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L'Echo du Village - Accueil n°281 - Jeudi 5 février 2004
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Les chants polyphoniques
L'âme des grands guerriers et la force de l'esprit

J'avais, lors de mon séjour à Propopechio, rencontré Monsieur Tony Dinesco. Cet homme charmant et courtois qui m'avait renseigné si délicatement sur mon périple et m'avait indiqué l'endroit où répétait un groupe de chants ployphoniques: "Eh le trou du c** de Parigo! Si tu veux voir des chants va voir à Feschio avant que tout pète là-bas!". Je supposais ainsi, le cœur en joie, qu'une fête aurait bientôt lieu là-bas et que pour renconter du monde, il fallait que j'y sois.

Accompagné du troupeau d'un berger en transhumance, je me dirigais ainsi vers cette ville. Lui et sa chèvre me suivirent ainsi sur plusieurs kilomètres avant de me lâcher en pleine nature et que je ne me perde. Je retrouvais le village au son des pétards et des feux d'artifices. Même en pleine journée les Corses devaient prendre plaisir à faire la fête. Mais en me baladant à l'intérieur du village je ne vis que des vieux à moitié endormis sur des bancs qui levaient la tête à mon passage et me jetait un regard amical pour me saluer.
Une grande ferme tenait place au nord du village. Mais le hangar principal était vide d'engins agricole et d'animaux, seul des 4x4 appartenant sûrement aux gardes chasses s'y trouvaient. Après m'être renseigné, je découvris le lieu où se déroulait un concert à guichet fermé de chants polyphoniques. En face de la gendarmerie, le bar Chez Yvan Colonna accueillait un groupe local. Je m'installais donc à une table et le tour de chants n'ayant pas commencé, je m'intéressais aux personnes présentes. Nous étions quatre en me comptant et en comptant le patron, mais tout cela sentait bon la chaleur humaine et l'ambiance lourde.

Après quelques minutes et trois ou quatre verres de vin corse, je vis apparaître le groupe dans l'embrasure d'une porte. Ils étaient quatre ou huit, je ne sais plus trop. Immédiatement ils se mirent à chanter. La main collée à l'oreille, ils entonnèrent un chant merveilleux mais aux paroles incompréhensibles pour moi. Je vis alors rire tout de suite toute la salle, sans pour autant savoir pourquoi. Le groupe repris et entonna plusieurs chants. Puis tout d'un coup l'un des chanteurs de mit à sauter sur lui-même et à hurler de joie. Puis il cria : "ils ont marqués!", l'écouteur de son baladeur encore dans la main. Alors le patron décrêta une tournée générale en l'honneur de l'équipe de football de l'île qui venait de marquer un but. Après ce second intermède, je regagnais ma place après avoir été au comptoir où tout le monde s'était réuni pour trinquer, même moi. Bizarrement le chemin du retour me parut plus long que l'aller. Les grands escogriffes reprirent leurs chants pittoresques et tout cela dura jusqu'au début de la soirée. Enfin, peut-être que cela continua encore, mais je ne le sus pas car après avoir sorti mon appareil photo et pris toutes les personnes présentes, le patron hurla après moi et me mis dehors. Les Corses restent renfermés sur eux-mêmes et n'apprécient pas la photographie sûrement parce qu'ils ont peur de gâcher la pellicule. Mon sac en bandoulière, je décidait de regagner Propechio.

Alors, tout d'un coup, je compris que la fête n'était pas finie car je vis que les gendarmes avaient prévus la grosse artillerie. Malheureusement leurs feux d'artifices brûlèrent à l'intérieur de la caserne et celle-ci explosa. Etant pressé, je partis à la suite de trois hommes déguisés en cambrioleur avec une cagoule sur la tête et des habits noirs. Mais précipitamment, je dus aller dans les champs aux abords car le bon vin de corse me donna quelques petites nausées. Je m'endormit directement là où je m'étais libéré et le lendemain matin je fus réveillé par les gentils gendarmes qui me demandèrent mes papiers. Mais mon sac étant devenu vide comme par magie ou par la grâce d'un pickpocket, ils me mirent en cellule.

Cela fut un magnifique séjour en Illie et j'apprécia pleinement et totalement ce tour de chants du groupe de chants polyphoniques.


Hio-Tin-Vho
La plume plus forte que l'épée


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Hio-Tin-Vho
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