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Passes-moi le fusil !
Avec ou sans les cartouches?
Fais le malin c’est l'outil pour aiguiser les couteaux ! Là devant ton nez, avec le manche rouge! Allez réveilles-toi, fermes-moi cette télé et viens m’aider en cuisine s’il te plait.
Que vont manger nos gendres et nos belles-filles dans quelques années, et avec un brin d’humour combien y aura t-il de licenciements dans les usines de casseroles faitout et autres presse-purée et dénoyauteurs de cerises ?
Peut-on avec une vingtaine de témoignages établir un diagnostique reflétant la tendance actuelle d’un état d’esprit, ce n’est pas certain mais comme plus de 90 % des réponses vont dans le même sens, on peut supposer qu’en multipliant les questionnaires on obtiendrait sensiblement le même résultat.
Combien de fois n’avons-nous pas entendu au sein de notre famille la question suivante :
Qu’est-ce qu’on mange ? Et immanquablement la réponse fuse.
- Des pâtes à la Bolognaise ? A la Carbonara ? Ou alors une salade avec du jambon et une purée mousseline ! A moins que tu ne préfères goûter le civet à l’ancienne que j’ai acheté chez Quartdefour ?
- Ouvre-donc le confit de ta mère, je vais peler quelques pommes de terre.
- Tu plaisantes ! Tu as vu l’heure il est midi.
Et voilà en deux phrases on a résumé la situation.
a) Qu’est-ce qu’on mange ?
b) Trop tard il est midi !
Pour ne pas poser la question (a) il faut anticiper les courses et les menus. Encore faut-il en avoir la volonté ou la disponibilité, et beaucoup de femmes n’ont plus la possibilité de passer 1 heure par jour en cuisine. Nos compagnes ont trouvé d’autres sources d’inspiration que le faitout de grand-mère, et comme en toute logique elles veulent (à juste titre) devenir notre égal, elles nous imitent et délaissent les fourneaux. Bien entendu certains d’entre-nous, messieurs, enfilent le tablier, et éplucheur en main se dirigent vers l’office, mais ces braves là sont loin d’être une majorité. Nos cuisines sont donc vouées à l’abandon des ragoûts mitonnés à l’ancienne, ce qui nous ramène à la phrase (b) Trop tard il est midi… Ouvres un boite !
Alors comment dans cette ambiance là faire passer le message à nos jeunes et laisser à notre descendance quelques recettes régionales où de famille. Les repas entre copains se dérouleront-ils désormais devant un comparatif de la nouvelle pizza de chez Fredo, ou le bon poulet TouCuit-avec-le-sachet-de-sauce de la grande surface du coin ?
En extrapolant n’avons-nous pas tort de baisser les bras car, qui profite de notre laxisme et qui en souffre ? A l’évidence ceux qui en profitent sont les fabricants de conserves ou de produits toufré toupré, et celui qui en souffre c’est notre porte-monnaie car en plus…il faut payer les taxes pour le recyclage des emballages. C’est ubuesque mais c’est comme ça nous vivons une époque formidable.
Quand à la passation du savoir entre les générations, une enquête plus approfondie démontrerait certainement une différence d’éducation et de comportement en fonction du milieu de vie des familles. Dans la ville, madame et monsieur Cadresup et madame et monsieur Jogging ont-il la même approche de leur savoir à léguer à leur progéniture, que madame et monsieur Duvillage et madame et monsieur Dupotager ?
Même si la décentralisation est à l’ordre du jour, il faut bien admettre que le regroupement urbain se fait au détriment de la vie rurale. Mais qui à raison et qui vit mieux que l’autre ? Madame ou monsieur Cadresup qui n’apprendra pas à sa descendance le civet de lièvre au genièvre parce qu’il faut passer : 1 heures par jour derrière Internet + 30 minutes derrière le portable + 1heure 30 heures en voiture + 8 heures au boulot + 2 heures devant la télé + 1 heure de sport et… 1 heure de détente pour se reposer des 16 heures précédentes !
Ou madame et monsieur Duvillage qui vont s’isoler un peu dans leur environnement de verdure en cumulant 8 heures de boulot + 2 heures au jardin + 4 heures à la maison et malgré tout 1 heure 30 de télé 25 minutes derrière Internet et 5 minutes de portable !
