La princesse au fion pourri
Saga jaune devant et marron derrière
Dans le château de Méglande, aux confins d'un vieux terroir,
La princesse Ramona, en vain, cherchait un mari.
Pas facile d'en trouver quand on a le fion pourri.
On a beau fouiller partout : point de zob dans le tiroir.
Un problème glandulaire était la cause du mal,
Ce à quoi se rajoutaient deux ou trois hémorroïdes,
Un anus trop grumeleux, une odeur bizarroïde.
Pas de quoi, vous comprenez, attirer l'effleur du mâle.
La pauvre, désespérée, ne songeait plus qu'à la mort.
Elle avait fait commandé une potion de cigüe,
Mais le rebouteux du coin fut soudain pris de remords :
Pour ne pas qu'on la lui prenne, avala sa décoction.
Ramona, alors furieuse, explosa en cris aigus,
Fit quérir le macchabée, l'empala par déception.
*
Macabre abomination que le sort du vieux Laurent :
Transpercé de bas en haut sur la Place des Citrons,
Un panneau cloué au coeur disant : "Je suis un étron".
Il est vrai que ce sorcier était mou et odorant.
Le pueblo fut courroucé par un acte aussi atroce,
Se jeta sur le palais, massacrant tous les soldats.
Ramona se fit la malle, escortée de Ramada
Sa fidèle gouvernante. Allez zou! Dans le carrosse!
Sur le chemin de l'égire arriva un grand malheur :
Confrontée, dans l'habitacle, aux senteurs de sa maîtresse,
Ramada périt bientôt... ce ne fut pas de chaleur!
L'attelage, indisposé, rendit son dernier soupir;
Le cocher, à bout de nerfs, se pendit avec ses tresses.
Oh! La pauvre Ramona avait perdu son empire.
*
Au milieu de la forêt remplie de bêtes sauvages
La princesse déposée se résolut à l'errance,
Apeurée, sans protection, sous sa pelisse garance.
Ces manants devront payer de leur vie un tel outrage!
Ramona, que la fatigue envahit au plus haut point,
S'effondra dans un bosquet, épuisée, à bout de forces,
S'endormit comme une arsouille et puis ronfla comme un morse.
Un curieux passant par là aurait cru voir un sagouin.
"Quel est donc cet animal?", s'écria un boisilleur.
Un ours? Un tigre? Un dragon? Il s'empara de sa hache,
Bien décidé à tronquer ce machin venu d'ailleurs.
Au moment où la cognée aurait dû trancher sa tête,
Ramona se réveilla et poussa un cri de vache.
Le bûcheron, intrigué, examina cette bête.
*
"Crévingtdieux, qu'est-c'tu fous là?", éructa Francis Lalunne,
Bûcheron de son état, à l'adresse de la miss.
Ramona fut très choquée car ce con puait la pisse,
Venait de la tutoyer et lui reluquait la lune.
De sa voix de phacochère, elle grogna sa réponse :
"Vas donc, d'un pas diligent, sucer des queues en enfer;
Casse-toi de là gros gland, mêle-toi de tes affaires".
Francis ne supporta pas la réplique de ce sconse.
Il empoigna Ramona violemment par la perruque,
Arracha ses vêtements, l'allongea dans les broussailles,
Puis baissant son pantalon, lui fit un drôle de truc :
Il s'assit contre sa face et lui chia dans la bouche.
Originale vengeance! Etonnantes représailles!
Dépourvu de répartie, ce rustre avait pris la mouche.
*
Ramona, dont le palais venait d'être pris d'assaut,
Etait loin de se douter que sa chambre anatomique
Devrait subir l'intrusion d'une matière organique
Que l'on fabrique sans peine en écoutant Larusso.
En mâchant ce hamburger, qu'elle trouva à son goût,
Ramona fut transpercée d'une idée qui fit recette :
Elle entreprit de fonder un resto à la sauvette
Qu'elle appela Mac Donald, au pied du mont Canigou.
Les humains, c'est bien connu, aiment manger de la merde,
S'extasient avec talent devant un verre de pisse,
Tout en disant, sans rougir, qu'il ne faut pas que l'on perde
La saveur alimentaire et la qualité des choses.
Croyez-le si vous voulez ou soyez en les complices,
Mais gardez bien à l'esprit tous les effets de la cause.
Mel.A@levillage.org
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