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n°290 - Jeudi 8 avril 2004 |
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| Rubrique L'actu animée par Aggie |
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Le littoral en danger, une protection au jour le jour
(image copyright ville d'Agde)
Le ciel sombre est parsemé de nuages plus ou moins grands, un groupe de goélands passe au-dessus et se dirige vers l'intérieur des terres, le sable est grossier et l'on s'enfonce à chaque pas, la brise nationale envoie un air iodé continu, les rochers polis par le ressac abritent des algues et des oiseaux marins qui nichent là. Le sentier côtier serpente le long des oyats et permet de rejoindre l'étang littoral derrière la dune. Là, les oiseaux migrateurs trouvent souvent une aire de repos lors de la descente vers l'Afrique. On peut alors dénicher entre les roseaux et les pierres, on peut alors voir les petits naîtrent et les adultes les nourrir. On peut alors voir la faune et la flore vivre.
Ce paysage magnifique que beaucoup de littoraux qu'ils soient bretons, normands ou provençaux est en danger. Pris en tenaille par la pression immobilière et le tourisme sans restriction, ni protection, il risque de disparaître.
La pression immobilière a fait la majeure partie de ses dégâts en Provence-Alpes-Côte-d'Azur où toute la côte méditerannéenne paraît couverte de bâtiments sans discontinuer. Trouver une zone vierge dans la région est donc aujourd'hui un exploit quasi impossible. Les "pieds dans l'eau" des grands complexes immobiliers contreviennent pourtant à la loi littoral, empêchant la construction de tout édifice à moins de 100 mètres de la hauteur de la plus grande marée de l'année. Mais se sont aussi les paillottes directement sur le sable et avec une dalle en béton ainsi que les villas grandioses des milliardaires qui sont les responsables les plus frappants. Les hommes et femmes richissimes se construisent des débarcadères privés au pied de leur résidence sans permis de construire le plus souvent et coupent de même les sentiers des douanes qui serpentent depuis des décennies le long du littoral français. D'immenses bâtisses dont celle d'un Emir ont reçu des permis au mépris total des règles d'urbanisme, d'environnement et d'éthique. La décentralisation ayant d'ailleurs accentué ce phénomène en donnant aux collectivités locales plus de pouvoirs et peut-être plus de risques d'être plus influençables par les retombées économiques directes ou indirectes.
Mais en fait tout le littoral est touché par ce phénomène car en Bretagne ou en Normandie par exemple la technique du "mitage" permet de grignoter petit à petit des parcelles plus proches du rivage. En fait, il faut le reconnaître l'une des qualités extraordinaires de la Corse dans ce domaine est d'être pour partie et jusqu'à maintenant préservée de cette pression. Son caractère insulaire, la présence de montagnes et pour une fois le bienvaillant protectionnisme de l'île par ses habitants bien avant les mouvements extrémistes actuels ont permis de réduire ce problème et de préserver la beauté naturelle de la région.
D'un autre coté le tourisme sauvage et sans restrictions a contribué à cet état de fait comme à celui de la disparition progressive des dunes. Malgré d'importantes prises de conscience et des mesures de protection de la part des autorités dont la création du Conservatoire National du Littoral en 1975 et qui acquis 58000 hectares répartis dans 420 sites, la destruction latente peine à être réduite et le travail qui reste à accomplir à l'heure actuelle est immense. La plantation d'oyats, la mise en place de ganivelles en bois, rustiques mais efficaces, l'achat de terrains alloués seulement aux agriculteurs dans certains cas, la possiblité d'appliquer des sanctions en cas d'infractions constatées, permettent de restreindre les risques et de préserver pour partie les rivages.
Mais la protection du littoral français passe dans les mesures de la vie de tous les jours et surtout celles faites lors de ballades sur le rivage. Car chaque action peut avoir un effet bénéfique ou dégradant. Il faut alors éviter de jeter ses déchets partout et les rassembler pour les mettrent dans les poubelles prévues à cet effet, se promener tranquillement sur les sentiers magnifiques forgés par le temps et réservés à cela, ne pas déranger les espèces et les voir de loin à l'aide de jummelles, ne pas s'y balader à vélo et préférer pour ce sport les chemins à l'intérieur des terres qui sont splendides ou encore les sentiers qui l'accepte, enfin éviter de préférence la présence du sympathique animal de compagnie qu'est le chien, ou, à la rigueur ramasser les déjections qu'il peut faire et éviter qu'il dégrade. C'est du bon sens, mais c'est par ces petites actions civiques continues que notre littoral métropolitain sera conservé pour les générations futures le plus longtemps possible. L'intérêt de tous étant qu'il soit conservé dans le meilleur état.
Hio-Tin-Vho
La plume plus forte que l'épée
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Hio-Tin-Vho
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