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L'Echo du Village - Accueil n°299 - 17 juin 2004
Rubrique littérature animée par aucun responsable. Postulez !


Echec au gros Max (Michel RODHAIN)
Les soldats de l’ombre en 1914-1918

« Echec au gros Max », le quatrième roman de Michel RODHAIN, est bien sûr un roman historique. Mais quand on connaît le sérieux de l’auteur, on ne peut que se féliciter d’avoir au moins un livre qui évoque ces mystérieux espions qui, à leurs manières, ont été des acteurs de la Première Guerre Mondiale.

« Echec au gros Max » (ISBN 2-9516228-3-8) est l’histoire d’un agent secret à la veille de la Première Guerre Mondiale.
L’auteur nous rappelle que la Grande Guerre n’a pas éclaté du jour au lendemain. Il nous rappelle la question des Balkans, le système des alliances, mais aussi la mentalité des peuples. Les Français attendent toujours le retour de l’Alsace-Lorraine, ils sont impatients de faire la guerre.

Lorsqu’il est envoyé en mission, le lieutenant Denis SCHNEIDER espère, comme beaucoup d’autres, que la guerre n’éclatera pas. Car les Français de 1914 s’ils attendent la guerre, la redoutent également.
Denis SCHNEIDER est français. Il a des parents allemands (à cause de l’annexion) et c’est tout naturellement en territoire annexé que ses supérieurs vont l’envoyer. La mission de cet agent secret est de vérifier le fondement des rumeurs qui circulent sur l’existence d’un canon qui menacerait la ville frontière de Nancy en cas de conflit.
La première chose que constate le héros de Michel RODHAIN est que le peuple lorrain n’a pas oublié son ancienne patrie. Lui aussi, attend d’être libéré. La vérité est que les Allemands commettent tellement d’exactions qu’ils se l’aliènent.

Reste ces canons énormes pour l’époque : ces « Grosse Bertha », ce « Gros Max », ce Pariser Kanonen ». Le lieutenant SCHNEIDER constate non seulement qu’ils existent, mais que l’un d’eux sera bien braqué sur Nancy. Et qui plus est, ce canon semble mobile…

La guerre éclate. L’espion assistera impuissant à la Bataille de Lagarde qui préludera la Bataille de Morhange, tout au début de la guerre.
Après une longue attente dans un camp, le lieutenant SCHNEIDER repartira en mission. Cette fois, Paris aura compris qu’il faut détruire ce canon. Y arrivera-t-il ? Les lecteurs trouveront la réponse dans le livre.

Mais j’en reviens au thème qu’a choisi Michel RODHAIN. Un espion n’est pas un soldat ordinaire. Il agit et meurt en silence. Il n’a pas droit à la légion d’honneur, on le prend pour un planqué puisqu’il n’est pas au front, on lui interdit presque d’aimer, il n’a pas le droit d’hésiter à tuer un ennemi ou de s’attendrir sur la mort d’un ami.

Entre l’humanisme de Michel RODHAIN et cette vie lacédémonienne, il y a un énorme fossé que combleront 300 pages. Seul quelqu’un qui aime la vie, voire l’humanité en général, pouvait s’arrêter sur des détails qui nous semblent banals, mais qui, dans la vie d’un espion deviennent parfois des cas de conscience.
Le lieutenant SCHNEIDER est un brave homme. Il n’a évidemment rien d’un James BOND, mais il n’est pas non plus l’automate qui serait l’espion parfait.
Il vit quotidiennement une vie qui lui interdit d’exister, et c’est cette conjugaison entre histoire et humanisme qui fera de « Echec au gros Max » un succès.
Les fans de James BOND seront déçus mais les amateurs d’histoire ou, tout simplement, ceux qui aiment les bons romans, apprécieront.

René MORIN

Illustration : La place Stanislas à Nancy

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