Bilan d’un jeudi soir aux Trans
Arno, les Bérus et une veste
Les 25èmes Transmusicales de Rennes débutaient hier soir, jeudi 4 décembre. Une soirée mémorable, pleine de bruit et de fureur. Entre le retour sur scène d’un groupe mythique des années 80 et la prestation remarquée d’un Arno europhile, ce fut surtout, pour moi, l’occasion de découvrir une pratique originale : le don de veste.
La soirée s’annonçait mouvementée. Dès les premières heures de la nuit, des punks déambulaient de ci de là, attendant ce qui devait être le summum de cette première soirée : le retour des Béruriers Noirs. Avant cela, le festivalier curieux avait pu découvrir plusieurs groupes sur le Village, adjacent au Liberté, la plus grande salle. Baba Touré & Attoung Blan ouvrirent de fort belle manière les hostilités, ce qui a du plaire à tout le monde vu l’ambiance dans la salle. Suivirent alors Smooth et Sheer.K, également deux très bonnes surprises, mise en jambe idéale pour Arno, (mon) premier gros morceau dans la salle du Liberté.
Liberté, je chéris ton son
Avouons-le. L’humble chroniqueur ici présent n’avait jamais écouté la moindre galette d’Arno. Ce qu’il regrette amèrement maitenant. Arno fit sur scène une prestation remarquable, entière, sincère. Sa reprise de l’hymne à la joie à l’accordéon aura certainement plus fait pour l’Europe que n’importe quel projet de Constitution. Ca paraît si simple, l’Europe, quand c’est sur un air de musette et servi par une prestation si forte.
Après Arno vinrent les punks. Par dizaines, centaines, par vagues entières. Les punks étaient là. Pour les Bérus.
Petit bérurier devenu grand
Pour celles et ceux qui votent encore Pompidou, les Béruriers Noirs sont un groupe de jeunes gens en bonne forme, très volontaires, servis par une musique efficace et des paroles bien senties, un genre de Frères Jacques de la chanson engangée. L’intérêt tout particulier du concert d’hier soir résidait dans le fait, unique bien sûr, qu’ils se reformaient pour l’occasion, les Béruriers.
Bien avant le concert, la salle était pleine à craquée. DJ Cook qui assurait la transition entre les différents groupes eu la bonne et heureuse idée de mixer les Sex Pistols ce qui eu pour effet immédiat de monter sur ressorts la moitié des spectateurs (ce qui, subséquemment, devait vider la totalité des verres de bière desdits spectateurs sur leurs petits camarades environnants).
Arriva l’Heure.
Celui qui n’a jamais fait douze mètres en trois secondes sans toucher le sol ne sait pas ce que l’on ressent à ce moment là.
Tout était là, intact, comme sur les cassettes qui passaient en boucle pendant nos vertes années. Les mêmes chansons, et des nouvelles, la même verve, la même énergie. Et le même public, comme copié-collé des années 80. Avec les téléphones portables en plus. Image étrange et incongrue du punk no future avec le dernier Nokia, en train d’envoyer un SMS pour dire qu’effectivement, Lobotomie n’a pas pris une ride.
Veste volante et jambes coupées
En plein milieu du concert, occupé à ne pas mourir étranglé à cause de ce petit malin qui tire la sangle de sa sacoche, le chroniqueur attentif gagne une veste, en cuir. Venue d’on ne sait où, par les airs, elle lui atterrit sur le visage. Sorti du black-out vestimentaire, le chroniqueur la propose à son voisin qui décline poliment mais propose, en échange, un pull en laine, lui aussi parachuté par miracle.
Sur ces entre faits chiffons, le concert se termine, il faut bien. Retour en 2003, avec cette veste et ces clés trouvées dans les poches anonymes.
Visiblement, le concert des Bérus ne sera pas un bon souvenir pour tout le monde.
Pour en savoir plus
• Les trans
Le site officiel
http://www.lestrans.com
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