Georges Chesbro un auteur atypique
La littérature américaine : 12/39
AUSTER, James M.CAIN, Truman CAPOTE, CHESBRO, HAMMET, HIGGINS CLARK, Horace McCCOY, etc. Ils ont tous contribué au rayonnement de la littérature américaine, et particulièrement du roman noir
Les nerfs bien accrochés, le cœur bien en place et les tripes bien droites vous ouvrez Le quatrième cavalier de l'Apocalypse et vous plongez dans l'univers froid, dur et surtout noir d'un auteur unique : Georges Chesbro.
Il est l'auteur le plus méconnu de tout le polar américain, écrivain prolixe et rédacteur de plusieurs dizaines de romans, Chesbro reste une énigme. Rien n'est indiqué sur son âge et il travers toutes les périodes sans que ses romans ne prennent ne seraient - ce qu'une seule fois une ride. Il dépeint avec justesse l'univers si particulier des villes américaines au 20ème siècle en y mettant à chaque fois des personnages atypique, hors - normes et quasiment inqualifiable. Prenons par exemple Mongo le magnifique. Ancien artiste de crique ce nain est aussi un surdoué devenu professeur de criminologie dans une université de New-York avant de se reconvertir comme détective privé. Mongo ou plutôt devrait je dire le professeur Frederickson est un être très particulier, car il vaut mieux se trouver du coté de ses amis que de celui de ses ennemis. La pitié n'existe pas ou peu pour lui et on le comprend qu'en on le voit affronter ce qu'il affronte : des sorciers, une secte guidé par un fou total, des agents de la CIA, des fanatiques racistes et xénophobes près à reconstruire un nouvel Eden. Mongo passe dans cet univers comme Bulldozer, il laisse beaucoup de dégâts mais il ne semble que peu affecter ou alors au cœur même de sa carcasse. Il est un peu comme une fourmi, son squelette extérieur l'immunise mais quand il est touché au plus profond de lui-même les dégâts son dantesques. Mongo donne aussi une énorme importance à la famille et à l'amitié. Son frère ... ,ancien policier et souvent compagnon le plus régulier de ses aventures, et son ami Vieil - qui fut d'ailleurs l'unique héros d'un des romans de Chesbro- ,ancien agent de la CIA lors de la guerre du Viet-Nam, sont des éléments essentiels voire capitaux de sa vie.
A part son célèbre héros Georges Chesbro nous fit aussi partager la vie d'un cas atypique dans son roman Bone ou un homme perdit la mémoire par deux fois et se retrouva alors obliger de vivre parmi les sans-abri de New-York. Le seul élément qui le rattache à sa vie d'avant est cet os qu'il trimballe partout avec lui. Ainsi l'auteur nous fait vivre et presque comprendre le monde de ces gens de la rue et leur vie atypique. Mais le mieux est surtout quand même temps que celui que l'on appelle Bone va tenter de retrouver la mémoire il va aussi affronter un serial killer qui ne s'attaque qu'aux gens qui l'ont accueilli après sa perte de mémoire : les sans-abri. Il devra alors trouver une réponse à toute ces questions. Chesbro nous fait ainsi partager à la fois un thriller, un polar mais aussi un excellent roman noir.
Noir c'est le cas de le dire ! L'œuvre de l'écrivain des incroyablement noir. Surtout je déconseille ses romans aux Editions Rivages/Noir d'ailleurs au moins de 14 voir 16 ans. La force de la noirceur et de la cruauté ambiante est difficilement supportable par les âmes sensibles ! Mais quel bonheur quant - on a fini l'un de ses romans. Car chez cet auteur américain c'est un peu toujours la même chose, et c'est cela qui est bien. Ainsi ses héros vivent une existence tranquille puis rapidement s'enfonce dans un tunnel sombre, dangereux et lugubre au bout duquel seule une petite lumière toute faiblarde brille et leur indique le bout de ce tunnel si difficile et si dantesque dans l'horreur. Ils s'attachent tous à cet idéal qu'ils espèrent tous atteindre. L'idéal de libération après la douleur et le sang ou parfois des proches ou des moins proches y resteront. On s'angoisse, on pleure parfois, mais quel bonheur à la fin et quelle plume ! Georges Chesbro nous dépeint en quelques lignes un univers incroyable que lui seul sait créé. Alors oui tout le monde peut ne pas aimer, l'ambiance est lourde et difficile et ceux qui auront le courage d'ouvrir l'un de ses ouvrages le refermeront parfois mais pour ceux qui aiment et surtout pour ceux qui veulent lire un vrai bon roman noir où les gentils et les méchants ne sont pas vraiment tout blanc ou tout noir où le happy end n'arrive pas tout le temps et où tout les personnages ont une vrai pâte, un vrai charisme enduit d'humanité alors jetez vous dessus et vous ne regretterez pas. Georges Chesbro n'est certainement pas un auteur rassembleur ou tout public, mais ce n'est surtout pas le but. Il a son style, sa façon de faire et on l'aime pour cela. Indéfinissable, hors du commun, ils nous donnent envie d'aimer les américains comme lui, moins l'Amérique si l'on croit qu'elle ressemble à ce qu'il nous décrit d'elle et il est très très proche de la réalité. Mais Georges Chesbro est sans concession surtout pour son propre pays et son propre personnage. Et c'est aussi pour cela qu'on l'aime !
Hio-Tin-Vho
La plume plus forte que l'épée
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