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L'Echo du Village - Accueil n°311 - Jeudi 16 septembre 2004
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La guerre sur mer pendant la révolution et l'empire.
Episode XXI

Série d’articles sur la marine de guerre à voile et les guerres de la révolution et de l’empire. La bataille du cap Noli (suite et fin).

L’Agamemnon et la frégate l’Inconstant naviguaient parallèlement aux deux vaisseaux français endommagés, sous leur vent. Ceux-ci tentaient toujours de réparer leurs avaries pour pouvoir s’enfuir. Les conditions météos étaient assez incertaines et la brise déjà changeante mollissait de plus en plus.

A 10H00, Martin ordonna de mettre en panne pour attendre les deux retardataires. L’amiral français avec le Sans Culotte de 120 canons, et le Barras de 74 canons tenta de se porter à l’arrière de la ligne pour soutenir le Ca Ira et la Victoire. Cependant, le vent était faible, ce qui ne facilitait pas les manœuvres des poursuivis et des poursuivants. Les renforts français et anglais avaient du mal à se porter sur le lieu du combat et le Ca Ira et la Victoire durent affronter seuls l’Agamemnon pendant de longues heures.

Le Ca Ira avait démâté. Il était ingouvernable et une frégate française dut le prendre en remorque. Nelson était isolé en avant de l’escadre anglaise, mais il était bien décidé à exploiter au maximum les difficultés de ses adversaires. Renonçant à attaquer La Victoire qui parvint à s’éloigner et à rejoindre le gros de la flotte française, il décida de s’en prendre au seul Ca Ira. Devant le manque total de précision des canonniers français, aucun d’entre eux ne parvenait à toucher l’Agamemnon, Nelson décida de foncer tout droit vers l’arrière du vaisseau français, prenant ainsi le risque d’exposer sa proue pendant de longues minutes au flanc tribord du Ca Ira, et à ses 40 canons de gros calibre.
Contre l’équipage convenablement entraîné d’un vaisseau de 80 canons, cette manœuvre, avec un petit 64 canons, aurait dû être un suicide. Cependant, il ne fallait pas attendre de miracles du commandant Coudé et de ses hommes.

Aucun tir ne toucha l’Agamemnon pendant ses manœuvres, et celui-ci parvint sans dommage à passer devant la poupe du navire français et à le prendre en enfilade. Enchaînant les virements de bord, sans être dérangé et sans essuyer un seul coup au but, jusqu’à 13 heures, Nelson endommagea gravement le Ca Ira. Celui-ci n’était désormais plus qu’une épave et flottait désemparé seul sur la mer, lorsque le Sans Culotte escorté par d’autres navires arriva sur les lieux. Le gros de la flotte anglaise traînant toujours à l’arrière garde, Nelson dût lâcher prise et assista impuissant à la prise en remorque du Ca Ira. Mais, la flotte anglaise parvint à revenir au contact des Français pendant le dépannage du vaisseau endommagé. Les deux escadres échangèrent alors quelques bordées à longue portée. Cependant, à l’exception du Captain qui reçut quelques boulets, la plupart des tirs français tombèrent à la mer. La nuit sépara une nouvelle fois les belligérants.

A l’aube du 14 Mars 1795, les deux escadres qui s’étaient guettées toute la nuit apparurent à la vue l’une de l’autre. Dès 6 heures du matin, Hotham ordonna à ses navires de former la ligne de bataille et la chasse reprit. Cette fois ci, Martin avait l’intention d’accepter le combat. Il scinda ses forces en deux, et les engagea de part et d’autre de la ligne anglaise. Cette tactique obligea les capitaines de l’Illustrious, du Courageux* et de la Princesse Royale à utiliser leurs canons bâbord et tribord.

Cette nouvelle tactique était un choix audacieux qui aurait pu être payant si les canonniers français avaient été mieux entraînés, et s’ils ne s’étaient pas entêtés à viser le gréement des navires britanniques. Contrairement à l’Anglais qui tirait dans la coque, de façon à tuer les marins et à détruire les canons pour réduire la puissance de feu et la résistance des navires adverses, les Français choisissaient de viser le gréement pour les immobiliser. L’efficacité de cette tactique était sujette à caution, car elle ne permettait pas d’amoindrir la puissance de feu adverse. De plus, elle nécessitait des canonniers très entraînés. Mais la convention ayant dissout le corps des canonniers de la flotte, la France n’avait plus de tels hommes à sa disposition pendant les guerres de la révolution et de l’empire.

Les Français eurent pourtant l’avantage pendant les premières phases de la bataille. En effet, l’Illustrious et le Courageux furent rapidement mis hors de combat sous une pluie de boulets ramés. Cependant, la situation se retourna rapidement. La redoutable efficacité des canonniers britanniques faisait son œuvre, et les Français furent rapidement mis en difficultés. Le Ca Ira qui était protégé cette fois-ci par le Censeur souffrit autant que la veille, et les Britanniques firent taire ses canons les uns après les autres. Le vaillant équipage du commandant Coudé ne tarda pas à s’illustrer une nouvelle fois, et une fausse manœuvre projeta le Ca Ira contre le Censeur, son protecteur. Sous la violence du choc, la mâture du Ca Ira, grossièrement rétablie pendant la nuit tomba sur celle du Censeur et le désempara lui aussi. Nelson sauta sur l’occasion pour s’approcher des vaisseaux endommagés. Après un pilonnage à courte portée, l’Agamemnon aborda le Censeur. Le lieutenant Georges Andrews, commandant le peloton d’abordage, s’en empara sans grande résistance. Les morts et les blessés encombraient les ponts dévastés du malheureux navire. Le Ca Ira était dans un état tout aussi lamentable, et Andrews l’amarina tout aussi facilement. Lorsque les équipages de prise britanniques remplacèrent les drapeaux tricolores par l’Union Jack, une clameur de triomphe retentit dans l’escadre anglaise.

Pour ne pas être totalement anéantis, l’amiral Martin et ses braves marins durent prendre la fuite. Les deux escadres échangèrent encore quelques coups de feu jusqu’à 13 heures. La brise étant alors complètement tombée, Hotham renonça à les poursuivre, pour la plus grande fureur de Nelson qui voyait s’échapper l’occasion de détruire complètement la flotte française de Méditerranée.

La tentative française de réoccuper la Corse se soldait par un cinglant échec et par la perte de 2 navires. En l’espace de deux jours, les combats avaient fait 600 morts à bord des seuls Ca Ira et Censeur tandis que les Britanniques n’avaient à déplorer que 76 morts et 274 blessés dans toute leur escadre. En fait, ce fut le manque de pugnacité d’Hotham qui sauva la France d’une défaite encore plus catastrophique.

Le 17 Mars 1794, la France allait prendre une petite revanche sur l’Anglais, car une violente tempête se leva sur la Méditerranée. L’Illustrious, dont le gréement avait été fortement endommagé au cours de la bataille, 3 jours auparavant, fut jeté à la côte par l’ouragan. Son équipage dut se résoudre à l’évacuer et à l’incendier.


A suivre...

* Le Courageux était un navire français capturé par l’Anglais et intégré à sa flotte.

Illustration : Maquette du navire de Nelson, l’Agamemnon.

Condottiere01@yahoo.fr


Condottiere


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