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L'Echo du Village - Accueil n°303 - Jeudi 15 juillet 2004
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La guerre sur mer pendant la révolution et l'empire.
Episode XV.

Série d’articles sur la marine de guerre à voile et les guerres de la révolution et de l’empire. Combat au large de Brest et la Croisière du grand hiver.

Après avoir été acclamé plus que de raison à l’occasion du combat de Prairial, l’amiral anglais Howe était désormais confronté à un feu roulant de critiques pour ne pas avoir anéanti la flotte française et capturé son convoi. Dès le mois de septembre 1794, il avait appareillé avec 34 vaisseaux de ligne et croisait entre Ouessant et la baie de Falmouth. Comme aujourd’hui, Ouessant servait d’amer à tous les vaisseaux qui cherchaient à se rendre en Europe et à en partir. En balayant l'entrée de la Manche à partir d'Ouessant, l’Anglais était assuré de capturer une grande partie des navires de commerce cherchant à regagner la France.

1) Combat au large de Brest.

Côté français, le contre amiral Nielly était chargé de surveiller les atterrages de Brest avec une petite escadre de 6 vaisseaux de ligne et de 3 frégates. Il n'était déjà plus question de s'en prendre à la flotte de Howe et de chasser l'Anglais de la Manche.

En raison d’un manque d’argent chronique, l’organisation de cette escadre fut difficile et Nielly dut rapidement rentrer à Brest pour faire réparer ses navires. Deux de ses frégates avaient démâté. A cette époque, la mauvaise qualité des mâts français était un mal récurrent. Il parvint quand même à repartir le 22 Octobre (1° brumaire an III) avec les vaisseaux le Nestor, le Marat, le Jean-Bart, le Tigre, le Droit de l’Homme, le Pelletier, le Caton, les frégates la Dryade, la Gentille, la Cocarde, la Tribune et la corvette la Jacobine.

Le 6 Novembre 1794 (16 brumaire an III), les frégates repérèrent deux bâtiments ennemis dans le Sud-Sud-Ouest, alors que l’escadre naviguait sous jolie brise. Il s’agissait de l’Alexander, du Canada, des capitaines Rodney Bligh et Powell Hamilton. Ces deux vaisseaux de 74 canons retournaient en Angleterre après avoir escorté un convoi pour Gibraltar jusqu’à la hauteur du cap Saint Vincent.

A 6H45, les vaisseaux français se mirent en ligne de bataille et la chasse à l’Anglais commença. Après des heures de régate, le Canada parvint à semer ses poursuivants et à 10 H30, le vent mollissant, Nielly renonça à le poursuivre.

Il n’en était pas de même pour l’Alexander. A 11H30, il était rejoint par le Droit de l’Homme et le combat s’engagea à portée de pistolet, c'est-à-dire à moins de 50 mètres de distance. La première bordée ravagea les ponts de l’Anglais, mais celui-ci se défendit et rendit coup pour coup. L’Anglais parvint même à fracasser la grand’ vergue du Droit de l’Homme qui dut rompre le combat. Le Jean Bart le remplaça et le combat acharné se poursuivit. A 12 H 15, le Marat passa derrière l’Alexander et le prit en enfilade. Ces bordées étaient les plus meurtrières car les tirs traversaient le navire dans sa longueur depuis la poupe, sa partie la plus vulnérable. Les boulets du Marat dévastèrent le château arrière de l’Alexander, détruisirent ses ponts de batteries et ses canons. Alors, le Jean Bart se plaça à bâbord de l’ennemi et entama une série de bordées dévastatrices sur les flancs de l’Anglais. Gravement endommagé, l’Alexander ne put y répondre et Bligh dut amener son pavillon. Le vaisseau de sa grâcieuse majesté s’était pourtant rudement bien défendu. En effet, le Jean Bart et le Marat étaient en si mauvais état qu’ils furent incapables de prendre leur prise en remorque. Le combat avait fait seulement 40 morts côté Anglais et les Français en déploraient autant sur les trois vaisseaux qui avaient participé au combat.

Après ce combat, Nielly décida de rentrer à Brest.

2) La croisière du grand hiver.

Jusqu’à présent, les vaisseaux étaient désarmés l’hiver, afin d’éviter de fatiguer inutilement leurs coques et leurs mâts. Malgré des équipages incomplets et sous entraînés, des approvisionnements insuffisants en fournitures militaires (bois, cordages, voiles poudres) et des vivres réduits au minimum, le gouvernement révolutionnaire, en mal de prestige sur mer et d’intelligence, ordonna à l’escadre de Brest d’appareiller.

