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n°272 - Jeudi 4 décembre 2003 |
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| Rubrique L'actu animée par Aggie |
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Poum tchack
Au bonheur des oreilles
A moins d'être docteur es musiques actuelles venues d'ailleurs, il est dur de connaître plus du dizième des groupes qui passent aux Trans avant les Trans. La soirée de vendredi ne dérogeait pas à la règle. C'est aussi pour ça qu'on aime les Trans. Pour la nouveauté, l'ailleurs. Si la programmation présentait son lot de découvertes, la soirée anniversaire fut aussi marquée par la présence de quelques pointures surprises.
Les festivaliers savaient que la soirée du vendredi, soirée d'anniversaire, devait réserver de bons moments, attendus ou non. Ils ne furent pas déçus. Avec DJ Aï, Mu ou Supermarket, le Liberté haut donnait d'abord la part belle à la musique électronique agrémentée d'une vraie performance scénique. Avec vocalises à la scie et filtres, DJ Aï assurait les transitions. Seule à danser sur scène, Mu, donnait à voir une mise en forme différente de la musique électronique. De leur côté, les costumes sombres soulignés d'une simple lampe frontale de Supermarket cachaient mal la pèche et le tonus des jeunes Chinois.
"Vas-y Benoît !"
(mon voisin de devant)
Pendant ce temps-là, au Liberté bas, la grande salle, DJ Boogaloo et DJ Lotari laissent leur place à Jean-Louis Brossard (papa du festival) qui passe furtivement annoncer qu'il a joué pour la première fois en France il y a 10 ans, aux Transmusicales, et qu'il revient pour nous ce soir. Qui ça, "il" ? Il, c'est Ben Harper, venu spécialement pour les 25 ans des Trans. Prestation courte, forcément, mais marquante. Amis lecteurs, on ne vous ment pas. Ben Harper sait jouer de la musique. Il sait très bien jouer, même.
"Piano or Disco ?"
Donna Summer
Pour certains, la musique électronique est une musique de mort, répétitive, solitaire, froide. Pour ceux-ci, Donna Summer est le remède. Sorte de Vénorique et Davina branché une perfusion de caféine, Donna Summer est seul sur scène, au Liberté haut, avec son ordinateur portable. Enfin, seul sur scène c'est vite dit. Il bondit, roule et gesticule tellement sur toute la scène que l'on peut parfois penser qu'ils sont plusieurs, Donna Summer. Oui, Donna Summer résume la musique à un ordinateur portable, gavé d'influences musicales savamment mélangées. Mais Donna Summer ne laisse pas passer une seule seconde sans qu'elle soit efficace. Par un mouvement ou un son qui ne fasse pas son effet. Ca plait. Et puis comment résister à tant de tonus, tant d'énergie ? A moins d'avoir les deux pieds coulés dans le béton on dansait ce soir-là au Liberté Haut. Une fois sa prestation terminée, le monsieur reprend ses affaires et sort de scène. Là, le DJ assurant les transistions enchaîne avec un morceau de Michael Jackson. Donna Summer revient alors sur scène pour danser, comme il l'a fait pendant tout son concert. Il entraîne avec lui le batteur de Tchick Tchick Tchick qui jouait un peu plus tôt au Liberté bas. Ils dansent, ils s'amusent. Comme tout le monde.
"C'est qui ?"
(la voisine du dessous)
Cette dame qui arrive sur scène, au Liberté bas, pour accompagner Le peuple de l'herbe, seconde surprise de la soirée, cette dame à la fine silhouette, c'est Beth Gibbons, la chanteuse de Portishead. Accompagnée à la trompette et au mix par Le peuple de l'Herbe, elle interprète trois chansons et puis ils s'en vont. La grande scène accueille alors un homme, seul, avec une guitare. Keziah Jones. A son tour, il offre au public quelques morceaux et tire sa révérence.
On sait fêter son anniversaire aux Transmusicales.
Rafales de batterie
Cinq heures du matin. Les oreilles sont déjà bien pleines et les salles commencent à se vider. Lentement, on se dirige vers les sorties. Pas de chance, Ralph Myerz and the Jack Herren Band arrive sur scène. Selon des mesures effectuées par des chronomètres suisses loués pour l'occasion, il aura fallu moins de 3 secondes pour que le public accroche. A votre gauche, un percussioniste qui monte sur ses tambours et s'asperge d'eau en rythme. A votre droite, un batteur, véritable Bobby Lapointe de la discipline, qui vous mine qu'il va essayer (sous vos yeux ébahis) de frapper sa cimballe en aveugle. Il y arrive et félicite le public comme si c'était lui qui venait d'effectuer une performance. Après quelques morceaux, on ne savait plus bien lequel des deux étaient le plus heureux d'être là : le groupe ou le public. Prestation scénique totale, bonne humeur, morceaux accrocheurs, tout était là pour clôturer une seconde soirée qui tenait largement ses promesses.
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