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Articles sur la marine de guerre à voile et les guerres de la révolution
Episode IX.
Série d’articles sur la marine de guerre à voile et les guerres de la révolution et de l’empire. Cette semaine, je vais terminer la description du commerce colonial français.
Depuis l’époque des grandes découvertes, les nations occidentales se battaient entre elles pour obtenir un accès aux Indes et en Chine. La compagnie française des Indes avait été créée sous Colbert, et conserva le monopole des échanges commerciaux avec l’Asie jusqu’en 1794 malgré les guerres, quelques faillites retentissantes et quelques moments d’éclipse.
Raconter l’historique des compagnies des Indes n’est pas le but de cet essai. Cependant, il me paraît utile de vous décrire le commerce colonial entre l’Europe et l’Asie, afin de vous permettre de bien appréhender la situation économique des belligérants. De plus, dans le cadre d’une guerre totale avec une puissance maritime et coloniale, il est primordial de détruire la source de la richesse de l’adversaire, c'est-à-dire son commerce.
1) Le commerce Français avec l’Inde et la Chine.
Au XVIII° siècle, les économies Indiennes et Chinoises n’avaient pas grand-chose à envier aux Européens en matière de textile ou de métallurgie. En fait, compte tenu du prix élevé du fret, peu de produits européens intéressaient les élites orientales. Par contre, il en était autrement pour l’or et l’argent.
1.1) Les cargaisons et le voyage.
En France, cet argent provenait du commerce extérieur de produits manufacturés du pays avec l’Espagne et du commerce colonial Atlantique. La compagnie des Indes se procurait des piastres grâce à son commerce en droiture vers la Louisiane. La vente des esclaves était également payée en argent. Lorsque la compagnie manquait d’argent, elle s’en procurait à Cadix par le biais des négociants Malouins ou Hollandais. Les Hollandais disposaient toujours de grandes quantités d’argent, grâce au commerce interlope avec Curaçao. Parfois, la compagnie achetait de l’or au Portugal, qu’elle envoyait en Chine afin de le convertir en argent. Si l’or et l’argent avaient la première place dans la cargaison aller, les autres produits voyaient leur part s’accroître régulièrement. On y trouvait les produits consommés par les Européens des comptoirs, viandes salées, farines, vins et eaux de vie pour le quart de la cargaison. Les métaux, surtout le plomb, dont ont expédiait de grandes quantités par ans 600 000 livres, connaissaient un grand débouché. Par contre, les textiles français subissaient la concurrence anglaise.
Les cargaisons de retour étaient celles qui intéressaient le plus les compagnies des Indes, produits bruts et produits travaillés. Le café importé du port de Moka au Yémen vit sa part se réduire tout au long du XVIII° siècle. En effet il devint plus facile de l’importer des Antilles. Par contre, les importations de thé connurent un accroissement constant. Il en était de même pour le poivre en provenance de Mahé. Selon la conjoncture, la compagnie importait également de grandes quantités de salpêtre, d’étain. On complétait également les cargaisons avec des bois de teintures des Indes et de la laque de Chine.
Parmi les produits manufacturés, les étoffes occupaient une place de choix. A commencer par les indiennes. Il s’agissait de cotonnades dont le dessein était imprimé à la planche et complété au pinceau. Ce produit faisait fureur depuis la fin du XVII° siècle, et remplaçait dans le goût du public les soies brochées, les linons et les baptistes. Les porcelaines de Chine étaient également très recherchées. La compagnie en importa 200 000 au cours de la seule première moitié du XVIII° siècle.
1.2) Les colonies Françaises des Indes et les comptoirs.
Dans l’océan Indien, la France possédait les îles de la Réunion, Maurice et Rodrigue. L’archipel des Seychelles était également une possession hexagonale. A l’embouchure de la mer rouge, la France exploitait le comptoir de Moka. Dans les Indes, il ne restait plus après la désastreuse guerre de sept ans que cinq comptoirs non fortifiés et démilitarisés à savoir, Pondichery, Chandernagor, Mahé, Karikal et Yanaon. Les Indes ont toujours été pour la France un secteur secondaire. La marine de guerre y a toujours été peu présente, contrairement à sa rivale. Pour mémoire, en 1761, Lalli Tollendal fut acculé pendant 9 mois dans les fortifications de Pondichery avec un effectif de 700 soldats français et de 1 800 cipayes. L’armée anglaise était composée de 22 000 hommes, et assistée de 14 navires. Les renforts français n’arrivèrent jamais.
Pendant la guerre d’Amérique, Sufren mena une brillante campagne contre les Anglais. Cependant, le traité de Paris était en négociation pendant les combats, et compte tenu de la durée du trajet entre les Indes et l’Europe, un an, les victoires du bailli ne purent être exploitées diplomatiquement. En effet, les plénipotiaires demeuraient dans l’ignorance de la situation militaire. A la veille de la révolution, la situation des colonies françaises des Indes était toujours la même que ce qu’elle était à la fin de la guerre de la sept ans.
2) Récapitulatifs de effectifs marchands français.
A la veille de la révolution, le commerce maritime de la France était en forte expansion. Il avait doublé depuis les années 1750. Nantes alignait 214 bâtiments de haute mer en 1792, Marseille 260, Bordeaux 389. Les échanges maritimes, étaient de 2 153 millions de livres tournois en 1787. L’industrie française était également en concurrence avec l’anglaise. Pendant toute la durée du XVIII° siècle, la France souffrait d’un retard chronique dans ce domaine. A la veille de la révolution, ce dernier était comblé.
Dans tous les domaines, la France n’avait jamais autant prospéré, et la situation du pays, qu’elle soit commerciale ou militaire n’avait jamais été aussi bonne. La France concurrençait fortement la Grande Bretagne. Pour cette dernière, la destruction de la marine de guerre et commerciale de la France était devenu un objectif prioritaire.
(Annexe : En matière monétaire, la France comme les autres pays utilisait une monnaie de compte et une monnaie réelle. La monnaie de compte est la livre tournoi qui se divise en 20 sous ou 240 deniers. Un sol valait 12 deniers. Le louis d’or valait 24 livres tournoi et le louis en argent 3.)
Illustration : Navire de la compagnie française des Indes.
A suivre...
Condottiere
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Condottiere
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