle s'avèrent pourtant être de plus en plus sophistiqués et le développement de l'internet semble poser un réel problème au gouvernement chinois. Les connexions internet sont toujours aussi lentes malgré les gros progrès technologiques réalisés par la Chine et la demande accrue des dernières années. Le nombre d'abonnement à l'internet ne cesse d'augmenter depuis quatre ans. Dans les universités, les connexions sont volontairement limités et des sites sont intégralement censurés. entendez par là que leur accès en est tout simplement bloqué. C'est la cas par exemple du site d'Amnesty international.
De la même façon, les chats et salons sont hautement contrôlés. De nombreux internautes se sont déjà vus traqués pour avoir tenu des propos allant à l'encontre du pouvoir mis en place.
Concernant la presse et les médias, la Chine regorge de journaux et de chaînes télévisées. Pour la plupart, ces médias sont des médias d'Etat. il semble donc facile de controler l'information. Les journaux télévisés passent à heure fixe et sont diffusés par les mêmes présentateurs sur les différentes chaînes. L'accès aux médias internationaux ne pose pas de réel problème au gouvernement chinois. L'anglais n'est pas encore courament parlé dans la plupart des villes chinoises et les journaux et chaines câblées internationales coûtent cher pour un chinois moyen. L'accès à l'information est donc de ce fait, facilement limité et controlé.

Le gouvernement chinois est fier de sa participation à l'OMC. C'est une preuve évidente des efforts fournis par la Chine pour tendre vers une économie de marché. Les accords signés avec l'OMC sont censés faciliter les investissents étrangers en Chine et autoriser les investissements à capitaux 100% étrangers. Toute fois, le gouvernement chinois continue à conseiller et préférer les joint venture comme mode d'entrée sur le marché chinois, mettant en avant les bénéfices d'un tel partenariat (connaissance du marché et de la culture chinoise, soutien au près des administrations...). Les investissements à capitaux 100% étrangers sont soumis à diverses lenteurs administratives retardant les échéanciers. Les coûts financiers sont souvent lourds et une entente parfaite avec le gouvernement chinois est nécessaire. Certains secteurs se voient leur demande refusée (le secteur des médias par exemple est un secteur dont l'implantation est fortement déconseillée par le gouvernement chinois).

Le gouvernement chinois a encore la main mise sur de nombreuses entreprises. La privatisation est un phénomène assez récent en Chine et son développement assez lent. De ce fait, de nombreuses joint ventures sont encore réalisées en partenariat avec des entreprises publiques renforcant une fois de plus le rôle et la présence de l'Etat chinois dans l'économie et la gestion des entreprises.

Dans les grandes villes et au sein des universités, de nombreuses grosses berlines européennes et américaines sillonnent les rues. A qui appartiennent ces grosses voitures lorsqu'on sait qu'un ingénieur chinois gagne de 3000 à 5000 RMB par mois (compter 350 à 550 euros par mois)? le parti communiste est encore très puissant, même à Shanghai, la ville la plus moderne de Chine. De nombreux universitaires, industriels acteurs de la vie socio-culturelle sont fiers d'être membres du parti.

Dans les campagnes et les provinces éloignées, la vie est totalement différentes. Les gens sont coupés du monde. Personne à Shanghai ne sait réellement ce qui se passe à l'Ouest. En discutant avec des étudiantes chinoises, on se rend compte que personne n'a jamais entendu parler des trafics de sang et des contaminations. Une ville entièrement détruite par le SIDA est passée à la trappe.

Les avis sont nombreux et chacun arrive avec son point de vue. En Europe et ailleurs, on entend parler de choses infames, de violation des droits de l'homme, mais ici rien de tout ca. La vie suit son cours à Shanghai, la vie suit son cours à Pékin et personne ne semble se questionner, ou en tout cas personne n'en parle bien longtemps.

Antoine BOOTOINE
bootoine@free.fr


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L'auteur
Antoine BOOTOINE

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