Bon voyage Victoire.
Il n’y a rien de plus difficile que d’écrire pour une amie disparue.
Mais pourquoi, disparue ? C’est idiot ! Disons qu’elle est invisible.
Mais pourquoi, disparue ? C’est idiot ! Disons qu’elle est invisible. Invisible à nos yeux, mais pas à nos souvenirs !
Bonjour Victoire, arrête de regarder par-dessus mon épaule, tu sais que je n’aime pas que l’on regarde ce que je fais ! La dernière fois que nous avons échangé des propos par écran interposé, tu me demandais où en étaient les travaux à la ferme. Comment voulais-tu que je t’explique en détail les différentes étapes de la restauration. Aujourd’hui tu peux admirer le travail. Drôle de boulot les joints de pierres à la chaux, le soir on est blanc comme un boulanger.
Victoire j’y pense, tu devais venir manger une volaille cuite dans le four à pain, tu peux remarquer que nous ne sommes pas prêt de le mettre en marche, dans deux ans si tout va bien nous aurons terminé de refaire sa toiture et sa sole. Mais alors là ma poule, je te dis rien, mais c’est pendant deux jours que l’on fera ripaille. J’espère que tu seras des nôtres.
Ah ! au fait, j’y pense subitement, as-tu encore ce petit bonnet à poils bruns avec des oreilles de chat, que tu avais trempé dans ton pot de lait en 1942 ? Si tu le retrouves, la prochaine fois que tu viendras à la maison apportes-le, tu nous raconteras son histoire.
Allez ma Victoire, on termine par une chanson… comme avant ?
…
Ma Victoire en chantant, a ouvert la barrière,
Sa liberté guide nos pas,
De Dunkerque à Marseille, la trompette guerrière,
sonnera l’heure du dernier combat.
Tremblez ennemis du sourire,
Tremblez ennemis de la joie,
Victoire elle ne peut pas mourir,
La preuve aujourd’hui elle est là.
Les souvenirs nous reviennent,
Sachons vaincre et sachons sourire,
Et sachons nous souvenir d’elle,
Car elle est partie, sans rien dire.
Bon voyage ma Victoire, bon voyage !
Gazo
Gerard Georges BRETON
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