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L'Echo du Village - Accueil n°318 - Jeudi 25 novembre 2004
Rubrique littérature animée par aucun responsable. Postulez !


Le Guerrrier de la Francophonie
Entretien à bâtons rompus avec Constantin Frosin

Dans beaucoup de media audiovisuels, dans le secteur de la publicité, dans ceux du tourisme, de l'hôtellerie, du transport aérien, de l’Internet, de l’informatique, de la mode..., mais aussi au sein de beaucoup d'entreprises, l'Anglais vient à l'assaut du Français en s'imposant insidieusement... Dans le langage de tous les jours, des mots nouveaux, des expressions nouvelles s'installent, viennent "polluer" notre si belle langue... Et gare à celui qui fait mine de ne pas comprendre : pour être branché, il faut agir dans l'air du temps, il faut paraître... que dis-je, il faut faire comme tout le monde, sinon on passe pour des ringards... Tout ceci, par pur snobisme, par pur effet de mode, par pure commodité...

Pourtant, il fut un temps où le Français, qui était la langue de la Cour du Tsar de toutes les Russies, était parlé dans toutes les cours royales ou impériales d'Europe... Cette langue était considérée comme la langue des Elites avant que les U.S.A. n'existent sur une carte géographique. : la France, patrie d'écrivains, de philosophes, d'artistes et de poètes illustres, faisait la loi sur toute l'Europe instruite, exerçant ainsi une influence certaine sur toutes les civilisations et cultures du monde...

De nos jours, le Français, qui est, rappelons-le, la langue la plus précise au monde du fait du sens de ses mots ou expressions, de ses signes de ponctuation..., est la langue officielle de plusieurs organisations internationales et de plusieurs fédérations sportives internationales : 'l'O.N.U., l'U.N.E.S.C.O., le C.I.O., etc...

Alors qu'il est censé agir en tant qu'ambassadeur du sport olympique français, puisqu'il vient d'être nommé à la Direction du Groupement d'Intérêt public de la Candidature de PARIS pour les Jeux Olympiques de 2012, Philippe Baudillon, l'ancien conseiller diplomatique d'Edouard Balladur, préfèrera, par pur snobisme, s'exprimer en Anglais, comme le souligne Marceau Deschamps, Vice-président de "Défense de la Langue française", dans un communiqué publié dans le dernier numéro du "COURRIER FRANCOPHONE"... On croit rêver ! Personne n'intervient, personne ne proteste... C'est à se demander s'il y a, parmi les personnalités officielles, un défenseur de la langue française dans la salle !

Cependant, face à cet assaut, il existe des hommes, des femmes, qui, soit à titre individuel, soit sous le couvert de structures internationales comme l'Organisation Internationale de la Francophonie (O.I.F.) et sa structure culturelle, l'Agence intergouvernementale de la Francophonie (A.I.F.), agissent et oeuvrent en faveur de la défense de la langue française et de la Francophonie...

Parmi eux, un Français de coeur d'origine acadienne et de nationalité roumaine, dont on parle comme "un ambassadeur de la culture roumaine à l'Etranger et en Francophonie" : le Professeur Constantin Frosin...
C'est un professeur d'université très actif et un écrivain roumain d'expression française uniquement. Membre de la Société des Poètes et Artistes de France, de la Société des poètes français, du Pen Club de France et de Belgique, il est, à ce jour, l'auteur de 16 recueils de poésie rédigés uniquement en Français. En plus de sa passion pour la poésie, le Professeur Constantin Frosin est également auteur d'une quinzaine d'ouvrages scientifiques. De plus, il a traduit plus de 120 livres (de tous sujets et genres) en langue française, contribuant ainsi à la défense de cette langue. "De par mon nom d'origine acadienne, je suis un peu Français sur les bords moi-même. Je me sens Français de coeur et d'esprit, même si je ne le suis pas tout à fait par mes origines", précise-t-il avec beaucoup d'humour. Le Professeur Constantin Frosin est un journaliste hors pair, puisqu'il a rédigé des articles, des poèmes, des traductions d'articles... dans plus de 400 revues françaises et francophones. En outre, il a publié une trentaine d'anthologies un peu partout en France et dans divers pays francophones; ce qui lui vaut d'être fait Chevalier des Arts et des Lettres en France et Chevalier du Mérite culturel en Roumanie.

