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Protégeons les langues régionales
Changeons les mentalités!
La culture française est riche, très riche, mais ne doit-on reconnaître que la culture faite avec la langue de Molière? N'y-t-il que ça en France?
Je dis non.
La France ne comprend pas que le français. Il y a aussi des langues et parlers régionaux, typiques à un lieu précis et non étendus comme notre langue, mais ils sont aussi beaux et intéressants, bien que moins importants en nombre. Notre culture est intéressante, digne d'être étudiée, nous pouvons nous en enorgueillir, mais nous ne pouvons pas pour autant rejeter les parlers régionaux, les "patois" comme certains les appellent, nous ne pouvons les mépriser et les dédaigner parce que ces langues sont secondaires dans notre pays. Nous n'en avons pas le droit, car avoir la possibilité de le faire ne signifie pas qu'on doit le faire, et en effet on ne le doit pas.
Depuis le XIXème siècle, des langues comme le Breton sont considérées comme des langues de "ploucs" arriérés qui mériteraient de disparaître. Par exemple, la fin du XIXème, le petit enfant breton qui prononçait un mot en sa langue devait porter un sabot autour du cou jusqu'à dénonciation d'un petit camarade ayant commis le même "crime". Ceux du XIXème voulaient "tuer" le Breton, le dénigrant, le considérant comme une langue morte. N'oublions pas que toutes ces langues avaient une influence considérable avant que le Francilien ne s'impose par la force et la loi (celle du plus fort avant tout) de l'Etat français centralisateur.
Selon moi, cette persécution des langues régionales est le fait de deux choses:
- la volonté de la monarchie de centraliser le pouvoir en ôtant du pouvoir aux nobles et autres actes, afin de faire tout tourner autour de Paris, ce à quoi Louis XIV contribua beaucoup
- L'idée de Nation née avec la Révolution. Même si on peut en voir des prémices avec les Lumières, et peut-être même avant, la Révolution française l'a faite jaillir et éclater au grand jour. Elle obsèdera d'ailleurs tous ceux du XIXème siècle.
Malheureusement, une conception a priori belle et née d'une certaine réflexion et d'une maturité intellectuelles peut parfois tourner en dérives idéologiques, et la France s'est tellement enorgueillie de son passé révolutionnaire qu'elle a fait de son progrès un retard dans sa mentalité, et en est devenue arriérée et presque méprisante.
Ainsi, elle n'a pas signé la charte européenne des langues régionales et minoritaires visant à reconnaître et protéger (ce qui signifie, entre autre, autoriser leur enseignement dans les écoles publiques) les langues régionales.
Cela doit cesser. Nous nous devons, Français (et Bretons, pour ceux qui ne se reconnaissent pas comme Français) de changer cela, sinon la France perdra beaucoup plus qu'un patrimoine culturel aussi riche qu'ancien, elle perdra aussi une part de son identité. Non pas l'identité de la France de Molière, d'Hugo, de Rousseau et des droits de l'homme, mais une qui est plus proche de nous et qui nous rappelle que durant des siècles, la France était une mosaïque de cultures, rurales et traditionnelles, avec tout un folklore charmant.
Qui ne préfère pas un coin rustique près d'une cheminée au lieu de son HLM? Qui n'aime pas le récit de légendes, les productions artisanales et des spécialités culinaires typiques de certaines régions? La beauté d'un paysage campagnard ne vous réchauffe-t-elle pas davantage le coeur qu'une ZUP de la banlieue parisienne?
Au risque de paraître traditionnaliste et rétrograde, je voulais que chacun réflechisse à cela. Certes, on a la réputation d'être arriéré dans le monde, notamment à propos de nos traditions, mais je ne demande pas que l'on vive avec et que l'on retourne des siècles en arrière, mais seulement que l'on s'y attache et que l'on préserve comme étant l'héritage vivant de nos ancêtres. Avant, la France, c'était ça, et tant qu'une personne parlera une langue régionale, ce ne sera pas une langue morte et nous nous devrons de la préserver de la disparition.
Une langue peut être intéressante qu'elle soit morte ou vivante, mais quand elle est vivante, nous pouvons l'apprécier comme toutes les autres, alors qu'une langue morte est généralement vouée à l'étude et n'a plus aucune chaleur, sinon celle de ses textes littéraires.
La vraie chaleur se trouve dans le coeur des gens. Partagez donc la vie d'une personne détenant ce savoir précieux qu'est la connaissance d'une langue régionale, imprégnez-vous en, et vous aussi, battez-vous pacifiquement pour cette cause juste, car empêcher une langue de sombrer dans le néant en est une. Beaucoup de précieuses langues ont ainsi disparu, arrêtons désormais ce processus d'écrasement culturel. Cette forme d'oppression linguistique doit cesser. Les représentants politiques de la République française ne veulent pas bouger, mais nous le pouvons, sous le poids du nombre.
La République, sa force, ce ne sont pas les politiciens qui privilègient leurs intérêts à ceux de l'Etat, c'est son peuple, c'est vous et moi.
Ensemble, nous pouvons changer cela, alors ne nous privons pas, faisons-le!
Fmicky95@aol.com
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| L'auteur |
Poetenbalade
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