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L'Echo du Village - Accueil n°315 - Jeudi 14 octobre 2004
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La guerre sur mer pendant la révolution et l'empire.
Episode 25.

Série d’articles sur la marine de guerre à voile et les guerres de la révolution et de l’empire. La chute de Robespierre (deuxième partie) printemps, été 1795.

Robespierre, tel un serpent fascinateur, tenait l’assemblée qui, terrorisée, osait à peine discuter ses décisions. Quelques jours avant la fameuse séance du 8 Thermidor, il était parvenu à arracher aux députés apeurés une loi permettant au comité de poursuivre sans justification qui bon lui semblait. Il avait également fait voter, le même jour, la suppression des avocats. Les prévenus ne seraient plus défendus.

De toutes part on intriguait et chacun méditait son coup. Robespierre, réfugié depuis 3 semaines chez Duplay préparait une journée robespierriste pour le 10 Thermidor, le 29 Juillet 1795. Une fête devait être organisée, et elle serait le prélude à l’arrestation en masse des opposants. Cependant, ceux-ci n’étaient pas non plus inactifs. Fouché et Tallien redoublaient d’activité.

Le 8 thermidor, 27 Juillet 1795, Paris bouillonnait. Au milieu d’une intense émotion, Robespierre gravit la tribune de l’assemblée. Son discours avait été mûrement réfléchi. Il commença sa harangue par la dénonciation des factions et du comité qui était soit disant sous leur joug. Il enchaîna par une violente critique du système financier. Le citoyen Cambon qui en était chargé accusa durement le coup. Ensuite, il s’en prit aux agents prévaricateurs, c'est-à-dire aux représentants en mission au premier rang desquels figuraient Fréron, Barras, Tallien, et Fouché. Il égratigna également la conduite de la guerre par Carnot. Son impudence était telle qu’il critiqua la terreur qu'il avait institué !

« Disons qu’il existe une conspiration contre la liberté publique ; qu’elle doit sa force à une coalition criminelle qui intrigue même au sein de la convention..., que des membres du comité entrent dans ce complot : que la coalition ainsi formée cherche à perdre les patriotes et la patrie. Quel est le remède à ce mal ? Punir les traîtres, renouveler les bureaux du Comité de Salut Public, épurer le comité de Salut public lui-même ; constituer l’unité du gouvernement sous l’autorité suprême de la convention ; écraser ainsi toutes les factions du poids de l’autorité nationale, pour élever sur leurs ruines la puissance de la justice et de la liberté. »

La convention qui avait écouté ce discours dans un silence de mort resta muette, abasourdie, pendant de longues minutes. En fait, les accusations de Robespierre étaient tellement vagues, que tous les présents pouvaient se reconnaître parmi les futures cibles. « On ne savait dit une témoin quelle partie de la ville allait être engloutie ou si la ville le serait tout entière ».

Cependant, les gens visés nommément n’avaient pas l’intention de se laisser faire. Cambon, fut le premier à s’élancer à la tribune. « Avant d’être déshonoré, je parlerai à la France ». Il fallut bien le laisser parler, et il parla : « Un seul homme paralyse la volonté de la Convention, et cet homme, c’est Robespierre ». Le mot était lâché, et ce fut la ruée à la tribune. Pour la première fois depuis longtemps, Robespierre était mis en minorité. L’assemblée se sépara à 5 heures. Les tractations durèrent toute la nuit, et l’ambiance fut tout aussi électrique le lendemain, le 9 thermidor.

Robespierre tenta de reprendre la main à la tribune, mais il n’était plus le maître du jeu. Il fut salué par ces mots « a bas le tyran », par les députés excédés qui votèrent son arrestation dans la foulée.

Pendant deux jours, une totale anarchie régna sur Paris. Finalement, Robespierre qui s’était réfugié à l’hôtel de ville fut arrêté avec ses partisans. Leur exécution eut lieu le lendemain à 7 heures de l’après midi. Une fois sa tête tombée, un immense cri d’allégresse parcourut la capitale : « Le tyran n’était plus ».

La mort de Robespierre sonna le glas de la terreur et des Jacobins. Pendant que l’on expédiait Fouquier Tinville à la guillotine avec les 72 membres de la commune de Paris, les autres prisonniers étaient libérés les uns après les autres. La foule s’était tournée contre « les buveurs de sang » et partout, on faisait le décompte des « exécutés » et on demandait justice. Chaque jour arrivaient des témoins de province. Chaque jour les plaintes grossissaient. On s’aperçut rapidement que les aristocrates n’avaient pas été les seuls « clients » de Sanson, le préposé à la guillotine. Les deux tiers des suppliciés étaient des gens humbles, artisans, paysans, soldats…

La contre-révolution progressa rapidement. On supprima la fameuse loi du maximum, on offrit à la Vendée une amnistie, on autorisa la rentrée des prêtres réfractaires et des émigrés. Le régime de l’an II s’effondra dans l’anarchie la plus complète.

A suivre...

Condottiere01@yahoo.fr

Illustration : La séance du 9 thermidor.


Condottiere


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