Le MEDEF et les saltimbanques.
Quelle France culturelle nous prépare le grand patronat ?
On met José Bové en prison car il dérange, et on jette les intermittents du spectacle en pâture aux fauves, car à priori, ils ne sont pas rentables!
Quelle France culturelle nous prépare le grand patronat ? Assurément une France à l’image du CAC 40 et de la mondialisation, une France stéréotypée, stérilisée, uniformisée et sans âme, comme la plupart des « artistes » fabriqués sur mesure par des groupes financiers.
L'accord a été signé par les organisations patronales (MEDEF, CGPME et UPA) et syndicales (CFDT, CFTC et CGC) le 27 juin 2003. "Les dispositions arrêtées par les partenaires sociaux le 27 juin (à 1 heure du matin) se traduisent par une professionnalisation du système" a déclaré Denis Gautier-Sauvagnac, chef de file de la délégation patronale, à l'issue de la réunion paritaire*.(*Source MEDEF)
Seulement voilà l’art et la création c’est autre chose, on ne le gère pas comme on gère la grande distribution, l’art c’est le flou artistique, c’est le débordement des idées, c’est l’inconnue des projets hypothétiques et utopiques, qui débouchent souvent sur de la création et au moins aussi souvent sur des bouts d’essais, pour en final apporter le rêve que les artistes nous donnent après leurs galères intérieures. L’amour de l’art, un mot que le MEDEF n’a pas inclus dans ses projets.
La rentabilité ne s’applique pas à la création, et nos hommes politiques le savent. Quand un designer ou une société chargée de créer des modèles ou des formes nouvelles, demandent des sommes exorbitantes pour sortir le premier moule ou le premier model, les entreprises payent, car elles savent que cet effort financier sera inclus de toutes façons dans le prix de vente. Mais quand il s’agit de payer la création des artistes de théâtre ou lyrique, c’est autre chose. Ces gens là ne sont pas productifs au sens investissementiel du mot, (s’il existe). La création c’est bien mais quand ça rapporte, nous pouvons le concevoir pour une entreprise, mais pour l’art une approche différente est nécessaire.
Mais, ne sommes nous pas en droit de nous poser des questions sur la clairvoyance de nos ministres actuels. A mon humble avis, leurs conseillers politique se sont trompés d’une case en choisissant la date de leur proposition de réforme. En France on sait que les vacances sont sacrés, et on profite des mois de juillet et d’août pour faire passer les changements ou augmentations. Manque de chance ils n’ont pas réfléchi à une chose pourtant simple, c’est en juillet et août que les festivals se font légions, et font tourner la boutique de notre tourisme.
Bravo Messieurs, vous venez de foutre en l’air la saison touristique de 2003. Pour faire un peu d'humour dans ce monde en marche vers le progrès, je dirais qu'il y a là une double erreur, communication et marketing direct.
Management boys !
Le plus incohérent dans tout ça c’est que les centaines de millions d’Euros qui vont être perdus à cause de cette restructuration de la profession et des droits sociaux des intermittents du spectacle, c'est que la faute en incombera comme d’habitude aux grévistes. C’est tellement plus simple comme ça !
Gerard Georges BRETON
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