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Dinosaures et crocodiles
La chaîne du chaud
On cherche souvent des théories pour expliquer l’extinction des dinosaures mais pourquoi ne pas chercher à notre époque ?
Les reptiles sont de plus en plus nombreux au fur et à mesure que l’on se rapproche de l’Equateur. Il n’existe que trois espèces en Angleterre ! Inversement les batraciens sont mieux représentés au fur et à mesure qu’on s’éloigne des tropiques.
Les crocodiliens forment une famille intéressante si on essaie de comprendre la disparition des dinosaures. La température détermine le sexe du jeune crocodile : exemple pour le crocodile du Nil, au delà de 40° C, ce sera des mâles et en dessous de 38°C, ce sera des femelles.
Il est tentant de faire le parallèle entre les dinosauriens (en supposant que ce soit bien des reptiles) et les crocodiliens. En admettant qu’une éruption volcanique comme il y en a eu dans les années 90 en Indonésie puisse faire baisser le climat de 2° pour deux années, on imaginera aisément les conséquences d’une catastrophe de plus grande ampleur.
La conséquence sur les seuls reptiles serait une raréfaction fatale des mâles. Evidemment, il en reste mais les dinosauriens avaient-ils une marge d’erreur aussi grande que celle de notre crocodile du Nil (40 – 38 = 2° C) ?
Objectons également que tous les dinosauriens n’avaient pas la même marge d’erreur ? Peut-on imaginer une espèce sans ses prédateurs (voyez les lapins en Australie). De même peut-on imaginer un excès de prédateurs (voyez les tigres mangeurs d’hommes qui vivent en vase clos !).
En résumé, dans l’hypothèse où une partie des dinosauriens aurait échappé au désastre, un déséquilibre écologique aurait achevé ce que la nature avait commencé avec des moyens plus fort.
Il est certain que les mammifères (encore petits à l’époque) étaient mieux équipés (sang chaud, hibernation) et qu’ils étaient peut-être une quantité négligeable pour les grands carnassiers. Les carnassiers moyens ont sans doute prélevé un tribut à ses quadrupèdes mais les mammifères avaient une autre arme : ils ne laissaient pas leurs œufs à portée du premier venu.
Dans ce combat pour la vie, les mammifères étaient les plus forts mais il reste un problème : certains paléontologues supposent que les dinosaures avaient le sang chaud ? L’auraient-ils eu simultanément ? Si non, n’auraient-ils pas été victimes de ce déséquilibre écologique dont j’ai parlé plus haut ?
René MORIN
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