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n°291 - Jeudi 15 avril 2004 |
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| Rubrique International animée par Rémy Martino |
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Le mensonge à un tel degré d'accumulation qu'il en devient vérité
2 - bobardements et labourage de crâne
Il y a des leçons à tirer de l'histoire et meme des leçons encore fraiches à tirer de notre histoire, disons la contemporaine : c'est toujours l'histoire des uns et l'histoire des autres et quand les uns et les autres aiment à se venger et s'en font honneur, la logique n'a pas encore rendu compte de ce curieux phénomene des Uns qui deviennent les Autres, de l'Un qui devient l'Autre.
"Moi je suis contre les discriminations, et Vous ?" demandait la campagne citoyenne pour l'égalité des droits de la Fédération des agences internationales pour le développement. Si je dis que je suis pour les discriminations je vais donc être l'objet d'une discrimination de la part de la Fédération....etc
Atteinte aux droits de l'homme, purification ethnique, droit d'ingérence, génocide, grande serbie, armes de destruction massive, les grands slogans pour fédérer l'opinion internationale dans les campagnes du Cambodge, Afghanistan, région des grands lacs, Kosovo n'ont pas fait qu'augmenter le tirage des quotidiens et bondir le taux d'écoute des JT, ils ont fourni des logistiques impressionantes d'intervention, créant des emplois (pourquoi les inspecteurs en désarmements et leurs suites s'accrochaient comme des morpions au fromage : d'abord parce que leur croisiere était grassement payée par le pays dont ils préparaient la destruction).
La rage épidémique de Vatenguerix n'a cependant pas pu jouir du repos du guerrier à Cuba et au Venzuela : les tentatives de putsh appuyées sans scrupule par tous les médias ayant échouées.
Le mouvement a par ailleurs de nombreux effets positifs : après avoir aveuglément émargé aux bénéfices de guerres pour réparer les dommages de guerre, l'organisation Handicap International se rend compte finalement que les protheses qu'elle fournit sont pour une bonne part payées par les bénéfices du commerce des mines antipersonnels des pays dont elle représente les intérets humanitaires. L'inéluctable prise de conscience des dirigeants de Handicap International se voit récompensé d'une juste distinction internationale.....
Dans la forme délocalisée prise par cette guerre, au bout d'une histoire ancienne ou la ligne de front entre l'empire britanique et l'empire russe passait par Kaboul, la situation de l'Afghanistan est plus qu'édifiante : des millions de gens poussés pendant 20 ans dans le malheur pour satisfaire la vanité du point de mire de pseudo vedettes du geopolitique.
N'oublions pas que les adjudants BHL, Gluksman, Kouchner, Finkelkraut -et comme je n'ai pas de secrétariat forcement j'en oublie- ont gagné leurs galons dans une gesticulation qui avait principalement pour but en dissimulant la barbarie des Notres de rejeter l'infamie sur l'Autre : bien que comme pour de nombreuses atteintes aux droits de l'homme les faits ne s'éloignent guere du fait divers, est il encore besoin de rappeler le petit jeu que leurs amis moudjahidins se plaisaient à exercer sur quelques uns de leur prisonniers et notement les soldats russes.
Bien sur pendant tout ce temps si vous n'étiez pas pour la résistance Afghane vous preniez le risque d'etre pour le gouvernement soutenu par les russes et aviez de forte chance de passer pour un beau salopar avec tout ce que cela comporte de risque de stagnation et de regression forcée dans nos sociétés à raser les murs. Vous avez dit gouvernement soutenu par les russes?
Mais le gouvernement de Najibulah n'avait il pas été élu "démocratiquement" si l'on peut dire, et dans un esprit de conciliation nationale ? Alors à ce moment nos adjudants ne peuvent plus arreter leurs frankensteins barbus, en d'autres termes c'est un coup d'état et Najibulah est exécuté dans des conditions abominables et c'est reparti pour un épisode riche en malheur et destruction de tout genre.
