| |

| L'hebdo |
LES ARCHIVES
LA REDACTION
AIDE ET CONSEILS
|
|
|
 |

La route au tabac : Erskine CALDWELL (1903-1987)
La littérature américaine : 7/39
Initialement prévu pour le 11 novembre 2004, des travaux sur le site nous ont obligés à différer nos articles sur Erskine CALDWELL.
Nous prions nos lecteurs de nous excuser de ces désagréments.
Erskine CALDWELL pourrait appartenir à la littérature sud, mais la violence qui caractérise ce genre, est transformée chez lui en burlesque. Les accidents de voiture chez James AGEE deviennent ici des gags. De même, les tueurs de Truman CAPOTE ou de William FAULKNER ne sont ici, que des personnages farfelus…
Homme généreux, Erskine CALDWELL s’intéressera autant au problème noir qu’aux blancs ruinés du sud. Ces derniers sont les principales victimes de la Guerre de Sécession, du remembrement et de l’abolition de l’esclavage.
Erskine CALDWELL avocat des noirs ou humoriste, est un auteur incontournable que le profane aurait tout intérêt à découvrir.
Il incarne aussi la vague des grands écrivains comiques : Giovanni GUARESCHI, etc.
Ces comiques sont un peu oubliés aujourd’hui, mais à travers eux, c’est toute une culture du rire qui s’imposa. Qui ne se souvient pas de Bop HOPE, LAUREL et HARDY, DON CAMILLO, etc. ?
« La route au tabac » est un roman plein de personnages hauts en couleurs.
Jeeter, pauvre paysan, en est l’un des principaux. Dès le début, on s’aperçoit qu’on a affaire à quelque de pittoresque.
Après avoir volé les navets de son gendre, il s’en repentira. Mais au-delà du burlesque, on verra que le mauvais génie de ce pauvre Jeeter, s’appelle : la faim.
Autre caractéristique qu’on retrouve souvent chez les auteurs du Sud. Jeeter est très croyant, même si sa façon d’honorer Dieu peut parfois surprendre.
Sa femme, Ada, lui a déjà demandé de dormir en chaussettes afin de ne pas trop noircir les draps.
Après l’affaire des navets, il marie son fils, Dude âgé de seize ans, à une prêcheuse. Malgré le nez de la future épouse, l’adolescent est consentant puisqu’elle lui promet une voiture neuve… Avec une corne !
Il est vrai que si on se souvient de la charmante musique que poussaient les avertisseurs de nos bons tacots, on peut être également séduit par le bruit de cet étrange instrument de musique.
Malgré l’opposition du concessionnaire automobile, Jessie et Dude se marie, et des 800 dollars que lui a laissés son mari, il ne reste plus que cette Ford.
Dans un petit village, une voiture neuve est un événement. Mais un accident qui tuera un noir, endommagera la belle carrosserie. Plus tard, un autre accident qui emportera une des filles de Jeeter, l’enlaidira d’avantage.
C’est dans ces conditions que Jessie et Dude paraderont, avant de commencer un long prêche. Avec Jeeter, ils iront chercher du bois pour le vendre en ville, là où prospèrent les riches.
Malheureusement, c’est du bois vert, et personne n’en voudra.
Le père, sa bru et son fils décident de passer une nuit à l’hôtel. Mais pour cela, il faudra vendre une roue de secours. Cette formalité accomplie, on se contentera d’une chambre pour trois… ou pour deux…
C’est alors que la nuit commence. On vient chercher la prêcheuse qui finira par essayer tous les lits de l’hôtel, car à chaque fois, ils sont occupés… par un homme…
Malgré cette nuit blanche, la prêcheuse sera enchantée de sa nuit, quant aux hommes, ils se diront que les habitants de la ville, ont d’étranges coutumes.
Encore un mot sur Pearl, l’une des filles de Jeeter. C’est une femme mariée qui a la fâcheuse habitude de dormir à côté du lit conjugal.
Et lorsqu’elle périra par la faute du chauffard qu’est son frère, Jeeter règlera l’affaire en donnant une autre de ses filles à son gendre…
On le voit, à la question « Faut-il rire de tout ? », Erskine CALDWELL répond « oui ». Il ne nous laissera jamais nous attendrir sur un mort par la route, ou par un vol de navet…
Mais Erskine CALDWELL réussit autre chose. Dans ce récit des plus farfelus, on plaindra le pauvre Jeeter, on sympathisera avec les noirs moqueurs de début de roman.
« La route au tabac » est un plaidoyer contre la misère. Le fait qu’on y passe de bons moments, n’y change rien. Les personnages de CALDWELL sont farfelus, mais attachants.
René MORIN
www.webzinemaker.com/telezine
www.webzinemaker.com/coran
www.webzinemaker.com/index.php3?action=fiche_aut&pseudo=erpm
www.netexos.com
|
|
|

| L'auteur |
René
5 derniers articles :
|
|


| Devenez reporter |
|
|

|