| |

| L'hebdo |
LES ARCHIVES
LA REDACTION
AIDE ET CONSEILS
|
|
|
 |

Nolwenn casse les apriori
La chanteuse de variété qui a remporté le deuxième opus de la fameuse Star Academy met les pieds dans le plat et pose la douloureuse question de savoir si oui ou non elle nous sert vraiment de la soupe.
Après des mois, que dis-je, des années de railleries envers les produits préfabriqués de la télé-réalité, me situant plutôt du côté du vrai rock graisseux avec des guitares sales, des "fuck the world" à en vomir et des mélodies électro-électriques de la nouvelle vague punk-rock new-yorkaise ou anglaise, je me suis laissé aller, dans un doux moment d'égarement et avec beaucoup de retard, à l'écoute du single "Cassé" de la star-académicienne major de sa promo : Nolwenn Leroy. Mal m'en a pris car, à ma grande surprise, presque à ma grande déception quant à mes goûts musicaux, j'ai aimé. Je n'irai pas jusqu'à dire que je fus submergé par l'émotion mais je ne puis cacher qu'un léger frémissement m'a traversé. J'exagère à peine. Le plus frappant est cette voix singulière et grave qui transmet des émotions comme d'autres transmettent la connerie en jouant du pseudo-rock devant des midinettes en fusion qui ont parcouru le chemin et tenu la distance pour pleurer devant un troupeau de gamins bien peu talentueux.
Pour revenir à notre chanteuse brune au yeux couleur Paic vaisselle, il y a ensuite les paroles qui ne sont pas si crétines que ça, bien au contraire. On a vu pire dans la chanson française de la "grande époque". Pour ce qui est des mélodies, l'influence d'un Laurent Voulzy sous le charme est perceptible et même si le piano n'est pas très inspiré, c'est sobre et loin d'être imbuvable. Au final, croyez-moi ou non, j'ai été ému. Croyez-moi ou non, j'ai aimé. Croyez-moi ou non, j'ai été touché. La partie n'était pourtant pas gagnée d'avance, loin s'en faut.
On peut émettre toutes les critiques que l'on veut, force est de constater que cette chanson, comme bon nombre d'autres que je n'ai pas encore le courage d'écouter, sont rudement bien produites. Elles sont efficaces et faites pour plaire. C'est bien là qu'est le souci. Le public dévore ce qu'on lui donne, n'osant zieuter au-delà de ses ornières qui réduisent son appétit un peu plus chaque jour. Je ne dis pas qu'on ne lui donne que de la merde - même s'il en avale malheureusement un bon paquet en réclament parfois du rab - et je cite pour preuve ce morceau de Nolwenn Leroy qui n'est pas si mauvais que certains - dont moi-même - ont bien voulu le prétendre sans avoir pris le temps de l'écouter. Et je ne dis pas ça parce que la demoiselle en question est née à deux pas de chez moi. Je ne le dis pas mais je le pense peut-être...
Néanmoins, comme le dit la chanson, "ça passera avec le temps" et on est plutôt soulagé de l'apprendre mais en attendant on nous abreuve de niaiseraies ultra chiadées si bien qu'on arrive à les apprécier.
Alors que faire ? Se résigner et écouter de la daube qui en est de moins en moins mais qui tourne et tourne toujours dans une même soupière abîmée comme de la soupe au potiron pas frais ou se battre et découvrir des talents dissimulés dans des groupes indépendants perdus dans l'univers brumeux et glauque des phénomènes de mode ?
"Mieux vaut chercher une aiguille dans une botte de foin que dans une boîte d’aiguilles."
bandini29@yahoo.fr
|
|
|

| L'auteur |
Monsieur Bandini
5 derniers articles :
|
|


| Devenez reporter |
|
|

|