Cependant comme disent les adjudants, pas d'omelette sans casser des oeufs, effet positif de la guerre en Afghanistan, le mur de Berlin s'écroule, l'empire soviétique fait place à la libre entreprise.
Cependant nos adjudants qui étaient de fins lecteurs de Clausewitz n'avaient pu résoudre par la lecture de ce traité de la guerre la question pourtant stratégique des prisonniers : quand les munitions font défauts, quand le garde manger n'aura bientot plus rien à garder que faire des prisonniers qui s'ils sont relachés risquent de se regrouper et d'attenter à la sécurité du voisinage. Le manuel consulté par nos géopoliticiens ne donnait pas de réponse à cette importante question.
"La ligne de partage des responsabilités, je la veux propre " avait dit l'adjudant.
Contrairement à ce que prétend le Monde du 6 avril 1994, lorsque l'avion du président rwandais capote, touché par un projectile inconnu, ce n'est pas exactement le "génocide" qui commence, mais le déclenchement des opérations militaires du Front patriotique Rwandais. Comment et pourquoi cette armée ethnique d'invasion-libération était elle prete à la manoeuvre depuis un pays voisin?
Alors le commandant canadien des casques bleues y va de ses rodomontades : le gouvernement Rwandais avait disséminé des caches d'armes. Et bien mon général disons que leur anticipation de l'agression ne parait pas dénué de fondement. Il y avait des listes de personnes à surveiller ; dans le cas de figure de forces insurectionnelles internes qui appuient des forces armées extérieures, cela ne parait pas encore militairement dénué de bon sens.
On voit meme comment Kagamé spécule sur le masochisme d'un certain nombre de représentants des puissances impliquées, c'est un domaine ou il faut reconnaitre que Laure de Vulpian excelle, il livre aux masos la petite phrase que répéte Vulpian dans son absurdité, notée en 91 (dite par qui d'abord?) "Si vous attaquez le Rwanda cela va très mal se passer..." terrible ! le FPR des Tutsis a attaqué le Rwanda et cela s'est très mal passé.
Comment se fait-il que cette opération militaire ait à ce point tout risqué, et jusqu'à la sécurité de leur force d'appoint interieure à laquelle se trouva assimilé la population de meme origine, déja organisé en milice ethnique couvrant des opérations de franc tireurs ?
Aucun des spécialistes ayant reussi a utiliser ces circonstances historiques comme tribune ne s'est aventuré à en donner l'explication -un mouvement de troupe de cette ampleur ne s'improvise pas du jour au lendemain- pas plus d'explication sur l'origine du missile qui détruisit l'avion présidentiel.
L'actualité revient périodiquement sur ces affrontements d'autant plus sordides que des manquements aux droits les plus fondementaux sont oubliés par les journalistes érigés en specialistes du droit international pour avaliser la vision d'un génocide.
En effet il ne semble pas déplacé de rappeler que le moratoire définissant le crime contre l'humanité et le crime de génocide n'autorise pas encore de retourner les procédés contre leurs supposés auteurs.
L'actualité fait retour donc par "Rwanda,un génocide oublié" série d'émission de Laure de Vulpian sur France Culture.
Lorsque de Vulpian interroge Jean Hatzfeld sur les tueurs dont il a recueilli les confidences, celui-ci sans ambage lui expose dans ses critères de définitions de l'exécutant de base du "génocide" : "le tueur ne prononce jamais le terme de génocide" dit sans se reprendre nulle part le sagace Jean Hatzfeld. On voit bien que Hatzfeld ne sait pas mentir, qu'il ne sera jamais un caporal de la geopolitique et qu'il devra toujours rester dans ce flou de la fiction personnelle.
Dans le réquisitoire on ne sait toujours pas qui a rédigé tout ces protocoles des Sages de Sion sur lesquels cette justice vient fonder ses interprétations.(pas difficile de produire un document attestant de pseudo mesures prégénocidaires mais difficile d'en prouver l'authenticité, et encore plus difficile d'identifier les intentions de son auteur).
