L’homme et son environnement
Un destructeur né
Depuis qu’il est sur terre, l’homme n’a cessé de chercher à modifier son environnement. Aujourd’hui qu’il a inventé l’argent, la rentabilité lui interdit de penser à son avenir immédiat : déchets radioactifs toujours dans 1000 ans, stérilité généralisée dans 20 ans.
Lorsqu’il est apparu sur terre, l’homme avait un énorme avantage sur les autres prédateurs. Il était omnivore, c’est-à-dire que lorsque le gibier manquait, il pouvait se rabattre sur des plantes.
Il s’est ensuite aperçu que ses mains pouvaient être utiles à sa survie puisque, comme les singes ou certains petits carnivores, il pouvait prendre des cailloux pour briser les carapaces récalcitrantes (crabes, etc.).
Chasseur, il s’est d’abord contenté de suivre le gibier, mais il a très vite utilisé ses mains pour faire des armes de plus en plus performantes, capables de tuer les proies les plus grosses, mais aussi de tuer ses ennemis. Cet usage des mains l’a transformer en bipède : il ne fuirait plus s’abriter dans les arbres, mais irait se réfugier dans des cavernes insalubres.
De plus en plus fainéant, il a commencé à élever les espèces qui figuraient à son menu et il s’est sédentarisé pour cause de rentabilité.
Simultanément, d’autres humains qui vivaient dans des terres sans doute moins giboyeuses s’aperçurent que certains sols donnaient plus de céréales, de fruits, etc. que d’autres. Ils se sont également rendu compte que selon la nature des sols, la production n’était pas la même. Là aussi, ils se sont sédentarisés pour cause de rentabilité.
Chasseurs, éleveurs et agriculteurs, nomades et sédentaires devaient donc se rencontrer. Mais agriculteurs et éleveurs commençaient déjà à polluer leur milieu puisque les espèces végétales ou animales, au lieu de se renforcer selon l’évolution de la nature, allaient devenir débiles. Le blé ou les poules sauvages allaient tomber aux oubliettes. Les deux n’auraient plus à se protéger contre les intempéries ou les prédateurs. Quelqu’un les ferait évoluer, au nom de la rentabilité.
Ces peuplades qui pratiquaient maintenant un mode de vie différent, ne pouvaient qu’entrer en conflit. En défrichant les forêts, les agriculteurs firent se raréfier le gibier, mais ces mêmes agriculteurs ne toléraient pas que les éleveurs les pillent…
L’homme allait donc perfectionner son armement. Il fallait tuer pour avoir l’usufruit d’une terre.
Les sédentaires l’emportèrent : les forêts furent défrichées au profit des agriculteurs, et les éleveurs exterminèrent les autres prédateurs qui, eux aussi, perdaient l’habitude de chasser des proies en liberté.
Après avoir asservi la flore et la faune, l’homme voulut construire des villes et une nouvelle classe apparut : le secteur secondaire. Des gens qui fabriquaient des outils mais qui ne produisaient pas ce qu’ils mangeaient.
Au nom de la rentabilité, ils fabriquèrent de plus en plus. Les déchets des minerais comme le plomb, polluèrent les rivières. Déjà affaiblis par leur changement de vie, les hommes eurent de nouveaux maux qu’ils ne connaissaient pas. L’hygiène de ces sociétés laissant à désirer, des maladies comme la peste, le choléra, etc. devinrent de plus en plus fréquente.
Mais il fallait nourrir ces ouvriers, et on diversifia les menus. Les hirondelles dont raffolaient les Grecs et les Romains, transmirent un nouveau virus : la grippe.
Deux mille ans après, d'autres animaux transmirent le sida (?), la grippe aviaire, la pneumonie atypique.
Mais heureusement, l’homme, toujours à la recherche de sa sauvegarde, trouvait constamment des remèdes. Comme je l’ai dit plus haut, il continuait à devenir débile. Les bactéries et les virus devinrent de plus en plus forts. Plus tard, ils résistèrent à ces plantes transgéniques qui devaient tout révolutionner.
Cet être de plus en plus débile, au nom de la rentabilité, avait détruit son environnement… Il ne restait plus que trois terres non mutilées : Sumatra, Bornéo et la Nouvelle-Guinée. Et encore, celles-ci ne l’étaient qu’en partie. Les sols étaient pleins d’engrais plus ou moins dangereux. La forêt n’avait plus rien de naturel, les grands fleuves comme le Sénégal étaient verts ou violets, les sous-sols étaient de véritables taupinières, mais certains étaient suffisamment stables et on y enfouissait toute sorte de déchets chimiques ou radioactifs…
La terre mettrait, si on la laissait en paix, mille ans pour que les radiations soient acceptables.
La mer n’était pas mieux lotie. Les algues, les sachets en plastique décoraient les fonds marins. Mais le plus gros de la pollution venait surtout des fleuves qui s’y jetaient et qui étaient déjà pollués ou des pluies acides qui tombaient dessus.
Il ne restait plus que le ciel. Mais celui qui vit sur une colline qui domine une ville peut apercevoir un trait orange qui sépare deux teintes de bleu. D’un côté, c’est la pollution de l’air ambiant (l’air qui est directement en contact avec les espèces vivantes). De l’autre, c’est une pollution plus subtile : un ozone que nous ne comprenons pas, mais qui ne freine plus les rayons solaires. Les lasers, les rayons x, les ultras violets, ou autres, font fondre la calotte polaire mais ils agissent aussi sur nous puisque nous savons qu’à trop nous exposer, nous risquons le cancer.
Mais je veux terminer cet article par une note optimiste. Ces mêmes rayons stérilisent l’homme. Dans vingt ou trente ans, les femmes ne donneront plus d’enfants… En imaginant une vie de cent trente ans, nous pouvons dire que vers 2160 s’éteindra l’espèce humaine.
Alors pourquoi s’inquiéter pour ce que nous avons sous nos pieds. Ces fameux déchets nucléaires qui ne se neutraliseront que dans mille ans. C’est-à-dire, 800 ans avant la disparition de l’homme !
On peut nous dire (en admettant que la rentabilité soit rayée de notre vocabulaire) que si nous arrêtions toute pollution : ne plus rouler, ne plus laver son linge, ne plus se laver avec du savon, arrêter les usines, nous pourrions remédier à cela.
Oui, mais il faudrait 50 ans pour que la courbe de la pollution commence à décliner. Il faudrait 50 ans pour que les enfants de nos enfants puissent avoir des résultats.
Qu’ils commencent à manger des friandises sans emballages !
René MORIN
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