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n°291 - Jeudi 15 avril 2004 |
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| Rubrique International animée par Rémy Martino |
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Le riz de l'avenir à Madagascar
Culture traditionnelle ou méthode révolutionnaire.
Le SRI, Système Rizicole Intensif, a été inventé dans les années 80 par le père jésuite français Henri de Laulanié.
Il permet de multiplier les rendements habituels par 5 et est actuellement testé dans une vingtaine de pays, en Asie comme en Afrique ou en Amérique.
Ses principaux détracteurs sont issus de l'Institut International de Recherche sur le Riz, qui prône la riziculture irriguée selon le modèle de la "Révolution Verte" des années soixante avec utilisation massive d'engrais et de pesticides, ainsi que l'emploi de riz génétiquement modifié.
Le Système de Riziculture Intensif (SRI) est une méthode qui a été développée à Madagascar dans les années 1980, et a été vulgarisé et étroitement suivi durant presque quinze années. Le SRI est un ensemble de règles qui recommandent aux utilisateurs de recourir à plusieurs techniques non conventionnelles y compris le semis à sec, la transplantation de jeunes plants de riz de moins de 20 jours à raison de un plant par trou, un espacement de 20 x 20 cm, désherbage fréquent et contrôle du niveau de l’eau afin d’aérer les racines pendant la période de croissance du plant. Résultat, un rendement exceptionnel, mettant en oeuvre moins d'eau, donc ne nécessitant que peu d'irrigation. En outre, la méthode préconise la culture sur rizière à contre saison qui prépare directement la production de riz qui suit. En effet, de bonnes cultures bien fumées au compost telles que pomme de terre, chou, pois, blé, avoine, haricot, carotte, aèrent le sol, améliorent sa structure, concourent à sa propreté et assurent son ombrage et sa fertilité. Le reliquat d'une bonne fumure parfaitement digéré par le sol profite particulièrement bien au riz et peut suffire à la campagne rizicole suivante.
Cette méthode permet la production en quantité importante d'un riz de très haute qualité et peut s'appliquer à n'importe quelle variété de riz.
Les bonnes performances du SRI ont valu à l'ONG malgache Tefy Saina (littéralement "qui forme la matière grise") du Père Launanié, décédé en 1995, une médaille de Slow Food en 2003. Slow food est un mouvement international qui milite pour la biodiversité agroalimentaire. Tefy Saina a été récompensé notamment pour ses efforts pour protéger les variétés autochtones de riz (plus de 5000, d'après le Fofifa-Centre national de recherche agricole).
Après 20 ans, le SRI est vulgarisé ou en phase d'expérimentation dans beaucoup de pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine. L'Inde et la Chine s'y intéressent.
Mais à Madagasar, berceau du SRI, les paysans traînent des pieds, et reprochent à cette méthode de demander plus de travail que la méthode traditionnelle. De plus, le gouvernement malgache ne fait rien pour les y encourager, car il semblerait qu'il veuille plutôt promouvoir l'emploi d'engrais chimiques. Naturellement, l'ONG Tefy Saina se garde bien, sur son site (http://www.tefysaina.org/), de mettre en cause le gouvernement, sous peine sans doute de se voir mettre des batons dans les roues dans sa mission éducative.
Le problème auquel se confrontent les tenants de cette méthode est complexe : le lobby des engrais et pesticides chimiques, d'une part, et de l'autre le poids des traditions. En effet, les paysans malgaches peinent à bouleverser des habitudes culturales vieilles de 10 siècles, même si cela leur permettrait d'augmenter sensiblement leur niveau de vie tout en oeuvrant à préserver un environnement très fortement menacé par l'appauvrissement des sols, la pollution, le déboisement et l'érosion.
Pendant ce temps, l’Institut International de Recherche sur le Riz (IRRI) travaille sur des variétés de riz génétiquement modifié plus nutritif ("riz de rêve") ou nécessitant moins d’eau ("riz aérobie"). Le projet devraient conduire à des essais en plein champ au Cambodge, Laos, Inde, Afghanistan, en Indonésie et en Thaïlande. De leur côté, des chercheurs américains et coréens ont modifié du riz Basmati en insérant un gène de synthèse de Trehalose (intermédiaire de glucose stabilisant les structures biologiques sous stress) de la bactérie Escherichia coli, afin que ce riz puisse pousser dans des conditions de stress environnementales (froid, sécheresse, forte salinité).
Ces recherches, naturellement, déboucheront sur des solutions bien plus rémunératrices pour les gros groupes de recherche agro-alimentaires, de la même façon que l'usage intensif d'engrais et pesticides chimiques profitent avant tout aux grands groupes agro-chimiques. L'intérêt des paysans passe alors au dernier plan d'un ensemble de considérations mercantiles à courte perspective.
Le seul moyen de promouvoir le SRI auprès des paysans malgaches passe par l'information de ces paysans au moyen de stages, de conférences, bref tous moyens possibles de faire passer le message auprès d'une population souvent illettrée et fortement attachée à des habitudes bien enracinées, dont la culture sur brûlis n'est pas la moins nocive.
Pour aider Tefy Saina dans cette mission, se reporter au site ci-dessus.
Pour d'autres informations :
http://www.infogm.org/article.php3?id_article=828
http://www.ilo.cornell.edu/polbrief/03conv/pb1-3.pdf
http://www.simicro.mg/ipnr/IPNRfrDi.htm
ma-dalton
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Ma-dalton
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