Le Japon: De la Chine aux Etats-Unis?
Ancienne puissance vaincue au lendemain de la seconde guerre mondiale, le Japon est le seul des états de l’axe à avoir conservé son dirigeant après sa reddition car ce fut la condition de cette armistice. Mais à présent ce grand pôle de la triade est tombé dans une situation des plus atypique. Alors que son économie, autrefois fierté nationale, tombe dans une véritable faillite, il subit une évolution culturelle, sociétale, politique et structurelle jamais vue auparavant.
A la fin de l’occupation américaine en 1952 et la signature du traité nippo-américain en 1951 à San Francisco, les américains donc le Général Mac Arthur avec l’appui de circonstances des conservateurs remis sur le devant de la scène par les services secrets (la cheville ouvrière des conservateurs, un ancien criminel de guerre, Kishi Nobusuke sera aidé par la CIA) ont fondé un Etat et une Constitution à leur image. C’est eux qui l’ont voulu et c’est eux qui l’imposent. Mais peut-être pour se débarrasser au plus vite de ces occupants, les japonais eux-mêmes se laisseront faire qui même à les aider : article 9 unique du chapitre de la constitution impose une renonciation à la guerre et c’est le premier ministre Shidera qui le proposa.
Cette vigie asiatique contre le communisme parût pour les américains une véritable réussite surtout au vu de sa croissance économique mais la période de récession qui s’ouvre à présent semble bien mettre à pied cette idée.
Le Japon fut et est toujours un structurellement féodal. Car malgré l’ère meiji (« ère de la lumière) qui abolit le shogunat, restaura le pouvoir impérial et modernisa les institutions féodales, malgré la modernité technique et technologique actuelle la société japonaise reste très au prise dans un carcan datant d’un autre âge. Le collectivisme, qui poussa même Edith Cresson à traiter les japonais de fourmis, un ancien criminel de guerre, le syndicalisme d'entreprise et l'emploi à vie, forme une société dont l’esprit de groupe est l’intérêt supérieur à tous même à l’intérêt personnel. Cette oppression collective poussé par la réussite économique fut longtemps la considération acceptée par tous pendant des décennies. Ainsi à l’époque le Japon malgré son système économique totalement libéral se rapprochait énormément de son grand voisin communiste, la Chine, et ce d’autant plus que la corruption, les complots, et le secret gangrenait aussi totalement le pays du soleil levant. Les institutions n’était que des façades et c’était les lobbies économiques par l’intermédiaire du JETRO et le Parti Libéral-Démocrate qui imposait leur vision du pays au reste des habitants. La toute-puissance du parti, un système de façade, seul manquait heureusement la dictature et l’idéologie communiste pour en faire une autre Chine. Mais depuis le début des années 90 et la crise économique les choses ont bien changées.
Les réformes institutionnelles mises en place en 1994 et en 2000 voulurent dynamiter ce système commander par un parti. Même si la bombe se révéla être un pétard mouillé elle permit tout de même de voir apparaître une nette évolution politique du japon. Cette réforme qui supprima la possibilité de présenter au niveau national différents candidats à chaque circonscription plongea totalement dans un chute incroyable une gauche japonaise déjà usée, qu’elle soit communiste ou socialiste. Cette chute s’explique certes par la présence toujours opposée du géant chinois, malgré la signée en 1978, mais aussi par leur absence de réponse concrète face au changement de scrutin, et le maintien de leur discours archaïque conservateur face un électorat versatile.
D’un autre coté, une dissidence (elles sont nombreuses dans le pays) permit l’avènement d’un parti peu conventionnel. Le Parti Démocratique du Japon est issu de membres du PLD se découvrant réformistes, d’ex-socialistes soutenus par la confédération syndicale Rengo, voire aussi de conservateurs. Il est présidé par Katsuya Okada. Cet ensemble hétéroclite que l’on croyait autrefois éphémère dure, et progresse même électoralement (premier en voix).Il semble que malgré sa réussite aux dernières élections : 37% des voix, 114 députés et en 2004 37% de nouveau et 50 conseillers aux sénatoriales ; semblent n’être malgré l’idée qu’il s’agisse d’une force montante n’être que le reflet des circonstances (fusion-absorption avec le parti libéral) sachant d’ailleurs que sa crédibilité économique est quasi nulle.
Ainsi il semble bizarrement que 50 ans après leur départ la démocratie au Japon ressemble de plus en plus au système américain. D’un coté le PLD avec un clientèle identifiée, un financement prolixe, le soutien lobbying des grandes entreprises est partisan des valeurs nationales et d’un affermissement sur le plan internationale. C’est un peu le parti républicain, Dieu en moins. Et de l’autre, un PDJ plus hétéroclite, plus libéral sur le plan politique, plus pacifiste, plus social, posé sur un électorat plus flottant, une mobilisation aléatoire et un financement faible. Il s’agit d’un parti démocrate sans les leaders charismatiques.
Et cette va encore s’accentuer lorsque l’on l’avènement des modifications futures. En effet des phénomènes lancées ou qui vont se lancer se profilent à l’horizon et nous conduisent à penser que l’Etat japonais va de plus en plus ressembler aux Etats-Unis.
Tout d’abord, la médiatisation, dans des Etats des plus en avance technologiquement, paraît court-circuiter tout les réseaux des factions du Parti Libéral-Démocrate. Le premier ministre actuel Junichiro Koizumi fut d’ailleurs nommé , grâce à son charisme et à l’appui des médias malgré son absence de soutien unilatéral des factions. Il est aussi il faut le reconnaître une exception dans ce système. Une nouvelle élection le maintint tout de même à son poste alors que tout les autres avaient été déboulonnés. Il est un peu le sur le plan de la recherche des médias et de l’opinion publique un homme politique américain chez les nippons.
Ensuite, enfin et surtout, c’est l’évolution institutionnelle vers une certaine régionalisation voire un certain fédéralisme qui est marquant de se rapprochement vers l’Etat américain. A bout de souffle, le système politique japonais pense retrouver une légitimité par le renforcement des mouvements de décentralisation et des pouvoirs locaux. La multiplication exponentielle des référendums locaux en est l’image la plus importante. Mais c’est aussi la dynamique future proposée par la commission d’étude lancée par Koizumi qui semble un changement incroyable. En effet tout comme l’avis du premier ministre, l’idée de cette commission est de mettre en place un vice premier ministre et de renforcer le pouvoir de l’empereur.
Au final pourtant malgré l’évolution que l’on semble distinguer et qui pourrait aussi sembler profitable à un Etat sans légitimité et rongé totalement par l’abstention (malgré l’exception des scrutins locaux), il faut préciser que la réalité est un toute autre. Les hommes politiques ne se vivent que comme les biens avec les entreprises et la bureaucratie. Il s’agit donc d’un système ploutocratique miné par la corruption et dirigé par une majorité ancienne et conservatrice.
Hio-Tin-Vho
La plume plus forte que l'épée
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