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L'Echo du Village - Accueil n°338 - Jeudi 14 avril 2005
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Le Tour d’écrou (Henry JAMES : 1843-1916)
La littérature américaine : 23/39

La littérature américaine : 23/39

Auteur de nombreuses nouvelles (La Bête dans la jungle, L’Elève, Daisy Miller, etc.), Henry JAMES a également écrit des romans : Les Européens, Les ailes de la colombe, etc. Les deux genres lui ont valu sa renommée, mais il peut parfois passer pour un auteur rébarbatif.
Ses phrases sont aussi longues que celles de Proust, les propositions sont rarement séparées par des virgules, et les formes d’insistances sont souvent des répétitions.
Auteur fantastique (Le tour d’écrou, etc.) Henry JAMES est également quelqu’un qui a su imposer ses propres fantômes.

« Le Tour d’Ecrou » est l’un des romans les plus connus de Henry JAMES. Il a inspiré de nombreux cinéastes ou romanciers qui y ont vu, une mine d’or à approfondir.

La narratrice est recrutée par Mrs Grose. Elle sera gouvernante et aura la charge du petit Miles qui vient de se faire renvoyer de l’école, et de sa sœur Flora.
Comme dans beaucoup de romans et nouvelles fantastiques de Henry JAMES, la maison n’a rien de sinistre, mais dès le premier soir, une apparition se profile sur une tour.
Après sa description, la narratrice apprendra de la bouche de Mrs Grose qu’il s’agit de Quint, un ancien domestique retrouvé mort. L’homme avait très mauvaise réputation.
Curieusement, la patronne ne met pas en doute la parole de la narratrice. Et pourtant, on le verra par la suite, elle ne perçoit pas ces apparitions.

Bien différent est le cas de Miles qui suit ces apparitions. On apprendra que le petit garçon s’était lié d’amitié avec Quint.
Plus tard, une deuxième apparition vient compliquer la situation. C’est Miss Jessel, l’ancienne gouvernante qui tente de séduire Flora.

Les deux revenants tentent de détruire les enfants, selon les mots de la narratrice. Dans quel but ? Peut-être les invitent-ils dans l’autre monde, peut-être agissent-ils par simple cruauté.
Comment s’y prennent-ils ? Ils essaient d’attirer Miles et Flora dans des endroits dangereux : tour, lac, etc.

Les relations entre la narratrice est Miles sont de plus en plus scabreuses. Miles parle comme un adulte, ou plutôt Miles a l’air d’un adulte qui se dissimule sous un corps d’enfants. Toujours est-il que sa gouvernante semble en avoir peur. Comme si l’enfant était possédé par l’esprit de Quint.

Le cas de Flora est similaire. Lorsqu’elle ira rejoindre Miss Jessel sur le lac, les adultes arriveront à temps pour lui éviter un accident, mais la gamine rusera lorsque la narratrice montrera l’ombre qui la défie sur les eaux, car elle prétendra ne pas la voir. Comme Mrs Grose ne la remarquera pas non plus, et ce malgré la gouvernante, le sort de cette dernière paraît compromis.
Forte de cet essai, Flora ira jusqu’à tenter de chasser cette intruse, comme si la fille possédée par Miss Jessel en était jalouse. Il est vrai que lorsque Quint apparaît à la narratrice, c’est toujours avec un sourire presque bienveillant.

Mais finalement, la narratrice décidera d’affronter seule les revenants pour en sortir vainqueur.

« Le Tour d’écrou » est une des œuvres caractéristiques de JAMES. Les personnages y sont complètement cernés. Le lecteur n’aura que très peu de liberté pour étendre les caractères de la narratrice ou de Mrs Grose. En revanche, les ombres et les enfants seront une superposition de deux personnalités assez facilement discernables puisque l’âge les sépare. On connaîtra les traits des revenants : Miss Jessel est jalouse, elle sent une rivale. Quant à Quint, mauvais de son vivant, il fait un charme discret à cette étrangère, soit par son sourire, soit par le biais de l’enfant.

Un fantôme a besoin d’être mauvais disait JAMES en introduction. Mais avait-il vraiment besoin d’en accentuer les traits ? Vouloir tuer un enfant n’est-il pas un crime en soi ?

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René MORIN

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René

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