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Madame Chrysanthème (Pierre LOTI : 1850-1923)
Le Japon à l’aube du 20ème siècle
Julien VIAUD (Pierre LOTI) annonce le 20ème siècle. Madame Chrysanthème est intéressante à plus d’un titre. Elle nous décrit Nagasaki à une époque où le Japon était encore un état exotique.
Pierre LOTI ne fait jamais de roman de complaisance. Aziyadé aura été un amour qu’il n’oubliera pas, mais lorsqu’il décrivait la Turquie, il le faisait sans chercher à enjoliver.
C’est que Pierre LOTI ne travaille pas pour une agence de voyage, mais pour un journal.
C’est souvent lorsqu’il est en mission sur un navire qu’il fait des reportages, et disons-le d’emblée : le Japon ne lui plaît pas. Et si on décortique un peu Madame Chrysanthème, on pourrait même être tenté de croire qu’après l’attrait d’une nouvelle terre, il se lasse de ne pas pouvoir s’exprimer en français. Ce serait m’avancer mais on a l’impression que le marin a le mal du pays.
Kessel reprendra la description des tireurs de pousse-pousse, car il est bon de le rappeler, ce moyen de locomotion est typique du Japon de cette époque.
Dès son arrivée, Pierre LOTI cherche un Japonais capable de lui trouver une fille qui lui donne du bon temps. Ici, on peut s’étonner sur la nature des relations qu’entend avoir Pierre LOTI. Il semble simplement rechercher de la compagnie.
On lui proposera plusieurs partis pour un « mariage » payant. Dans ces propositions, on trouvera des filles très jeunes, car disons-le, leur est inférieur, voire largement inférieur, à 18 ans à une époque où la majorité en France était de 21 ans.
Elles portent toutes des noms de fleurs et le marin qui semble habitué à « rencontrer » de très jeunes filles, ne s’arrête sur leur âge que parce qu’elles ne lui plaisent pas. C’est donc pour lui, un moyen poli de s’esquiver.
Chrysanthème est l’une d’elle. Il ne l’aime pas, mais elle va réussir à le distraire, même si parfois il la trouvera lassante.
On a l’impression que LOTI découvre qu’une Japonaise est une femme comme toutes les autres et que c’est pour cela qu’elle lui manquera, car on ne peut pas parler d’amour pendant tout le livre.
On peut imaginer le choc pour un Français qui découvre le Japon. Deux cultures extrêmement différentes qui donne l’impression à l’auteur d’être un poisson hors de l’eau. Madame Chrysanthème est en quelque sorte l’ambassadrice du Japon. Elle est le mal de vivre de celui qui a le mal du pays.
Il est certain que si Pierre LOTI avait séjourné moins longtemps au Japon, le ton de madame Chrysanthème en aurait été changé. L’histoire y perdait de son intérêt, mais irait-il eu une réelle histoire ?
René MORIN
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