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L'Echo du Village - Accueil n°292 - Jeudi 22 avril 2004
Rubrique société animée par Gerard Georges BRETON assistée par Hio-Tin-Vho


Etre donneur ?
Le don d'organes et de tissus : un choix difficile

Depuis près de 25 ans je m’attendais a être greffé des cornées. Eviter d’y penser pour vivre normalement puisque des solutions existaient tant qu’elles étaient acceptées. Puis un jour pas moyen de reculer. J’ai attendu 6 mois pour remplacer celle de mon œil droit. 6 mois plus tard, l’œil gauche et… échec, on recommence 2 mois après. Un an plus tard, on retire les points. Et voilà, je vois correctement avec des lunettes.
Je me suis alors dit : je ne peux pas profiter ainsi de ce qui m’a été donné. J’ai refusé d’y penser auparavant, mais si personne n’avait accepté de faire ce geste, je serais aveugle. Alors j’ai rencontré des gens de l’association France ADOT (association des donneurs d’organes et de tissus). Je suis aujourd’hui administrateur de la section 31. Cela n’a rien de glorieux. Est-ce que je me serais posé ce genre de question si je n’avais pas eu besoin de plusieurs greffons ? non, probablement pas. J’ai cotoyé beaucoup de greffés à qui des équipes chirurgicales extrèmement performantes ont rendu une vie normale. Les résultats sont époustouflants. Le président de la section locale a été greffé du cœur il y a 5 ans et il dépense une énergie incroyable dans le cadre de l’association. Nous detenons tous potentiellement la possibilité de sauver la vie de centaines de personnes. Il suffit d’y penser une fois dans sa vie, d’être convaincu de l’utilité de la démarche.

Tout le monde peut se sentir concerné car aujourd’hui les techniques chirurgicales sont tellement performantes que les prélèvements peuvent être réalisés sur des personnes de 75 ans ! Pour ma part une de mes cornées avait 77 ans. C’est tout ce qu’il est possible de connaître sur son origine. Il faut savoir qu’en cas de besoin, si la personne n’a pas exprimé clairement sa position de son vivant, c’est la famille, l’entourage direct qui doivent prendre la décision en cas de décès brutal. Il est facile d’imaginer la souffrance supplémentaire générée par cette question. Aujourd’hui où même les pompes-funèbres proposent des prestations payées d’avance, dans le but d’éviter des soucis à la famille et aux proches, où tout le monde a une assurance vie pour atténuer les difficultés financières pouvant survenir après un décès d'un proche, il me paraît tout aussi important que chacun se positionne clairement sur le don d’organes.
On ne peut bien évidemment pas envisager que tout le monde soit favorable au prélèvement. Les freins culturels, affectifs, religieux sont trop importants. Mais il est primordial de s’exprimer là dessus.

Demandez une carte de donneur à l’ADOT ou simplement conservez sur vous un simple bout de papier sur lequel vous aurez exprimé votre choix. Tout le monde vous en sera reconnaissant.


Ingénieur et aquarelliste, je viens d'être greffé de deux cornées...
J'ouvre les yeux...


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Clodius
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