Santé aux Philippines.
enfin une médecine pour les plus démunis.
Tiers-Monde, pays en voie de développement, au fil des ans, les terminologies changent... Pas la situation de détresse dans laquelle se trouvent ces peuples démunis, ni l'obstination des quelques irréductibles qui refusent envers et contre tout d'y rester indifférents.
LES PHILIPPINES, UN PAYS ENLISE DANS UNE CRISE AUX MULTIPLES FACETTES. Vingt années de dictature et de corruption et presque autant d’une politique économique focalisée sur l’export, donc, totalement dépendante des fluctuations boursières et capitaux étrangers ont plongé les Philippines dans une situation de sur-endettement désastreuse. Diminution des ressources en eau potable, déforestation massive, pollutions industrielles et agricoles, la liste de fléaux écologiques qui s’abattent sur l’archipel est certes longue et pesante, mais ne permet pas d’occulter la situation catastrophique de la population philippine en termes de santé et de sécurité.
A l’heure actuelle, PLUS DE 20% DE LA POPULATION PHILIPPINE VIT EN DESSOUS DU SEUIL DE PAUVRETE. Ce qui signifie que 18 millions de philippins tentent chaque jour de survivre, à l’instant où, dans la jungle française, on se soucie de se prémunir du vol de son portable ou de l’augmentation du prix du paquet de cigarettes. Plus alarmant encore, sur les 80 millions d’individus que compte le pays, les autorités reconnaissent que 2,5 millions des enfants se trouvent dans une situation désespérée.
Comme toujours, partout où sévit la Misère, MAL-NUTRITION, MALADIES ET VIOLENCE SONT REINES.
On compte ainsi, dans la seule ville de Manille, 4 millions d’enfants souffrant de malnutrition chronique. Imaginez ce que cela représente sur les 300000 km2 sur lesquels s’étend l’archipel. Les Philippines occupent le deuxième rang des pays de la région où l’incidence de la tuberculose est la plus élevée (et paradoxalement le 4° rang des pays producteurs de médicaments). Chaque jour, 75 philippins en meurent et 90% de la population est exposée au bacille. Des conditions d’hygiène plus qu’aléatoires et la dysenterie très répandue aboutissent à un taux de mortalité infantile estimé à 45 pour 1000 et une espérance de vie de 66 ans (contre 78 ans en France). Des milliers d’enfants meurent encore de maladies évitables, ou d’ordinaire bénignes, telles que la rougeole, le paludisme, la diarrhée, la malnutrition et les infections respiratoires aiguës. Quant aux femmes, outre les problèmes engendrés par un planning familial déficient, on dénombre 60 % de femmes battues (rapport des hôpitaux des grandes villes), 3000 cas de viols en un seul mois, déclarés en commissariat et une estimation de 500000 femmes alimentant le marché de la prostitution dans le pays.
UNE MEDECINE A DEUX VITESSES. La médecine occidentale est coûteuse, tant en matière d’outils que de soins. Que ce soit pour un simple traitement pharmaceutique ou une hospitalisation, l’addition s’avère rapidement indigeste pour ces philippins qui peinent déjà à subvenir à leurs besoins quotidiens.
D’autre part, seuls 63 % de la population rurale bénéficient d’installations sanitaires et 20 % n’ont pas accès à l’eau potable. Dans les années 1960, on comptait 1600 habitants pour un médecin, en 1990, ce chiffre grimpe à 8300.
Dans ces conditions, le médecin n’est consulté qu’en dernier recours, après avoir fait appel aux guérisseurs locaux et bien trop souvent à un stade avancé de la pathologie. En effet, outre l’aspect économique, il ne faut pas oublier le contexte culturel qui pousse les autochtones à se tourner plus facilement vers les guérisseurs traditionnels que vers les « docteurs blancs ». Force est de constater que l’usage systématique de cette médecine moderne n’est pas approprié dans le cas présent.
ET POURTANT, IL EXISTE UNE ALTERNATIVE. En s’attardant à rechercher les recours possibles à ces deux freins du système de santé que sont les caractères économique et culturel, on finit par se tourner vers la médecine traditionnelle orientale. L'efficacité et la pertinence de la pratique de cette médecine ne sont plus à démontrer. Médecine universitaire riche d'une histoire de plusieurs milliers d'années et reconnue par l'Organisation Mondiale de la Santé, elle soigne le quart de la population mondiale. Notons qu’elle ne se substitue pas à la médecine occidentale. Ses principes et ses moyens sont fondamentalement différents, les deux étant parfaitement compatibles. L’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) recommande d’ailleurs l’association des deux médecines pour le traitement des maladies graves (forum mondial pour la santé de 1991).
La médecine traditionnelle orientale est une médecine de terrain particulièrement bien adaptée à toutes les situations précaires : *Elle est une médecine à la fois relationnelle et contextuelle, qui accorde une grande importance au rapport médecin-malade et à l'environnement du patient. *Elle est bien acceptée par les populations asiatiques car ses racines sont proches des cultures populaires. *La méthodologie du diagnostic est basée sur un examen clinique direct, les examens sanguins, tissulaires et autres méthodes d'exploration de la médecine occidentale étant considérés comme des plus non indispensables. *De nombreuses maladies peuvent être traitées dans les conditions les plus difficiles par les méthodes de traitements polyvalentes de la médecine chinoise *Les médicaments de la pharmacopée chinoise et aiguilles d'acupuncture se transportent et se stockent aisément. *Tout le matériel d'acupuncture est à usage unique *Le coût global de la pratique de la médecine traditionnelle orientale est bas, condition essentielle à la conduite d'une action humanitaire durable, en pays pauvres.
UN PREMIER PAS EN CE SENS. Prochainement, un premier dispensaire de médecine traditionnelle orientale viendra au secours des plus démunis de la région des Visayas.
C’est du moins dans ce but que se concentrent toutes les ressources, tous les espoirs des membres de l’association « Médecins des Terres d’Asie » qui souhaiterait vivement voir accomplie l’implantation de cet hôpital pour le début de l’année 2003. Le programme humanitaire est en fait articulé sur trois axes principaux : 1. La structure d’accueil, son implantation et son fonctionnement. Elle devra permettre la gratuité totale des traitements, et, dans les cas graves ou pour les malades trop éloignés du dispensaire, une équipe mobile capable de prodiguer les soins nécessaires en tous lieux. 2. La formation de personnel soignant sur place, permettant ainsi d’inscrire l’action dans un processus durable. 3. L’organisation de missions d’éducation sanitaire auprès des populations de la province.
Il serait fort souhaitable que cette initiative puisse se répéter par la suite, en divers autres lieux, afin de voir enfin reculer significativement la détresse dans laquelle se trouvent ces millions d’individus innocents, victimes de cette mondialisation déraisonnée, hors de toute notion d’Humanité.
pascaline mestrel
mespa@wanadoo.fr
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