La littérature sous la Révolution
La littérature de la fin du 18e siècle
La littérature est incontestablement le reflet de son temps. Elle révèle les mœurs, la liberté d’opinion, les courants de pensée, etc. Pour toutes ses raisons, il nous est paru utile d’analyser les écrits révolutionnaires d’avant 1793.
Rappelons d’abord que le XVIIIème siècle est le Siècles des Lumières. L’Encyclopédie de DIDEROT, à laquelle ont participé beaucoup de grands écrivains, est une œuvre majeure de cette époque.
On ne peut pas ignorer non plus VOLTAIRE. Historien, conteur, essayiste, poète, etc., il règne sur son temps.
La production littéraire est alors influencée par la philosophie. Même la poésie n’y échappe pas.
VOLTAIRE et ROUSSEAU meurent en 1778 mais ce courant littéraire philosophique continue jusqu’à la Révolution. TURGOT, le ministre de Louis XVI (mort en 1781) et NECKER (celui qui présidera les Etats-Généraux), CHAMFORT, CONDORCET (l’un des futurs chefs girondins) sont ouverts aux idées nouvelles. Mais ils seront unanimes à condamner les excès de la Révolution. Bien que progressiste, RIVAROL embrassera le parti monarchien.
La brochure « Qu’est ce que le Tiers-état ? » de l’Abbé SIEYES est un tournant dans les courants de pensées. Les hommes sont libres d’évoquer la politique qui leur semble la meilleure et ils n’hésitent pas à utiliser leur plume. Rappelons que « Du Contrat Social » écrit par ROUSSEAU, l’a été par un Suisse, donc par un citoyen d’une république.
Beaucoup d’hommes politiques écriront. « Théorie Politique » de SAINT JUST, le Montagnard plus robespierriste que ROBESPIERRE est un écho à son ami qui avait inauguré la théorie du quart état (Les membres du Tiers Etat trop pauvres pour payer des impôts, donc pour participer aux élections).
A la veille de la Révolution, les mœurs subissent également un essor. Rétif de LA BRETONNE inaugure un style pseudo moraliste sur les filles de mœurs légères. Il faut aussi noter que « Les Confessions » de ROUSSEAU, illustrent assez une érosion de la morale. Morale dont se moquera le Marquis De SADE, futur Montagnard. Ce style, pourtant assez prude aujourd’hui, choque et plaît à la fois.
La Révolution ne nous laisse que deux noms dignes de figurer à la suite des VOLTAIRE, DIDEROT, ROUSSEAU. Ce sont deux poètes, deux frères : André et Marie-Joseph CHENIER. Ils sont, surtout pour le premier, dignes de figurer aux côtés des meilleurs (HUGO, RONSARD, BAUDELAIRE, VERLAINE, etc.). Ils offrent une poésie riche d’émotions car André écrit pour tuer le temps. Il est en prison, il attend la guillotine.
Durant la courte période révolutionnaire, personne n’égalisera leur style. Il est vrai qu’une nouvelle littérature émane de la rue : les journaux. Les principaux titres sont « Révolutions de France et de Brabant » (De DESMOULINS, ami de ROBESPIERRE mais Montagnard indulgent ou dantoniste), « Le Père Duchêne », journal des armées et des Montagnards hébertistes proches des Enragés, et surtout « L’Ami du Peuple » de MARAT.
Parmi les écrivains de la Révolution, on peut encore citer le mélancolique et parfois ennuyeux poète Gabriel LEGOUVE, Théodore DESORGUES autre poète qui composera entre autre « l’Hymne à l’Etre Suprême » supposé couronner la Révolution. Ce même DESORGUES aura le courage de s’opposer à NAPOLEON.
Faut-il rappeler que l’auteur de « Il pleut, il pleut, Bergère » est un autre dantoniste : FABRE D’EGLANTINE qui suivra DESMOULINS et DANTON sur l’échafaud.
En résumé, la littérature révolutionnaire, parce qu’elle émane de la rue, est plutôt médiocre. On retiendra surtout les philosophes : CHAMFORT, RIVAROL, CONDORCET et les deux frères CHENIER.
René MORIN
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