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L'Echo du Village - Accueil n°338 - Jeudi 14 avril 2005
Rubrique littérature animée par aucun responsable. Postulez !


La vie privée (Henry JAMES : 1843-1916)
La littérature américaine : 23/39

Cet article aurait dû paraître le 3 mars 2005

Auteur de nombreuses nouvelles (La Bête dans la jungle, L’Elève, Daisy Miller, etc.), Henry JAMES a également écrit des romans : Les Européens, Les ailes de la colombe, etc. Les deux genres lui ont valu sa renommée, mais il peut parfois passer pour un auteur rébarbatif.
Ses phrases sont aussi longues que celles de Proust, les propositions sont rarement séparées par des virgules, et les formes d’insistances sont souvent des répétitions.
Auteur fantastique (Le tour d’écrou, etc.) Henry JAMES est également quelqu’un qui a su imposer ses propres fantômes.

Un auteur à succès : Clare Wawdrey, une actrice renommée : Blanche Adney, Lord et Lady Mellifont accompagnent le narrateur dans cette histoire où le surnaturel joue un premier rôle.
« La vie privée » n’a pourtant pas la puissance d’autres romans ou nouvelles de JAMES. Les héros y sont peut-être trop nombreux pour être analysés en si peu de pages, et l’auteur a délaissé sa puissance pour se consacrer plus entièrement à l’histoire elle-même.
Avait-il une autre œuvre en tête ? Comptait-il y revenir par la suite ?

Ceux qui aiment Henry JAMES pour ce qu’il est, risquent d’être déçus. En revanche, les amateurs de fantastique y trouveront peut-être plus facilement leur compte.

Dans une réception où chacun fait connaissance de l’autre, Blanche Adney et le narrateur sont déçus par l’écrivain Clare Wawdrey. Celui-ci n’est qu’une pâle imitation de son nom.
Dans ces mêmes confidences, l’actrice prétend que Mellifont n’est qu’un demi personnage, mais c’est le cas Wawdrey est encore plus complexe…
Le narrateur surprend ce dernier dans sa chambre, au moment où il écrit… dans le noir.
Et, il l’apprendra ensuite, au moment au Blanche lui fait la causette sur la terrasse…
Wawdrey a-t-il un don d’ubiquité ?

Dans « La vie privée », les personnages ne sont ni bons ni méchants. Ils sont complexes, sans être compacts. On est loin des grands romans et nouvelles de JAMES où le caractère de chacun est n’évolue que dans le périmètre autorisé par leur auteur, et le lecteur sera donc plus libre d’imaginer qui ils sont.

Un texte grand public pour les amateurs de fantastique

René MORIN


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