Membre du Comité de Rédaction de plusieurs revues en tant que rédacteur, Rédacteur en chef de la Revue de l'Université de GALATI, Doyen de la Faculté de Communication et de Relations publiques dans cette même ville, le Professeur Constantin Frosin enseigne des matières ayant trait à la communication, à la science de la communication. Dans l'édition, il est impliqué dans la culture.
Membre correspondant de l'Académie européenne, il est titulaire de la Médaille du rayonnement culturel décernée par la Renaissance française, de la Médaille d'or de l'Académie internationale de Lutèce... Mais, il arrête là ses distinctions, somme toute modestes - à ses yeux, puisqu'il en a d'autres de moindre importance, pour nous rappeler qu'il n'arrête pas, qu'il n'arrêtera jamais d'exercer ces activités, qu'il met au service de la francophonie et de la langue française. "D'ailleurs, si j'écris uniquement en Français, c'est parce que cela reflète entièrement mes états d'esprit, qui sont multiples", rappelle-t-il, tout en se définissant comme "un Roumain et un Européen francophone". Pour expliquer son action militante en faveur de la défense de la langue française et de la francophonie, qui, pour lui, est une passion sinon une nécessité, alors que le Roumain est une belle langue, le Professeur Frosin nous parle d'une transmission de la culture roumaine au peuple français. "Cela passe par les traductions en Français des oeuvres de poètes roumains comme Eminescu, Ion Barbu...", tient-il à préciser. Selon le Professeur Frosin, "ces modestes traductions ont permis à Eminescu d'être considéré en France comme un des plus grands poètes et à Ion Barbu d'être très apprécié lors du Salon du Livre à Paris lors de son centenaire en 1995".

Invité le 18 octobre 2004 à la soirée inaugurale de la découverte des pays balkaniques, organisée par la Mairie d'ASNIERES, le Professeur Constantin Frosin a bien voulu répondre à nos questions.

Monsieur le Professeur Constantin Frosin, vous êtes le rédacteur en chef de la revue LE COURRIER FRANCOPHONE ... Mais, tout d'abord, qui êtes-vous ?
Je suis un professeur d'université... J'ai déjà réalisé trois numéros de ce COURRIER FRANCOPHONE, qui est l'organe de l'Académie francophone, académie que Joël Conte connaît bien, puisqu'il en est le Secrétaire général. Dès que j'ai vu que l'académie française a reçu sous sa coupole l'académie roumaine, j'ai aussi bien dit que cela valait la peine de recevoir l'académie francophone sous la coupole de l'académie roumaine et les académiciens et universitaires roumains. J'ai pris, pour ainsi dire, en main ce COURRIER FRANCOPHONE, à la demande de son Directeur de publication, Joseph Krotky, Président de l'Académie francophone. LE COURRIER FRANCOPHONE a reparu en Roumanie... Ce numéro 60 est le quatrième à avoir paru en Roumanie..
Ce n°60 est, à mon sens, un excellent numéro, car il continue la politique de fraternité et du rayonnement du Français dans le monde, particulièrement en Europe de l'Est. Cela prouve une fois de plus, du moins pour la Roumanie, que cet Etat est un pays européen et un pays latin, qui a des racines très fortes dans son passé avec la France... Donc, LE COURRIER FRANCOPHONE est une revue qui reprend les principaux sujets culturels et littéraires, ce qui lui permet de consolider, d'une manière beaucoup plus forte, l'amitié franco-roumaine.

Quel est l'état de la Francophonie en Roumanie ?
La Francophonie est en bon état, en bonne santé... Mais, si la France n'intervient pas plus énergiquement, cela risque de se dégrader, car ce snobisme d'un peuple en voie de se retrouver, est sujet à cette influence américanisante...

dont beaucoup de pays francophones sont victimes...
oui, tout à fait victimes, car on ne deviendra jamais vainqueur en se pliant sous le joug de la langue anglaise, alors que le Français est la langue des hommes libres. C'est pourquoi, on dit : "égalité, fraternité" parce que la seule civilisation, la seule langue capable d'offrir la convivialité, la liberté, l'égalité, la fraternité, c'est le Français.

Comment les Roumains instruits vivent la francophonie ?
Les gens de ma génération, les gens instruits, les intellectuels véritables à 100 %, préfèrent le Français pour des besoins pratiques. Malheureusement, ce sont les jeunes générations qui se laissent subjuguer par la langue anglaise.

Alors, quelle serait la politique à mener pour éviter cette influence pernicieuse de l'Anglais ?
Je ne reproche pas ; je suggère des mesures plus actives et plus énergiques. Par exemple, au niveau des bourses accordées aux étudiants ou aux élèves, la France devrait s'impliquer beaucoup plus concrètement dans les activités culturelles. Alors que je suis Chevalier des Arts et des Lettres en France, je ne suis jamais invité à l'Ambassade de France en Roumanie, malgré mes actions en faveur de la langue française. C'est ridicule, car l'Ambassade devrait avoir la liste des personnes qui s'impliquent dans la défense de la langue française et de la francophonie.

Mais, ne pensez-vous pas que l'ORGANISATION INTERNATIONALE DE LA FRANCOPHONIE, dont la Roumanie est Membre, devrait tenir également ce rôle ?
Vous savez, j'ai toujours peur des organisations plus ou moins politisées qui n'ont pas la civilisation, l'art et la culture pour base. Donc, dès que la politique s'en mêle, cela devient autre chose...

Mais, ne pensez-vous pas qu'une telle organisation comme l'O.I.F. est vraiment utile pour défendre la langue française face à l'assaut de la langue anglaise ?
Bien sur qu'on en a réellement besoin... Mais il faut que les politiques mettent l'argent et donnent toutes les possibilités au service de leur langue et de leur civilisation, et, qu'ils laissent faire les artistes, les écrivains et les gens qui savent comment agir efficacement.

