 |
|

| L'hebdo |
LES ARCHIVES
LA REDACTION
AIDE ET CONSEILS
|
|
|
 |

EMMANUELLE
Une révolution des mœurs
Trente ans après le phénomène, Emmanuelle demeure un film érotique mais le livre n’est plus que l’histoire d’une femme à la recherche de son corps. Même l’auteur n’y a rien compris car le reste de ses œuvres est d’une médiocrité déroutante.
Peu après 1968 et les slogans « Faites l’amour, pas la guerre ! », l’évolution des mœurs subit sa révolution. Certes, les mentalités restent « bloquées » mais il n’y a plus rien de honteux à aller voir Emmanuelle qui reste à l’affiche des cinémas pendant plus d’un an.
Ce film est l’adaptation d’un roman érotique d’Emmanuelle ARSAN.
(Rappelons que le porno fait également une entrée fracassante avec « Gorge profonde » qui sauvera la vie à Jessica LANGE dans KING KONG).
Si ce roman a été une vraie révolution, qu’en est-il aujourd’hui ? Une femme qui se découvre elle-même. Le roman n’a rien de vulgaire, il est devenu presque chaste et sera peut-être un témoignage de cette époque.
Aujourd’hui, les passages « chauds » sont parfois le point obligé de tout romancier qui parle d’amour. Jadis, on aurait pu écrire, ils fermèrent la porte derrière eux et le tout serait résumé par une série de points.
Il en est de même des films qui surenchérissent : « La reine Margot », etc. où le sexe ne se justifie pas vraiment.
Ce qui scandalisait autrefois est devenu naturel et Emmanuelle ARSAN dans son unique chef d’œuvre se contente de louer la femme et l’amour. Malheureusement. Si son nom devait passer à la postérité, ce serait uniquement par Emmanuelle car le reste de ses oeuvres n’est que pâle copie.
Emmanuelle, c’est peut-être aussi pour la gens féminine, le déclic de la libération de la femme au niveau individuel. Elle prend peut-être conscience que c’est son corps mais très bientôt les magazines exploitent à leur tour le filon et une normalisation de la femme idéale s’établit. La femme se soumet à un nouveau diktat : il faut plaire selon des normes établies.
Mais Emmanuelle n’a pas libéré le reste : on dira toujours une pute, une salope… peut-être parce qu’Emmanuelle ne l’était pas assez…
Un livre qu’il faut relire pour constater les progrès accomplis, ceux qui restent à faire et surtout, pour contrer ceux qui veulent faire marche arrière.
René MORIN
Illustration : Peinture de COURBET
erpm@freesurf.fr
www.webzinemaker.com/telezine
www.webzinemaker.com/coran
www.webzinemaker.com/index.php3?action=fiche_aut&pseudo=erpm
www.netexos.com
|
|  |
 |
 |
 |
|
|
 |