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La guerre sur mer pendant la révolution et l'empire.
Episode IV.
Série d’articles sur la marine de guerre à voile et les guerres de la révolution et de l’empire. Cette semaine, je vais vous parler des problèmes liés à l’entretien des navires et à leur construction.
Combien de temps fallait-il pour construire un vaisseau de ligne ?
Quelle était la durée de vie des navires ?
Qu’est ce qu’un arsenal ?
1)Entretien et durée de vie des navires.
Les nations maritimes furent rapidement confrontées aux problèmes financiers liés à la construction et à l’entretien de leur flotte. Ce problème se posa très tôt pour la France. En effet, les ressources fiscales de l’Etat étaient limitées, et de plus, la plus grande partie du budget consacré à la défense était accaparée par l’armée de terre. La France ayant une importante frontière terrestre à défendre, l’armée de terre a toujours été prioritaire par rapport à la marine. Sous l’ancien régime, à l’exception notable de la guerre d’Amérique, la France consacra systématiquement les ¾ du budget de sa défense pour l’entretien de son armée de terre. La situation ne pouvait qu’empirer pendant la période révolutionnaire.
Confrontés aux fortes variations du prix de certaines matières premières en cas de conflit, et à un manque d’argent chronique, les différents ministres de la marine durent mettre en place une organisation sans faille pour optimiser la construction et l’entretien des navires.
A la fin du XVIII° siècle, deux années s’écoulaient entre le moment où le vaisseau était commandé et où il était livré. La durée de vie d’un navire dépendait du nombre de campagnes et de leur dureté, mais aussi du rythme des réparations et des conditions dans lesquelles le navire était conservé pendant les périodes de paix.
Sous Louis XIV, les vaisseaux avaient en moyenne une durée de vie d’environ 25 ans. A la fin du XVIII° siècle, on était tombé à moins d’une quinzaine d’années. Dans un premier temps, un premier radoub avait lieu cinq années après leur construction. Quatre ans plus tard, un second radoub était nécessaire. Son coût correspondait aux 2/5 du prix de la construction du navire. Au bout de 13 ou 14 ans, le vaisseau devait être entièrement refondu. Le coût de cette refonte étant souvent équivalant à celui de la construction, il était nécessaire d’étudier soigneusement l’opportunité de se lancer dans ces coûteuses dépenses d’entretien. En général, cette décision dépendait des urgences liées à la guerre, de la pénurie d’argent et de matière premières, sans oublier les qualités intrinsèques du navire. Il n’était pas rare de voir de vieux vaisseaux accusant plus de 30 ans d’âge.
2)Ports et arsenaux.
Le port et l’arsenal avaient deux rôles prépondérants pour la marine. Ils devaient d’une part donner à la flotte un lieu favorable à la construction, aux réparations, à l’entretien et aux escales, mais aussi servir de base pour attaquer l’ennemi. C’était donc la logique et la stratégie qui déterminaient le choix d’un site pour y établir un arsenal.
Pour construire, armer, et entretenir une importante flotte de guerre, il était nécessaire de stocker de grandes quantités de matériel et de matières premières, dont le bois était la principale d’entre elles. Empilés sous des hangars rudimentaires ou en plein air pour le chêne, dans des fosses immergées pour les résineux destinés aux mats, les bois de marine étaient l’objet de soins attentifs et de manipulations répétées. D’autres hangars étaient nécessaires pour stocker les pièces en attente d’être montées. Les canons, les ancres et les boulets étaient stockés en plein air. Le chanvre et les cordages nécessitaient des bâtiments immenses, « les corderies ». Leurs 300 mètres de long correspondaient à la dimension maximale du plus gros câble embarqué sur un vaisseau, l’ancre. Les bassins de radoubs, les cales de construction, les machines à mâter constituaient d’autres éléments essentiels des arsenaux.
Bien que produisant une partie des objets consommés par la construction des navires, les arsenaux devaient s’approvisionner en quantités énormes de bois, de chanvre, de canons, de vivres, etc…
Les résineux venaient du Nord de l’Europe, la Scandinavie. Pour en obtenir de grandes quantités, il était nécessaire d’avoir recours à une organisation rigoureuse et planifiée longtemps à l’avance. La France a toujours eu des difficultés à assurer ses approvisionnements dans cette matière première. Par contre, elle parvint à mettre en place une organisation efficace pour les autres fournitures. Le bois de chêne, d’orme, de peuplier et le chanvre étaient collectés dans les provinces françaises naturellement pourvoyeuses. Dans un premier temps, les régions proches des arsenaux furent sollicitées. Mais au XVIII° siècle, ces dernières ayant tendance à s’épuiser, tout le territoire national dut être mis à contribution. La moindre forêt était visitée, et le moindre bois utilisé. Cet éclatement des zones d’approvisionnement, nécessita la mise en place d’un exceptionnel réseau logistique, constitué des canaux, des grands fleuves et de leurs affluents rendus navigables. Devenus indispensables, des ports fluviaux furent aménagés pour le stockage des bois, des chanvres, et des canons provenant des différentes fonderies travaillant pour la marine. Nous pouvons citer le port de Médine à Nevers sur la Loire, mais surtout à l’embouchure du même fleuve Indret en aval de Nantes où, comme au Havre sur la Seine, étaient stockées puis redistribuées suivant les nécessités les matières premières destinées à la marine.
A suivre…
Condottiere
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Condottiere
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