Même si on a l’impression de mélanger deux sujets, ils sont étroitement liés à notre façon de vivre en famille et à notre façon de nous nourrir donc de partager, car un repas en famille préparé ensemble de l’épluchage des légumes à la fin du repas avec ce petit geste de satisfaction que l’on fait en se tapotant l’estomac, c’est un moment de bonheur irremplaçable.
Encore faut-il en avoir envie ou tout simplement en reconnaître l’intérêt !
Certaines critiques avancent le fait que les hommes devraient prendre la relève et apprendre les recettes à leurs garçons. Cela sera certainement réalisable dans 2 ou 3 générations mais pour l’instant, et ce depuis des millénaires, ce sont les femmes qui détenaient le pouvoir et le savoir en cuisine, en se transmettant les recettes entre mères et filles. Les hommes cultivaient le jardin et cassaient le bois de chauffage pour que les femmes puissent préparer le repas. Est-ce la faute des hommes d’aujourd’hui si cette classification des tâches existe depuis toujours ?
Il serait facile de dire inversons les rôles mesdames, nous prenons les casseroles et vous prenez la bêche et la hache ! Mais nous ne le dirons pas afin de ne pas être accusé de machisme. Il faut bien admettre que depuis une vingtaine d’année les hommes ont tous les défauts. Ils sont soit macho, soit ils ont besoin de leur mère. Au moindre bobo ils pleurent dans la jupe de leurs femmes, ne s’occupent pas des comptes de la maison, ne pensent qu’à leur copains, ne font jamais le ménage, ne savent raconter que des blagues stupides sur les blondes, laissent traîner leurs chaussettes sales, et picolent des bières devant la télé en regardant un match de foot.
Pendant ce temps là les femmes, vont au travail, puis à l’école cherchez les gosses, font les courses, s’occupent des comptes de la maison, soignent le bobo du conjoint, font le ménage le linge et la vaisselle, sans oublier les carreaux, ne racontent pas de blagues stupides sur les hommes, ramassent les chaussettes sales, et notent soigneusement la dernière recette de madame Poilour qui justement passe à la télé. Après elles vont ressortir pour amener le petit à l’entraînement du foot, puis la petite dernière à la danse. Ouf ! Effectivement dans ces conditions quand voulez-vous qu’elles aient le temps de faire mijoter un bœuf mironton ?
Vous voulez une petite recette simple pas cher rapide et goûteuse ?
Le ragoût de pomme de terre.
Pour 4 personnes :
5 ou 6 belles pomme de terre – 3 ou 4 carottes – ½ oignon – 2 gousses d’ail
4 C à soupe d’huile d’olive – 1 C à café de Maïzena dans 2 verres de bouillon de légumes
-Thym/Laurier Sel poivre.
Couper les carottes en morceaux de 2 cm les pommes en morceaux de 3 cm (à peu près)
Faites rissoler sur les 4 côtés dans l’huile d’olive avec l’oignon.
Quand tout est bien doré (pas trop) couper le feu, attendez 1 minute et ajoutez les 2 verres de bouillon de légumes ou de l’eau avec la maïzena, (pas de bouillon cube par pitié.)
Jetez l’ail le thym le laurier le sel et le poivre, et laissez mitonner à feu doux pendant 1 heure. (Ajoutez du bouillon si nécessaire mais juste pour que les légumes ne prennent pas trop au fond du faitout)
Vérifiez que les pommes soit tendres et servez avec une tranche de jambon de pays ou
une côte d’agneau à la saison.
Avec une tranche de pain de seigle c’est divin et ça coûte…le temps de le faire.
Allez le bonjour vous va !
Rassurons-nous !
Sur 18 témoignages tranche d’age (18/25) nous retiendrons ces chiffres.
Combien de plat sais-tu cuisiner ? Garçons 1 - Filles 3
As-tu envie d’en connaître plus ? Garçons Oui - Filles Oui
Avec les copains c’est :
Tous prés (a) ou fait en cuisine (b)? Garçons : (a) 12 - Filles (b) 14
Les garçons ont encore des progrès à faire c’est certain, mais comme dit le proverbe :
Les meilleurs fruits sont en haut de l’arbre, encore faut-il avoir le courage d’aller les attraper.
A vos fourneaux messieurs, madame est partie faire son jogging après sa réunion syndicale.
Gerard Georges BRETON
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