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Me trompe t-elle?
Impossible! Pas moi! Jamais elle n'oserait toucher un autre homme!
Pourtant malgré ma bedaine ma télé, mes copains de tiercé, et
mes chaussettes qui traînent, tout va bien ! Alors pourquoi ferait-elle ça ?
D’après les avis de plusieurs de mes concitoyens, l’homme préfère ignorer son infortune plutôt que de connaître l’horrible vérité. Il reste intimement convaincu que son comportement, satisfait pleinement sa compagne. Si un jour, un reproche lui est fait sur le peu d’intérêt qu’il apporte depuis quelques temps à sa moitié, il se retourne vers elle en l’accusant d’être moins attentif à sa féminité, donc de moins éveiller chez lui le désir ou l’intérêt.
Plusieurs affirmations montrent aussi que l’homme n’acceptera jamais de prendre conscience (devant son épouse) qu’il a parfois été laxiste, et routinier souvent, n’éveillant plus lui aussi, l’intérêt attendu par l’autre. Par fierté il n’admettra jamais que c’est sa femme qui l’a gentiment conduit vers la sortie, il affirmera toujours et le criera bien haut : « Qu’il y avait pensé depuis longtemps, et que cette vie ne pouvait plus durer. » Fierté de mâle oblige.
Doit-on cacher la faute ou l’avouer à l’autre au risque de tout perdre, et de toutes façons quelles transformations cette confidence apportera au couple ?
Christian nous dit :
« Après avoir annoncé ma faute à mon premier amour, notre couple fût brisé, j’avais vingt ans, ma mère me donna un conseil : Si l’un de vous deux trompe l’autre, ne dites rien. Vous éviterez la rupture d’une belle histoire d’amour pour avoir assouvi un fantasme. » (F de C)
Une mère doit-elle donner ce genre de conseil, sachant qu’il peut interférer sur la personnalité propre de celui qui le reçoit ? Cacher n’est-ce pas vivre avec un poids permanent sur la conscience et sur le cœur, et ce poids n’empêche t-il pas de s’épanouir pleinement ? Peut-être faut-il se dire, j’ai fais une erreur, jamais plus je ne commettrai cette ignominie, cette insulte faite à l’être aimé. Tromper l’autre n’est-ce pas se tromper soi-même ? Mais il existe aussi des situations tellement conflictuelles que la recherche d’une autre compagne devient non seulement inévitable, mais aussi nécessaire à l’extériorisation des sentiments. Mener une double vie est-ce compatible avec la sérénité, et peut-on concevoir que l’homme a toute latitude pour changer de partenaire, parce-que ses gênes de reproducteur l’y incitent ?
Guillaume nous dit :
« Il vaut mieux être cocu que battu ! Cela prouve que l’on a une femme qui plait, et qui est en pleine possession de tous ses « moyens ». Je ne suis ni jaloux maladif ni maso, mais libre dans ma tête, le corps de chacun appartient à lui-même et on a donc le droit d’en disposer à sa guise.
Si l’un des deux donne un coup de canif dans le contrat, que l’autre le sache ou pas, l’affaire aura été faite. Alors pourquoi casser un couple ? La nature a ses exigences. L’essentiel est de se retrouver pour des moments forts. Mais il faut parfois changer les bêtes de pâturages ».
Guillaume annonce peut-être ces affirmations pour se donner bonne conscience. Aurait-il donné ce fameux coup de canif dans le contrat ? Et si son épouse faisait la même chose, aurait-il la même réaction ? C’est loin d’être certain, la fierté de l’homme à garder sa compagne pour lui seul, est inscrit dans ses gênes, sauf quelques rares exceptions qui pratiquent l’amour libre. Mais quand on pense et pratique l’amour libre, ou est l’Amour ?
Isabelle nous dit :
« Je comprends pas mal de copines et de copains, car moi je ne voudrais pas de leur Jules ou de leur Juliette. Mais je comprends moins le cas de la fille en or qui porte des cornes fluos clignotantes, parce que son mari est un fieffé dragueur. Fidèle pour être fidèle et vivre dans la souffrance, je n’en vois pas l’intérêt. Il est établi que les hommes sont plus sujets aux comportement compulsifs sexuelle. Notre couple n’a pas d’histoire parce que je suis la femme et la maîtresse d’un étalon attentif, bourré de qualités et fort présentable. Nous avons eu beaucoup de chance de nous trouver, l’amour a été pour nous une chose évidente ».
Je terminerai sur Marco qui nous dresse un tableau angélique de son couple et à qui je souhaite beaucoup de moments de bonheur.
« Je ne me résignerai jamais à courtiser mon amie, mon alliée, ma confidente pour l’éternité.
L’amour est une compétition, le croire acquis peut conduire à la défaite. Annie m’a suivi aux quatre coins du monde, lâchant boulot sur boulot pour moi à chaque fois. Nous sommes complices, à la limite de la transmission de pensée. La perdre, que ce soit de mon fait ou du sien, serait me perdre, je le réalise à chaque fois que nous exprimons une même idée en même temps, nous sommes indissociables ».
Faut-il avouer sa faute ou garder pour soi ce secret très intime ? Les femmes ont-elles les mêmes réactions sur le sujet ? Il est difficile voire impossible d’établir un diagnostique définitif car entre l’affirmation avant l’acte, et la décision à prendre après l’erreur, il n’est absolument pas certain que la réponse soit la même.
Les femmes aussi sont parfois infidèles, mais bien souvent par manque de douceur et de complicité de leur compagnon de route. Physiologiquement une femme résiste mieux à l’absence ou à un espace temps plus long de rapport physique. Pour l’homme, la domination et le désir de conquête entrent aussi dans le contexte de la vie amoureuse, et ces désirs ou pulsions semblent être la cause principale de l’infidélité.
Si nous reprenons le témoignage de Marco, nous remarquons la sérénité des propos et l’absence totale de regard concupiscent vers le corps d’un ou d’une étrangère. Il ne peut donc y avoir tromperie quand il n’y a pas de motifs à le faire. Nous devons donc en conclure que c’est le manque d’amour, de confidence, d’attention, et de complicité qui prédisposent l’être humain à l’infidélité, femmes ou hommes confondus. Quand à avouer ou à cacher sa faute, il semblerait que sur cinq milliards d’individus, dix milliards de réponses se profilent à l’horizon.
Georges Lartisan
Gerard Georges BRETON
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