Des Protocoles, il y en a à chaque page des dossiers, et les incendies du Reichtag semblent être l'outil commun de la démonstration historique. Que reste-t-il des preuves ? Des comédiens viennent interpréter devant le tribunal international des textes donnés comme des témoignages ; le théatre de l'opprimé de Gatti devient le dernier truc humanitaire pour faire pleurer Margot. Des comédiens deviennent des victimes et des victimes deviennent comédiens.
Jean Hatzfeld qui rapporte son histoire comme du bon pain oublie à chaque fois de préciser que les confidences receuillies ont été faites par des prisonniers à qui il avait été promis des réductions de peines contre leurs confessions.
Lorsqu'il s'agit de juger les atteintes aux droits de l'homme dans le cadre d'une juridiction nationale, les médias n'ont de cesse de rappeler que la présence de juristes internationaux est une garantie d'impartialité. On a vu dans le cadre du tribunal d'Arousha que dès qu'il fût question d'aborder les crimes de guerre et atteintes aux droits de l'homme imputables aux tutsis, la présidente du tribunal a été démissionée dans les 48 heures. Si Vulpian et Hatzfeld avaient abordé la question auraient-ils encore eu le droit de cuisiner leur venin ? D'ailleurs quelqu'un qui regarderait de près l'espèce de réquisitoire qui ouvrit les séances du procés Milosevicz ne manquerait pas de noter les déviations pathologiques que le systeme de la double pensée finit par imposer sournoisement à la procureure.
Le siège de Srebenitzka donc. Il y avait donc une ville de ce nom qui était assiégée. Il y avait donc des assiégeants et des assiégés.
Il y avait donc une résistance armée à la prise de la ville par les serbes, et cette résistance armée a préféré résister plutot que négocier une redition. On peut donc supposer qu'il y a eu des morts. C'est la moindre des choses. Et comme il faut un vainqueur et un vaincu, on peut supposer en outre qu'il y a eu plus de morts chez les vaincus que chez les vainqueurs. Gil Morillon n'y avait pas pensé.
On a vu Veronique Naum Grap qui trouvait son bonheur à détecter ce qui avait pu légitimer le droit d'ingérence, se rendre compte qu'elle avait déja lu plusieurs fois ce réçit ou un soldat serbe oblige le prisonnier bosniaque a manger le foi de son fils. On a vu Simone Weil ne pas réussir a trouver les usines à viol des serbes (le viol comme mode de production post-économique planifié). On a vu le pape de la médiologie se faire lyncher par la troupe de nains de jardin qui n'avait pas vu le paysage à la meme hauteur que lui (en effet il s'était rendu sur place et sa vision ne correspondait pas au modele que reproduisaient les correspondants officiels).
Pour s'opposer à la purification ethnique, les Kosovars s'étaient lancés dans une campagne d'intimidation et d'insécurité dans le but d'accélérer un exode serbe, maintenant réalisé, ce qui avait justifié dans un premier temps la formation de groupes d'auto défense bientot relayés par l'armée fédérale. L'Otan intervenant massivement aux cotés des insurgés albanais imposait non pas la paix, condition minima d'un règlement politique du conflit, mais la victoire d'un parti, réalisant leur objectif de prise de pouvoir. Une criminalité organisée militairement, effet co et bi latéral est particularisée du droit commun pour ne plus relever que du dit droit de guerre.
Avec l'argument des armes de destructions massives qui se dégonfle, il n'est plus question d'adhérer à la dimension du mensonge, mais à la puissance qu'il suppose, et aux bénéfices que cette adhésion dispensera et ce bénéfice est d'abord en terme de proximité. En effet, la puissance que suppose la dimension du mensonge n'a qu'un champ d'exercice et de manoeuvre : le cerveau fusionnel. Pour etre relié à la chaine des connexions à défaut de croire aux grands mensonges d'orientation de l'attention, il faut au moins faire semblant d'y croire.
coglobe@wanadoo.fr
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| L'auteur |
Eliot toulair
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