Ne faudrait-il pas contribuer au développement, aussi bien en Roumanie que dans d'autres pays d'expression française, des media en langue française, ce, afin de véhiculer la langue française ?
Si d'autres prenaient exemple sur mon travail de rédacteur en chef du COURRIER FRANCOPHNONE, je pense que oui ! Mais, je doute que cette revue, qui plaît à beaucoup de gens, puisse avoir un écho favorable dans les media français...

Pour quelles raisons ?
Tout simplement, parce que beaucoup de gens sont tentés de "frangliser" leur langue, le Français, par amour d'un "certain" snobisme, consistant à faire plaisir à des grands et à des puissants.

Parallèlement au COURRIER FRANCOPHONE, éditez-vous une autre revue roumaine ?
Je suis Membre du Comité de Rédaction de plusieurs revues en tant que rédacteur, Rédacteur en chef de la Revue de l'Université de GALATI, où je suis Doyen de la Faculté de Communication et de Relations publiques. En tant que professeur d'université, j'enseigne des matières ayant trait à la communication, à la science de la communication. Dans l'édition, je suis impliqué dans la culture. Je fais énormément de traductions, je fais des revues, notamment, LE COURRIER FRANCOPHONE, que j'espère diriger encore longtemps en tant que Rédacteur en chef.

Je vois que vous êtes aidé par un homme de grand talent : Joël Conte. Comme on peut s'en rendre compte aisément, il est très impliqué dans votre oeuvre en faveur de la francophonie... pourriez-vous-nous en dire un peu plus ?
Joël Conte est un Roumain de cœur, alors que je suis un Français de coeur... Je le considère comme un bâtisseur de l'Europe de demain et de la France d'aujourd'hui. Il fait beaucoup pour la fraternité européenne. Qui plus est, c'est un grand poète, un grand artiste, mais, surtout, un grand homme de coeur et d'esprit.

Etes-vous optimiste pour l'avenir de la langue française ?
Oui, bien sûr, puisque j'écris en Français, je traduis en Français. Alors, je ne peux qu'être optimiste. Maintenant, vous savez, les empires ne durent pas plus que quelques dizaines d'années, l'empire communiste ayant duré cinquante ans en Roumanie. Alors là, je doute que l'empire américain puisse durer davantage : dès qu'il ne sera plus la force majeure militaire, politique et économique du Monde, tout le monde oubliera l'Anglais pour se diriger vers le Russe comme nous avant, ou vers le Français ou vers l'Allemand...

Quel va être le sens de votre combat maintenant ?
Je vais agir davantage, puisque j'ai des amis comme Joël Conte ou comme vous... On a dû vous dire de moi que j'étais l'ambassadeur de la culture roumaine… Dieu aidant, j'espère pouvoir travailler plus officiellement pour les deux pays, mon pays et la France. Si, un jour, je fais de la diplomatie, ne serait-ce que culturelle, je pourrai mettre en oeuvre des moyens beaucoup plus importants.

Alors, pour vous, la culture doit être plus culturelle que politique, et, beaucoup plus francophone que politique ?
Je vais vous répondre en m'excusant par avance auprès des diplomates français ou roumains ! Je pense que des personnes comme Joël Conte font beaucoup plus que leurs ambassadeurs à l'Etranger.

C'est au rédacteur en chef du COURRIER FRANCOPHONE que je parle ! Quel va être l'essor de votre revue ? Va-t-elle augmenter sa pagination ? Y aura-t-il de nouvelles rubriques ? Va-t-elle se développer pour être mieux connue dans le monde entier francophone ?
Si j'arrive à attirer pour cette noble cause des collaborateurs de marque comme Joël Conte, j'espère, et c'est mon rêve, de faire, du COURRIER FRANCOPHONE, une revue de 48 pages. Je rêve de faire de cette revue une revue qui s'impose sur le marché, à la condition que les Français eux-mêmes, les grands écrivains et journalistes, viennent se ranger à nos côtés afin de collaborer en nous confiant leurs articles... Tous ensembles, nous pourrons ainsi lutter efficacement contre l'hégémonie envahissante de la langue anglaise. Parallèlement à ma revue, j'ai beaucoup de projets... Mon rêve serait d'organiser une fête de la Francophonie à Galati, d'y inviter tous les grands représentants de la Francophonie... J'ai le grand projet de réunir tous les grands écrivains roumains d'expression française dans l'histoire, dans une anthologie.

Propos recueillis et réalisés par
Dominique Dutilloy ,
Journaliste

LE COURRIER FRANCOPHONE est disponible au prix de 6 €uros + 1 €uros de frais de port auprès de
Monsieur Joel Conte
21, rue Robert Degert
94400 Ivry sur Seine
courriel : joel.f.conte@wanadoo.fr
Tel/Fax : 01 46 70 92 53
Mobile : 06 08 98 67 02

Dominique DUTILLOY
Journaliste
dominique.dutilloy@laposte.net


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L'auteur
Dominique DUTILLOY
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