Tout d’abord, le gouvernement décida d’envoyer à Toulon l’amiral Renaudin avec six vaisseaux. L’armée navale devait l’accompagner jusqu’à la sortie du golf de Gascogne, puis croiser une quinzaine de jours dans ses parages, et détacher six vaisseaux et trois frégates vers la Guadeloupe avant de rentrer à Brest. Pour fournir à ces navires les vivres nécessaires, il fallut dégarnir les autres, et beaucoup de vaisseaux n’emportaient plus que 15 jours de vivres.

Le 24 décembre (4 nivôse an III), Villaret Joyeuse donna le signal de départ à l’armée navale forte de 35 vaisseaux de ligne. Le vent du Nord Est était établi grand frais et le vaisseau de 110 canons, la République se présenta le premier dans le goulet de Brest. A la suite d’une série de fausses manœuvres, son équipage inexpérimenté s’échoua sur la roche Mingan. A l’exception de 10 morts, l’équipage fut évacué. La tempête acheva la destruction du navire quelques jours plus tard.

Durant la nuit du 30 au 31 décembre le vent grossit. Le Téméraire signala une voix d’eau, tandis que le Nestor démâta et dut rentrer à Brest en catastrophe. Entre temps, l’Anglais avait eu vent des préparatifs de l’escadre. Cependant, il ignorait son départ et dépêcha trois frégates au large de Brest pour aller aux renseignements. L’une d’entre elles, passa dans l’anse de Berthaume lorsque des signaux lui furent adressés. Elle y répondit en hissant le drapeau français, ce qui lui permit de poursuivre sa route sans être enquiétée. Au large de la pointe Saint Mathieu, elle rencontra le Nestor, fortement avarié, qui tentait de rejoindre Brest sous gréement de fortune. Poussant l’audace jusqu’au bout, Smith, le commandant de la frégate anglaise, passa à portée de voix du navire et engagea la conversation avec le capitaine du Nestor dans un français impeccable. Le prenant pour un compatriote, celui-ci lui expliqua qu’il demandait de l’aide et que l’escadre avait appareillé. Fort de ces précieux renseignements gagnés à bon compte, Smith mit toutes voiles dehors pour renseigner ses supérieurs. Cet épisode burlesque est resté célèbre dans la Royale Navy. Il fut très longtemps cité en exemple pour démontrer l’avantage à bien maîtriser la langue de l’ennemi.

Cependant, il n’était pas besoin des anglais pour venir à bout de Villaret et de son escadre délabrée. Le vent et les tempêtes allaient s’en charger au-delà de toutes leurs espérances.

Au fil des jours, les navires français mal équipés et mal entretenus fatiguaient de plus en plus, et les avaries se multiplièrent. Le Téméraire qui faisait eau, parvint à regagner Saint Malo sans trop de dommages. Par contre, le Neptune qui était dans la même situation s’échoua de justesse sur un banc de vase au large de Perros-Guirrec. On retrouva 50 marins morts dans ses cales qui étaient pratiquement noyées.

Le 28 Janvier, c’est au tour du Neuf Thermidor de sombrer. On parvint à sauver de justesse son équipage. Le 31 Janvier, le Scipion et le Superbe subirent le même sort. La Convention qui avaient perdu son gouvernail dut être remorquée sur Lorient.

Les vaisseaux qui devaient se rendre à Toulon ne purent le faire, car ils durent partager leurs vivres avec les autres. Les débris de l’armée navale dispersée dans le golfe de Gascogne rentrèrent à Brest du 28 Janvier au 3 février 1795.

Pour accomplir sa mission, Renaudin dut repartir le 22 février 1795. Il arriva à Toulon le 2 Avril 1795, non sans avaries, mais sans avoir rencontré l’Anglais fort heureusement pour lui.

Le bilan de la Croisière du grand hiver se solda par la perte de trois vaisseaux et des avaries majeures sur une dizaine d’autres. Les soixante dix navires de commerce anglais capturés pendant cette opération ne compensèrent pas les pertes. L’arsenal de Brest n’ayant pas été approvisionné, il ne fut pas possible de réparer rapidement les dégâts.

En raison des pertes subies, la Croisière du grand hiver peut être comparée à une défaite militaire majeure. Toutefois, la non-intervention des Britanniques avait permis d’éviter le pire une nouvelle fois. Combien de temps cette chance allait-elle durer ?

A suivre....

Illustration : Capture de la frégate française la Tribune.


Condottiere


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