Les beaux champs d'Isabella
Le nom dévoilé
Trois semaines écoulées et toujours pas de brune fumeuse à l'horizon... se disait Albin, tous les jours installé au café des trois Baudets, dont il avait maintenant fait son QG.
Le patron, un homme dans la cinquantaine dont les tempes grisonnantes ajoutaient au charme, avait fini par remarquer cet étudiant qui s'asseyait toujours à la même place sans avoir aucun ami qui le rejoignait, fumait sans terminer ses cigarettes et ne cessait de regarder vers la porte d'entrée de l'estaminet.
Et cet après midi là, il s'approcha de la table où Albin buvait son café "allongé", et curieux, lui demanda
- Vous attendez quelqu'un de spécial, jeune homme?
Albin comme réveillé de son rêve, et subitement dérangé, le fixa l'air contrarié:
- Non,...euh! enfin oui,... je ne connais pas la personne, une femme brune, la quarantaine!
- Isa Beauchamp peut être ?dit le patron, et Albin crut à un songe...
- Comment ? vous la connaissez ? Albin s'étonnait que le patron put soudain identifier " sa belle " lui qui ne savait rien d'elle !!!
- Mais jeune homme, c'est une habituée, elle vient régulièrement lorsqu'elle est de passage à Paris!
- De passage à Paris ? elle n'habite donc pas la capitale? lança Albin, pour dire quelque chose...tellement son étonnement allait grandissant.
Le patron, sûr maintenant que ce jeune étudiant attendait Isa Beauchamp, fit mine de partir, mais Albin fou de dépit à l'idée qu'il ne savait rien d'elle, alors que cet homme la connaissait voulut en le questionnant en savoir davantage.
- Savez vous quand cette dame revient ?
- Oui, vous pouvez consulter ses jours et heures d'arrivée sur Paris, en regardant au tableau d'affichage des cours de l'Institut X, où elle donne ses conférences.
Enfin un repère, une véritable piste, Albin satisfait, s'il avait pu aurait embrassé le patron, mais il se contenta de payer sa consommation et s'en fut glaner des informations sur la dame en question, le coeur léger, content d'avoir son identité.
Isa, c'était un bien joli prénom...
Isa, Isa, Isabeau, Isabelle, Isabey, Isa, Isa, et le chant du Désir roulait sur ses lèvres...
C'était une journée d'arrière saison absolument splendide, où le soleil était de la partie, et Albin se plut à penser que le temps s'accordait à son humeur:
Au beau fixe
Les mains dans les poches, sûr de lui, il se dirigea très rapidement vers l'Institut X qui se trouvait à quelques centaines de mètres du troquet.
Dés l'entrée il aperçut sa photo affichée sur un tableau, l'aura que cette femme dégageait lui sembla irréelle, et son coeur de jeune amoureux battit la chamade.
Elle était moins belle qu'il ne croyait, au vu de leur première rencontre, son nez lui parut trop long, ses narines trop ouvertes, et son sourire comme figé...mais il ne la désira que plus fort, car elle était humaine, ce qui paraissait à ses yeux être une grande qualité.
Cette qualité qui manquait tellement à ses jeunes amies, cette aura d'humanité, qu'elle avait fini par le rejeter, lui, l'hyper sensible dans un monde occulte, où seul il arpentait le chemin de la vie!
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Andréa Pastor Iñigo ©
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