| |

| L'hebdo |
LES ARCHIVES
LA REDACTION
AIDE ET CONSEILS
|
|
|
 |

Le jardin d’Eden (Ernest HEMINGWAY : 1899-1961)
La littérature américaine : 20/39
Cet article aurait dû paraître le 10 février 2005
HEMINGWAY a écrit « Les neiges du Kilimandjaro », « Le jardin d’Eden », « Pour qui sonne le Glas », « Le soleil se lève aussi », « Le vieil homme et la mer ». Il est donc l’un des très grands de la littérature américaine.
« Le jardin d’Eden » est une œuvre sulfureuse pour son époque. En effet, nous sommes tout au début des années 60, c’est-à-dire bien avant Mai 68.
Comme le livre s’adresse à une Amérique puritaine, on peut s’imaginer ce que l’homosexualité féminine peut provoquer.
On doit aussi s’imaginer ce que peut provoquer une fille aux cheveux coupés « à la garçon » sur une plage française, à une époque où les Anglais inventent la minijupe !
Si ce dernier vêtement révolutionnaire est féminin, les cheveux courts chez les femmes rappellent l’humiliation : la fille qui entre en religion, celle qu’on dégrade volontairement parce que c’est une sorcière, celle dont on veut montrer qu’elle a collaboré avec les Allemands. Une fille aux cheveux courts, c’est une honte !
Pourtant, l’histoire de David et Catherine est des plus banales. Ils s’aiment et viennent de se marier. Pour leur voyage de noces, ils ont choisi la Côte d’Azur.
Lors de leurs nuits, c’est elle qui prend parfois les initiatives. Ces précisions sont-elles simplement destinées à provoquer une Amérique puritaine ?
Très rapidement, Catherine laissera sa nature prendre le dessus. Elle se sent garçon ! Ici, le lecteur est libre de faire voguer son imagination. Certains prétendent que HEMINWAY dissimulait ainsi son côté homosexuel, mais n’est-il pas également logique de considérer que l’auteur tente de justifier ce qui sera bientôt du lesbianisme ?
Catherine rencontre une jeune fille : Marita. Très vite, elles deviendront complices et coucheront ensemble.
Ici, il nous paraît important de préciser que c’est Catherine qui pousse Marita dans les bras de son mari, et qui exige qu’ils couchent ensemble.
Finalement, Catherine disparaît, sans doute pour faciliter ce nouveau couple. Et on peut donc affirmer que HEMINGWAY n’a pas tellement (dans l’hypothèse où il l’était) évoqué une homosexualité masculine. Peut-être un goût du changement, chez la femme que représente Catherine ? Mais la victoire de Marita, n’aboutit-elle pas sur une finalité plus conforme à l’idée du couple ?
HEMINGWAY considère que Catherine est folle. Elle le dit elle-même. Mais qu’est-elle réellement ? Une fille passionnée, trop passionnée. Si elle est jalouse du travail de David, n’est-ce pas parce qu’il lui accapare son mari.
Elle est également passionnée parce qu’elle s’éloigne des aspects matériels. Si elle détruit l’œuvre de David, c’est parce qu’elle est jalouse de ce qui est matériel. En revanche, elle ne sera jamais réellement jalouse de Marita.
Beaucoup de personnes qui connaissent le résumé du jardin d’Eden, pensent qu’il ne s’agit que d’un vulgaire trio, un couple à trois, et je crois qu’il était temps de les inviter à lire cette œuvre.
René MORIN
www.webzinemaker.com/telezine
www.webzinemaker.com/coran
www.webzinemaker.com/index.php3?action=fiche_aut&pseudo=erpm
www.netexos.com
|
|
|

| L'auteur |
René
5 derniers articles :
|
|


| Devenez reporter |
|
|

|