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L'Echo du Village - Accueil n°318 - Jeudi 25 novembre 2004
Rubrique littérature animée par aucun responsable. Postulez !


Un p’tit gars de Georgie : Erskine CALDWELL (1903-1987)
La littérature américaine : 7/39

Initialement prévu pour le 11 novembre 2004, des travaux sur le site nous ont obligés à différer nos articles sur Erskine CALDWELL. Nous prions nos lecteurs de nous excuser de ces désagréments.

Erskine CALDWELL pourrait appartenir à la littérature sud, mais la violence qui caractérise ce genre, est transformée chez lui en burlesque. Les accidents de voiture chez James AGEE deviennent ici des gags. De même, les tueurs de Truman CAPOTE ou de William FAULKNER ne sont ici, que des personnages farfelus…
Homme généreux, Erskine CALDWELL s’intéressera autant au problème noir qu’aux blancs ruinés du sud. Ces derniers sont les principales victimes de la Guerre de Sécession, du remembrement et de l’abolition de l’esclavage.
Erskine CALDWELL avocat des noirs ou humoriste, est un auteur incontournable que le profane aurait tout intérêt à découvrir.
Il incarne aussi la vague des grands écrivains comiques : Giovanni GUARESCHI, etc.
Ces comiques sont un peu oubliés aujourd’hui, mais à travers eux, c’est toute une culture du rire qui s’imposa. Qui ne se souvient pas de Bop HOPE, LAUREL et HARDY, DON CAMILLO, etc. ?

« Un p’tit gars de Géorgie », c’est un narrateur qui nous raconte de croustillantes anecdotes sur son père :
1. Une machine à presser le papier… y compris les magazines préférés et les lettres d’amour de la maîtresse de maison… Attention les dégâts.
2. Une cloche qui sonne le glas. Le père du narrateur est serviable. Il ne refuse pas de rendre service à un prêtre. Malheureusement, il ne connaît pas le langage des cloches. Et c’est le glas qui sonne en pleine cérémonie de mariage.
3. Des chèvres sur un toit. Comme c’est une scène tout à fait banale, je ne m’étendrai pas sur le sujet.
4. Ce bon père serviable ira également secourir une voisine esseulée… Mais la charité n’est jamais comprise par les épouses.
5. Lorsque sa femme s’absentera pour aller voir sa sœur, il redécouvrira la vie de célibataire.
6. Un jour sa tendre épouse le retrouvera en slip. Sachant qu’il a passé la journée avec « La reine des romanichels », elle sera curieusement furieuse. En fait, la raison de cette colère est un manque de logique chez l’épouse. Elle ne comprendra pas qu’il a fait une affaire en échange de ses vêtements…

« Un p’tit gars de Géorgie », c’est quatorze anecdotes du genre. Il y a toujours quelque chose qui unit la femme et l’homme dans un couple. Souvent c’est une alliance, ici c’est le balai.
Le narrateur, l’enfant de la famille, raconte ces histoires comme des scènes de la vie courante. Mais en fin de compte, n’est-ce pas son cas ?

Le filigrane de ce livre est également intéressant. Le sort de Handsome, le domestique noir qui est également la bonne à tout faire. Celui qu’on « loue » pendant ses journées de congé. Celui qui croira se faire de l’argent dans des jeux qui nous paraissent cruels aujourd’hui, puisqu’il s’agit de lancer des balles contre une tête de « nègre ».
En travaillant comme domestique, il entre dans une famille et, à ce titre, il se met à l’abri du racisme.
Il nous faut également rappeler au lecteur que ce livre a été traduit en 1949. Entre l’abolition de l’esclavage et la Seconde Guerre Mondiale, l’évolution des noirs, au moins dans le Sud, n’a guère subi d’évolution. Un noir de cette époque, malgré le sang versé pendant les deux guerres mondiales, était moins égal devant la loi, qu’un blanc.
Aujourd’hui encore, les rapports d’autopsie emploient le mot « race » pour désigner la couleur d’un corps. Le sens américain est-il plus nuancé que le mot français ? J’en doute.

Le lecteur passera outre ces considérations morales, et se contentera de passer un bon moment.

Un livre pour tout public !

René MORIN

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L'auteur
René

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