Fumier de lapin !
"Ce matin un lapin
a tué un chasseur
c'était un lapin qui
c'était un lapin qui
ce matin un lapin
a tué un chasseur
c'était un lapin qui
avait un fusil"
(extrait d'une marche militaire)
Pour les enfants, le lapin est un animal très doux, très gentil, indécrottablement inoffensif, une sorte de chimère à mi-chemin entre la peluche et l'être humain.
Chimère, mon cul ! Le lapin est un sacré fumier, voire une incommensurable ordure.
Commençons par le décrire. Vous verrez d'emblée à quel point il est ridicule :
1) Une grosse tête sertie d'une paire d'yeux moqueurs, et au-dessus de laquelle trônent deux gigantesques oreilles oblongues dont l'utilité reste à démontrer. Convenez-en, la tête du lapin est tout ce qu'il y a de plus grotesque.
2) Son corps, en forme de ballon de rugby, n'a d'autre but que d'occasionner délibérément de regrettables incidents en plein Tournois des 6 Nations*.
Leurrés par la malignité maladive du lapin, les pauvres joueurs se précipitent sur lui en croyant qu'ils vont pouvoir marquer un essai, mais l'animal fourbe détale au dernier moment, laissant les malheureux rugbymen seuls face à une terrible angoisse existentielle. Notons, toutefois, qu'à plusieurs reprises ce petit fumier velu fut pris de court et reçut de façon tout à fait méritée un bon coup de pied là où il faut. C'est bien la preuve que Dieu existe !
3) Sa petite queue de tarlouze, espèce de pompon de marinqui aurait poussé là par hasard, contribue tout autant que le reste à faire de ce bestiau un invraisemblable assemblage.
4) Ses dents sont des armes abominables. La furie qui anime les mâchoires de ce rongeur ne connaît aucune limite. Gare aux imprudents qui laissent traîner par mégarde un quelconque objet ! L'animal se ruera bestialement dessus, la bave dégouttant de ses lèvres charnues, et le réduira en copeaux en moins de temps qu'il ne faut pour lire "Le Monde".
Envisageons maintenant le sujet sous l'angle de ses capacités mentales. Indiquons-le sans tarder : le lapin est d'une rare crétinerie. Pour preuve, interrogeons un specimen :
- Bonjour, lapin. Comment t'appelles-tu ?
- Scrontch ! Scrontch ! Scrontch !
- Peux-tu me dire combien font 2 + 2 ?
- Scrontch ! Scrontch ! Scrontch !
- Que penses-tu de l'influence de Kierkegaard sur la productique exponentielle de la raison passive ?
- Scrontch ! Scrontch ! Scrontch !
Eh bien voilà, nous venons de démontrer deux choses :
1) Le lapin a un vocabulaire très limité.
2) Le lapin est un gros con.
Relevons, par ailleurs, que cette abomination vivante est un être profondément amoral qui peut passer, sans sourciller, du coup de dent au coup de bite. Ce répugnant quadrupède est un gros niqueur. Ce serait tout à son honneur s'il prenait la peine de trier sur le volet ses fugaces partenaires. Mais non ! Foin de distinction ! Le lapin trombine n'importe qui et n'importe quoi, de surcroît sans capote : sa mère, sa soeur, son frère, sa tante, des hamsters, des souris, des feuilles de laitue... Une bête dépravée et égoïste qui ne se soucie pas le moins du monde du plaisir des autres. Il tire son coup, vite, mal, puis se remet à table. Ca ne m'étonnerait qu'à moitié si on m'apprenait que le lapin est une créature démoniaque, voire une incarnation du Diable lui-même.
Forts de ces renseignements d'une incroyable qualité, n'hésitez plus, chers tous : achetez dès demain un fusil de chasse et traquez sans répit ces fumiers de lapins. Dieu vous le rendra, car Dieu est grand ! Et puis avec des champignons c'est délicieux.
(* Un lecteur cultivé, soucieux de corriger une légère erreur, m'apprend qu'en réalité seuls 5 pays participent à cette rencontre sportive. Je ferais remarquer à mon contradicteur que, dans le fameux roman d'Eugène Dumas, en dépit d'un titre pourtant explicite, les moustiquaires sont au nombre de 4. Par conséquent, je prierais ce sinistre crapaud, qui osa m'importuner alors que j'étais sous la douche, de bien vouloir garder pour lui ses réflexions stupides et de s'occuper de ses affaires !)
Mel.A@levillage.org
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