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L'Echo du Village - Accueil n°302 - Jeudi 8 juillet 2004
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Le petit garçon
Cycle Philippe LABRO : 1/5

Avec « Le petit garçon », Philippe LABRO entame une série de romans bibliographiques. Cependant, celui-ci a été rédigé après « L’étudiant étranger » ou « Un été dans l’Ouest ».

« Le petit garçon », c’est l’histoire d’un enfant qui grandira pendant l’Occupation. Une histoire merveilleusement contée par celui qui est principalement journaliste, accessoirement compositeur de chansons pour notre Johnny national.

Ce qui paraîtra tout au long de ce passionnant récit, c’est l’hommage à un père qui est également le héros principal du livre.

L’histoire commence en « zone libre ». Un enfant est attiré par les étranges conversations de son père et de l’ami de la famille. Trop jeune, il ignore de quoi ils parlent, mais il marqué lorsque celui qu’il considère comme un héros, versera des larmes.
Les héros ne pleurent pas. Les larmes, ce sont la capitulation de la France.

Les bords du Tarn sont en zone libre au début de l’Occupation, mais la « zone libre » est bientôt occupée. Durant toute la journée de la guerre, le petit garçon va voir défiler des personnages singuliers, car il ignore ce qu’est un juif.
Son père, en effet, embauchent énormément de jardiniers ou autres domestiques qui s’en vont aussi mystérieusement qu’ils sont arrivés.
Après le débarquement, la division « Das Reich » est transférée sur le front Ouest, c’est celle qui se rendra tristement célèbre à Oradour-sur-Glane. L’un de ses officiers séjournera à la « villa » comme l’appellent les parents de l’enfant.
Mais l’asile pour les « rebuts » du grand Reich ne fermera pas ses portes. En effet, le père qui héberge cet invité indésirable se sentira protégé de la milice française.
Chose curieuse, l’officier SS remarque qu’une des domestiques est juive, mais il n’en fera rien.
Durant toute cette période, l’enfant admirera son frère aîné qui choisira le maquis. Philippe LABRO rappellera cette admiration dans « L’étudiant étranger ».

Après la guerre et pour continuer leurs études, la grande famille « montera » à Paris. L’accent du Sud rendra les enfants ridicules et ces derniers regretteront leur pays natal.

« Le petit garçon » est un conte merveilleux, mais il n’échappe pas à une tendance suicidaire chez Philippe LABRO. Ses épilogues sont trop longs. Parfois, il cherche à annoncer le prochain roman, et la fin s’en ressent.
On voudrait croire à un heureux dénouement, mais l’auteur nous refuse les points de suspension qui laisseront voguer notre imagination.

Pourtant, les romans de Philippe LABRO sont tous des œuvres qui valent le coup d’œil. Faut-il s’arrêter juste avant l’épilogue ?

Il est également à noter que beaucoup de romanciers essaient de conjuguer enfance (ou adolescence) et Occupation. Ici, Philippe LABRO s’échappe du lot. Là où certains piétinent, il appose sa signature qui est synonyme de qualité.

René MORIN

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